Annabelle Mallavialle Psychologue Clinicienne

Annabelle Mallavialle Psychologue Clinicienne Annabelle Mallavialle, Psychologue clinicienne, vous propose un dispositif de soins psychologiques

14/04/2026
14/04/2026

Quand on me parle de QI... voilà ce qui me vient à l'esprit systématiquement !

Parce que le WISC V ne peut pas tout !
Parce que les êtres humains sont tous différents et que la diversité est une richesse !

Qu'en pensez-vous ?

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14/04/2026

Ce court métrage d’animation explique comment s’installe l’engrenage et souligne les effets néfastes des écrans sur le comportement des enfants.

06/04/2026

Un chien pardonne bien plus qu'un chat — mais ça ne veut pas dire que tout lui plaît. Il tolère en silence ce qu'un chat aurait réglé d'un coup de griffe depuis dix minutes.

Chaque zone a un vrai indice de confort basé sur ce que les chiens communiquent avec leur corps pendant le contact. Pas sur ce que toi, tu ressens en les touchant.

🐾 Les zones +10 : cou latéral, poitrail, flancs du torse — les zones qu'ils cherchent activement à faire toucher. La plupart des chiens se rapprochent quand tu arrives là. Ce mouvement où ils poussent leur tête contre ta main dans ces zones, c'est une demande explicite.

Les zones +5 : base des oreilles côté externe, joues, sous la mâchoire — presque universellement bien reçues chez les chiens socialisés. Une pression douce sous la mâchoire produit un relâchement musculaire visible.

Les zones +1 selon le contexte : dos complet, zone lombaire — beaucoup de chiens apprécient, d'autres tolèrent. La différence : le chien reste et en redemande, ou il s'immobilise sans répondre. S'il reste et cherche le contact, c'est du plaisir. S'il se fige, c'est de la tolérance.

🐕 Les zones sensibles : tapoter le crâne par-dessus (-5 avec un chien inconnu) — la main qui descend d'en haut active la même réponse primitive qu'un prédateur. Les pattes (-3 sans habituation préalable) — zone de haute sensibilité qui demande une désensibilisation progressive.

La zone -10 : le museau et les babines avec un chien inconnu. Le contact direct sur cette zone avec un chien qui ne te connaît pas, c'est l'interaction à plus haut risque statistique dans les rencontres humain-chien.

Le ventre, contrairement au chat : c'est généralement une vraie invitation. Le chien qui se retourne et l'expose demande presque toujours qu'on le touche. Le signal que non, c'est un corps rigide même s'il est sur le dos.

Chaque chien est différent — ce guide t'aide à mieux comprendre le tien 🐾

06/04/2026

La plongeuse et conservatrice Cristina Zenato est largement reconnue pour son travail unique auprès des requins de récif des Caraïbes. Au fil des années, elle a développé une technique particulière permettant d'extraire des hameçons rouillés de la gu**le de ces animaux, une pratique qu'elle documente lors de ses plongées. Si ces interactions sont réelles et témoignent d'une relation de confiance exceptionnelle, l'idée que les requins « font la queue » pour se faire soigner par instinct conscient est une interprétation romancée. Mme Zenato a effectivement retiré plusieurs centaines de hameçons depuis le début de sa carrière, contribuant ainsi à la santé des spécimens individuels. Ces interventions mettent en lumière la sensibilité de ces prédateurs, souvent perçus à tort comme des monstres insensibles, et soulignent l'importance de la conservation marine. En ce 31 mars 2026, ces images continuent de sensibiliser le public au respect de la faune sauvage.

Sources: National Geographic, The Guardian

Images d'illustration générées par IA.
Texte relu et validé manuellement.

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05/04/2026

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Les écoles suédoises délaissent les écrans pour relancer l'apprentissage traditionnel 📚✏️
La Suède réintroduit l'écriture manuscrite, le papier et les manuels imprimés dans ses écoles après des années de forte dépendance aux appareils numériques. Les élèves apprennent désormais les compétences fondamentales avec des livres et des crayons, la technologie servant d'outil de soutien plutôt que de point central.
Ce changement intervient après que des recherches ont montré que le temps d'écran excessif en classe peut réduire la compréhension de lecture, la capacité d'attention et la concentration profonde. Les enseignants ont également observé un affaiblissement de l'écriture manuscrite et des capacités de lecture prolongée chez les élèves. Cette transition donne la priorité aux bases de l'apprentissage tout en maintenant les outils numériques dans un rôle complémentaire.
La stratégie de la Suède est saluée comme une « renaissance de l'analogique », servant d'exemple à d'autres nations sur la manière d'équilibrer la technologie moderne avec les compétences traditionnelles essentielles dans l'éducation.

