15/08/2025
Marie vs Myriam, ou l'injonction faite aux Femmes...
En ce 15 Août, l'Eglise catholique glorifie l'Assomption de la Vierge Marie. Cette célébration est peut-être l’un des joyaux de propagande les plus ciselés de l’Église : Marie y est dépouillée de sa chair, privée de désir, cantonnée au seul rôle de mère. La voilà même soustraite à la mort et à la poussière, figée pour l’éternité dans un ciel qui n'a aucune connexion avec la vibration tellurique de la Terre.
Dès les premiers siècles, l’Église catholique patriarcale a déployé un subtil – mais redoutable – dispositif symbolique : opposer deux visages de la femme, tous deux issus de l’entourage direct de Yeshua.
D’un côté, Marie, la mère. Figée dans un rôle de « non-femme » : vierge, pure, soumise aux critères masculins d’une sainteté sans chair. Son corps devient tabou, sa féminité dissoute dans la fonction maternelle et dans une obéissance silencieuse.
Elle est hissée sur un piédestal inaccessible, non pour inspirer la liberté, mais pour assigner à résidence spirituelle toutes celles qui voudraient marcher en dehors des règles édictées par un patriarcat abusif.
À l’opposé, l’autre Marie : Myriam la Migdalah, compagne et disciple proche, dont les évangiles apocryphes révèlent la profondeur mystique et la stature d’enseignante. Mais cette même Église, refusant d’accorder à une femme le droit à la parole et à l’autorité spirituelle, recouvre sa mémoire d’un voile d’infamie : elle devient « la prostituée », celle qui porte la faute. Ainsi, dans la même bouche, on érige un idéal inaccessible et on condamne l’archétype de la femme incarnée et souveraine.
Derrière le