Références :
BBC News : La Suède met fin à l'enseignement numérique pour ramener l'écriture manuscrite et les livres.
Reuters : Les écoles suédoises reviennent à l'apprentissage sur papier.

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03/04/2026

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Rougir, bégayer, se taire
Quand le corps parle à la place du sujet

Joëlle Lanteri – Psychanalyste

Il arrive que tout se joue en quelques secondes.
Un visage qui s’embrase.
Une voix qui se brise.
Un mot qui ne sort pas.

Et soudain, le sujet n’est plus simplement en train de parler.
Il est exposé.

Ceux qui vivent cela ne décrivent pas seulement une gêne. Ils parlent d’un débordement. Quelque chose monte, trop vite, trop fort, sans pouvoir être retenu. Le corps prend le relais. Il rougit, il bloque, il tremble. Là où la parole devrait circuler, une autre scène s’impose.

Le rougissement, dans ces moments-là, n’est pas un détail. C’est un signal. Le corps se met au bord d’un secret.

Comme si quelque chose risquait d’apparaître sans avoir été préparé. Comme si une part de l’histoire du sujet — trop sensible, trop peu symbolisée — menaçait de passer à la lumière. Le rouge surgit alors comme une alarme : ici, ça brûle encore.

Le bégaiement, lui, raconte autre chose. Non pas un vide de pensée, mais un conflit. Entre dire et retenir. Entre apparaître et se protéger.

Quant à la peur de parler en public, elle n’est que rarement une simple timidité. Elle touche au cœur du narcissisme. Parler, c’est prendre place. C’est supposer que ce que l’on dit mérite d’être entendu. C’est risquer d’être vu — vraiment vu.

C’est ici que la honte apparaît.

La honte ne dit pas : « j’ai mal fait ».
Elle dit : « il y a quelque chose en moi qui ne devrait pas être vu ».

I. Rencontrer ceux qui débordent au moment de parler

Il y a des patients qui arrivent en disant : « Je n’arrive pas à parler devant les autres. »
Ils ne viennent pas toujours pour cela. Ils viennent pour une fatigue, une anxiété, des difficultés au travail, des douleurs diffuses, un sentiment d’échec, une vie relationnelle appauvrie. Et puis, au détour de quelques phrases, quelque chose apparaît : prendre la parole devient une épreuve. Le visage rougit, la voix se casse, la gorge se serre, le cœur s’emballe, les mots trébuchent. Certains disent qu’ils perdent tous leurs moyens. D’autres ont l’impression de devenir soudain visibles d’une manière insupportable, comme si tout leur être se retrouvait projeté sur le devant de la scène sans protection.

J’ai souvent été frappée par ce moment très particulier où le sujet, pourtant intelligent, sensible, capable dans bien des domaines, se trouve comme débordé au moment même où il devrait simplement parler. Non pas parler pour dire quelque chose d’intime. Parler parfois pour se présenter, répondre à une question, soutenir une idée, lire un texte, demander un renseignement, prendre sa place parmi d’autres. C’est justement cela qui intrigue : pourquoi un acte aussi ordinaire prend-il parfois la valeur d’un danger ?

Ce danger n’est pas imaginaire. Il est vécu dans le corps. Et c’est pourquoi il mérite d’être entendu avec sérieux.

II. Le rougissement : le corps au bord du secret

Chez certains, c’est d’abord le rouge qui parle.
Le visage s’enflamme brusquement. Le cou se colore. Le regard fuit. La personne sent qu’elle est vue, trop vue, exposée, offerte au jugement d’autrui. Le rougissement n’est jamais un simple détail. Il dit souvent qu’un seuil a été franchi. Quelque chose s’approche de la lumière alors que le sujet n’est pas prêt.

J’entends souvent le rougissement comme une alarme du dévoilement. Comme si le corps disait : attention, zone sensible. Comme si une part de l’histoire, du désir, de la honte ou du secret risquait de surgir là où la parole n’a pas encore trouvé sa forme. Le sujet voudrait seulement parler, répondre, exister normalement dans la scène sociale. Mais tout à coup le corps indique qu’il se joue beaucoup plus que cela.

Le rouge survient parfois là où il y a eu, dans l’histoire familiale, des choses insuffisamment élaborées, des loyautés muettes, des blessures tues, des humiliations recouvertes, des places impossibles à tenir. Le sujet ne sait pas toujours ce qu’il redoute de montrer. Il ne sait pas toujours quel secret il protège. Mais le corps, lui, semble le savoir avant lui.

Rougir, dans ces moments-là, n’est pas seulement avoir chaud ou être impressionné. C’est être au bord d’une révélation que l’on ne maîtrise pas.

III. Le bégaiement : quand la parole se cogne à une frontière

Chez d’autres, ce n’est pas le rouge qui surgit en premier. C’est l’entrave de la parole.
Le mot ne sort pas. La phrase s’accroche. Le son se répète. La bouche semble buter contre une frontière invisible. Celui qui bégaye ne manque pas forcément de pensée. Au contraire. Il a souvent trop à dire, trop à contenir, trop à surveiller à la fois : ce qu’il ressent, ce qu’il va montrer, ce que l’autre va penser, ce qu’il ne faut surtout pas laisser paraître.

Le bégaiement, dans sa dimension psychique, peut être entendu comme une lutte à l’intérieur même du langage. Quelque chose veut passer, quelque chose retient. Quelque chose insiste, quelque chose censure. Le sujet se trouve alors pris entre l’élan et l’interdit.

Ce qui est bouleversant, c’est que cette lutte s’entend publiquement. Elle devient visible. Elle expose le sujet précisément dans sa tentative de se protéger de l’exposition. Plus il veut maîtriser, plus le trouble devient perceptible. Et plus il devient perceptible, plus la honte augmente. Un cercle se forme : peur, tension, empêchement, honte de l’empêchement, nouvelle peur.

Le bégaiement n’est donc pas seulement un trouble de l’élocution. Dans certaines histoires, il peut devenir le lieu où se condensent l’angoisse, la honte, l’interdit de prendre sa place, et la peur d’être trop entendu.

IV. La peur de parler en public : non pas dire, mais se montrer

Beaucoup de patients disent avoir peur de parler en public. En réalité, ils ont souvent peur de bien plus que cela. Ils redoutent d’être regardés. Ils redoutent d’être évalués. Ils redoutent qu’à travers leur voix, leur visage, leur hésitation, quelque chose d’eux soit percé à jour. Ils craignent moins l’erreur que l’exposition. Moins la faute que la mise à nu.

Parler en public, pour ces sujets, ne signifie pas seulement transmettre un contenu. Cela revient à engager son corps entier sur une scène commune. La voix n’est plus seulement un instrument. Elle devient soi. Le visage devient soi. Le souffle devient soi. La moindre défaillance semble alors dire : voilà ce que vous êtes réellement.

C’est pourquoi certaines personnes supportent très bien les échanges privés et s’effondrent dès qu’il y a plusieurs regards. La pluralité des regards réveille autre chose qu’une simple timidité. Elle convoque une scène archaïque : être vu, être jugé, être trouvé insuffisant, risible, déplacé, de trop. Être celui qui déborde, celui qui gêne, celui qu’on pourrait rejeter.

V. La honte, cette vieille brûlure

Derrière ces manifestations, on rencontre très souvent la honte.
Pas seulement la honte sociale ordinaire, celle du petit incident ou du faux pas, mais une honte plus profonde, plus ancienne, plus enracinée dans l’histoire du sujet. Une honte qui ne dit pas seulement : « j’ai raté ». Une honte qui murmure : « il y a quelque chose en moi qui ne devrait pas être vu ».

Certains analystes ont très justement montré que la honte peut être éprouvée très précocement, avant même que la culpabilité soit bien constituée. La culpabilité suppose une faute, réelle ou fantasmatique. La honte, elle, touche plus directement au sentiment d’être atteint dans son être même. Elle est une blessure du narcissisme. Le sujet n’a pas seulement le sentiment d’avoir mal fait. Il craint d’être, lui, inadéquat, indigne, ridicule, expulsable.

C’est pourquoi le rougissement, le bégaiement, l’embarras massif ou la panique devant la parole publique ne doivent pas être compris trop vite comme de simples fragilités de caractère. Ils peuvent témoigner d’une organisation psychique où le fait d’apparaître devant autrui réactive une blessure narcissique ancienne.

On pourrait dire les choses ainsi : certains sujets n’ont pas seulement peur du regard des autres ; ils ont peur que ce regard confirme une vieille défaite intérieure.

VI. Le corps exposé, le corps humiliable

La honte touche souvent le corps. Ou plus exactement : elle passe volontiers par lui.
Dans l’enfance, le corps est le premier lieu de dépendance, de maladresse, de débordement, d’humiliation possible. Le contrôle n’est pas acquis. L’enfant rougit, transpire, trébuche, salit, mouille, renverse, montre sans le vouloir. Il dépend profondément de la manière dont ces moments sont reçus par l’entourage.

Lorsqu’il a été moqué, humilié, rabroué, trop regardé, ou au contraire laissé seul avec son embarras, le corps peut devenir un terrain d’insécurité durable. Plus t**d, l’adulte croira redouter une réunion, un micro, une prise de parole, un entretien, une salle de classe, une piscine, une danse, une scène. En réalité, il redoute souvent de se retrouver à nouveau dans la position de celui dont le corps trahit quelque chose, échappe, déborde, expose.

Il y a chez certains patients une mémoire corporelle de l’humiliation. Elle n’est pas toujours racontable. Elle se répète davantage qu’elle ne se remémore. Dès lors, la scène sociale la plus banale peut devenir le théâtre de cette répétition.

VII. L’embarras n’est pas petit

On sous-estime souvent l’embarras. On le traite comme une émotion secondaire, légère, presque anecdotique. Pourtant il peut être ravageur. Un mot de travers, un compliment de trop, une hésitation, un trou de mémoire, un détail sur le corps, une maladresse devant témoins, et voilà le sujet précipité dans une expérience intérieure très violente.

L’embarras est une émotion sociale. Il naît dans l’interaction et dit quelque chose du lien entre le sujet et le groupe. Il signale que la place est devenue instable, que la présentation de soi vacille, que l’équilibre entre ce que l’on voulait montrer et ce qui surgit malgré soi n’est plus tenu. Il a une fonction de régulation : il rappelle les seuils, les limites, les normes, la vulnérabilité de notre inscription parmi les autres.

Mais chez certains sujets, cette émotion ordinaire prend des proportions immenses. Elle n’est plus un léger trouble passager. Elle devient un effondrement miniature. Un gouffre. Une preuve supplémentaire que la scène sociale est dangereuse.

Alors la personne évite. Elle renonce. Elle parle moins. Elle se met en retrait. Elle refuse les invitations, les promotions, les responsabilités, les exposés, les fêtes, les débats. Elle croit protéger sa tranquillité. En réalité, elle paie très cher le prix de cette protection : elle réduit son existence.

VIII. Parler, est-ce trahir ?

Chez certains patients, une question se profile à demi-mot : prendre la parole, est-ce trahir ?
Trahir le secret familial. Trahir une origine. Trahir une loyauté silencieuse. Trahir ce qu’il ne fallait pas dire. Trahir même parfois la souffrance des siens en allant mieux, en se montrant, en occupant une place.

Il arrive que parler en public réveille une angoisse bien plus vaste que celle d’être jugé. Comme si accéder à une voix propre revenait à sortir d’un pacte ancien. Comme si dire « je » devant les autres exposait à perdre un amour, à briser une fidélité, à défaire un équilibre familial précaire.

Certains enfants grandissent dans des atmosphères où la parole circule mal. Il y a des tensions, des secrets, des rivalités, des non-dits, des choses qu’on sait sans jamais les nommer. L’enfant comprend très tôt qu’il vaut mieux sentir que dire, deviner que questionner, se retenir que risquer une vérité qui dérange. Plus t**d, il devient adulte, mais son corps garde la mémoire de cette prudence forcée. Dès qu’il s’avance un peu trop dans sa parole, le signal d’alarme se déclenche.

Le sujet ne sait pas toujours qu’il protège un secret. Mais il en porte parfois l’économie.

IX. Infériorité, indignité, peur d’être de trop

Dans certains récits cliniques, ce qui revient sans cesse, c’est un sentiment d’infériorité très profond. Le sujet se sent moins bien que les autres, moins légitime, moins intéressant, moins consistant. Il se vit facilement comme déplaçable, remplaçable, expulsable. Il n’habite pas la scène sociale comme un lieu où il a naturellement droit de cité. Il s’y sent toléré plutôt qu’attendu.

Quand un tel sentiment est actif, parler devient toujours plus risqué. Car prendre la parole, c’est occuper un espace. C’est interrompre le silence. C’est présupposer que ce que l’on dit mérite d’être entendu. Or précisément, c’est cela que certains sujets ne peuvent pas croire d’eux-mêmes. Ils ne redoutent pas seulement de mal parler. Ils redoutent de révéler qu’ils n’ont, selon eux, aucun droit véritable à la parole.

Derrière le bégaiement, derrière le rougissement, derrière la panique, on rencontre alors parfois cette croyance terrible : je suis en trop.

X. Quand le sujet parle avec ses seuils

Dans la clinique, ces phénomènes sont précieux.
Précieux non comme preuves automatiques, mais comme indices. Ils nous rappellent que le sujet ne parle jamais seulement avec des mots. Il parle aussi avec ses seuils, ses montées d’affect, ses embarras, ses résistances, ses symptômes minuscules ou spectaculaires. Il parle avec sa façon de rougir quand un thème s’approche. Avec sa manière de bégayer quand un signifiant touche juste. Avec son souffle coupé lorsqu’il faudrait se présenter. Avec ce corps qui, soudain, semble en savoir plus long que le récit lui-même.

Il ne s’agit pas de psychologiser grossièrement chaque rougeur ou chaque hésitation. Ce serait absurde. Mais il serait dommage de les balayer comme de simples à-côtés. Il y a là parfois des portes d’entrée majeures vers l’histoire affective du sujet. Non pas parce que le corps dirait la vérité à lui seul, mais parce qu’il indique souvent l’endroit où la symbolisation reste fragile.

Là où la parole ne peut pas encore pleinement s’avancer, le corps se met souvent au bord.

XI. Ce que ces patients redoutent vraiment

Ces patients disent souvent : « J’ai peur du regard des autres. »
Mais si l’on écoute plus loin, on entend parfois autre chose.

Ils ont peur de ne pas pouvoir contenir ce qui monte.
Peur de rougir.
Peur de trembler.
Peur de bégayer.
Peur d’avoir la voix qui lâche.
Peur que cela se voie.
Peur que les autres voient qu’ils ont peur.
Peur de devenir, en quelques secondes, le spectacle de leur propre débordement.

Autrement dit, ils ne craignent pas seulement l’extérieur. Ils craignent surtout un dedans devenu soudain visible. La scène publique agit comme un révélateur. Elle donne une forme extérieure à une expérience intérieure plus ancienne : ne pas réussir à se tenir, ne pas réussir à se couvrir, ne pas réussir à rester maître de ce qui monte.

Le débordement est au cœur de ces souffrances. Débordement affectif. Débordement narcissique. Débordement corporel. Débordement de la scène intérieure sur la scène sociale.

XII. Accueillir au lieu de corriger trop vite

Face à cela, notre époque propose souvent des réponses rapides : techniques de respiration, coaching, gestion du stress, entraînement à la prise de parole, remèdes de surface. Tout cela peut aider, bien sûr. Mais lorsque le trouble est enraciné dans une histoire de honte, de secret, d’infériorité, de peur d’être exposé, ces solutions ne suffisent pas toujours.

Car il ne s’agit pas seulement d’apprendre à mieux parler. Il s’agit parfois d’autoriser un sujet à exister sans être submergé par le fait d’être vu.

Le travail clinique consiste alors moins à corriger un symptôme qu’à lui faire une place psychique. Qu’est-ce qui monte quand vous rougissez ? À quel moment la voix se casse-t-elle ? Devant qui le bégaiement s’intensifie-t-il ? Qu’est-ce qu’il serait si grave de laisser paraître ? Quel regard est rejoué dans la salle ? Quelle scène ancienne revient sans dire son nom ?

Peu à peu, ce qui n’était qu’un incident humiliant peut devenir une voie d’accès à l’histoire du sujet. Le symptôme cesse d’être un ennemi absurde ; il devient un langage à déchiffrer.

XIII. Retrouver une voix n’est pas seulement parler plus fort

Retrouver une voix ne consiste pas à devenir performant.
Ce n’est pas apprendre à faire illusion.
Ce n’est pas gagner en aisance pour mieux masquer la faille.

Retrouver une voix, c’est souvent beaucoup plus profond. C’est parvenir à parler sans se sentir traître. Sans se sentir de trop. Sans craindre qu’un mot de soi entraîne l’effondrement de l’image. Sans redouter que le corps se charge seul de tout dire à sa place.

C’est aussi accepter qu’il y ait toujours un peu d’émotion dans le fait de parler devant d’autres. Nous ne sommes pas des machines à énoncer. La parole engage le corps, le désir, la place, le narcissisme. Elle expose toujours un peu. Mais elle n’a pas à devenir une condamnation.

Lorsque le sujet peut peu à peu relier son rouge à son histoire, son bégaiement à son interdit, sa panique à sa honte, alors il se passe quelque chose de très important : le corps n’est plus seul à porter le secret.

XIV. Ce que ces manifestations nous enseignent

Rougir, bégayer, craindre la parole publique, s’effondrer sous l’embarras : tout cela ne renvoie pas à une faiblesse dérisoire. Ces manifestations nous enseignent au contraire quelque chose d’essentiel sur le psychisme humain. Elles montrent que l’être parlant n’est jamais séparé de son corps. Elles montrent aussi que la vie sociale n’est pas une simple affaire de compétences, mais une scène où se rejouent la honte, le désir d’être reconnu, la peur du rejet, la mémoire des humiliations et la question de notre légitimité à exister devant autrui.

Le sujet qui rougit n’est pas seulement un sujet impressionnable.
Le sujet qui bégaye n’est pas seulement un sujet empêché.
Le sujet qui tremble à l’idée de parler n’est pas seulement timide.

Il est peut-être celui chez qui le corps garde encore la trace d’une ancienne zone de danger.

Et c’est pourquoi il faut accueillir ces manifestations avec délicatesse. Car derrière elles se tient souvent une histoire de honte, de secret, de trop-plein et de silence.

XV. Une hypothèse clinique

On pourrait dire les choses simplement : chez certains sujets, le rougissement, le bégaiement et la peur de parler en public apparaissent lorsque le corps se trouve requis de contenir ce que la psyché n’a pas encore suffisamment symbolisé. Le débordement n’est pas l’ennemi du travail clinique ; il en est parfois l’entrée. Encore faut-il qu’il soit entendu non comme une faute, mais comme l’indice d’un conflit entre le désir de se montrer et la terreur d’être exposé.

C’est souvent à cet endroit précis que commence le travail : là où le sujet croyait n’apporter qu’un symptôme gênant, et où il découvre peu à peu qu’il apportait, en réalité, une histoire entière.

XVI. Chute

Le sujet croit venir pour une difficulté d’élocution.
Il découvre qu’il s’agissait d’une difficulté à exister sous le regard de l’autre sans être submergé.

Repères bibliographiques autour de la honte, de l’embarras et de l’exposition de soi

Pour prolonger la réflexion, quelques ouvrages de référence peuvent être particulièrement utiles : Claude Janin, La honte, ses figures et ses destins, publié aux PUF ; Serge Tisseron, La honte. Psychanalyse d’un lien social, chez Dunod ; Donald W. Winnicott, Jeu et réalité, dans l’édition française Gallimard ; Erving Goffman, Les rites d’interaction, aux Éditions de Minuit ; et Norbert Elias, La civilisation des mœurs, chez Calmann-Lévy dans son édition française. Ces titres permettent d’articuler la clinique du narcissisme blessé, les phénomènes d’embarras et la scène sociale où le sujet se trouve exposé.

Bibliographie indicative

I. Janin, Claude, La honte, ses figures et ses destins, PUF, coll. Fil Rouge.

II. Tisseron, Serge, La honte. Psychanalyse d’un lien social, Dunod, 4e éd.

III. Winnicott, Donald W., Jeu et réalité, Gallimard, coll. Folio Essais.

IV. Goffman, Erving, Les rites d’interaction, Éditions de Minuit.

V. Elias, Norbert, La civilisation des mœurs, édition française courante chez Calmann-Lévy
tableau de max ernst

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01/04/2026

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✨ Être différent, c’est normal. Et si on prenait le temps d’en parler, vraiment ?

La conférence interactive « Être différent, c’est normal » vous propose un véritable voyage autour de la trisomie 21 et de la différence, porté par Alice & Vincent Drisch. Entre humour, émotion et profondeur, ces 2 heures invitent à réfléchir ensemble à un sujet qui nous concerne toutes et tous, de près ou de loin.

💬 Au programme :
• Libérer la parole autour du handicap
• Oser aborder la fragilité et l’isolement
• Questionner l’annonce du handicap

📅 Mercredi 8 avril 2026
⏰ 18h – 20h
📍 Salle Odéum – 64 avenue Antoine Marty, Carcassonne
👥 Ouvert à tous (dès 14 ans) – Gratuit sur inscription
🤟 Présence d’interprètes en Langue des Signes Française

📩 Inscription recommandée par mail : mdphinfo@aude.fr

Un événement porté par la MDPH de l’Aude et l’Association M21.

On vous attend nombreux 💛

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Centre D'Affaires SAINTE ROSE
Narbonne
11100

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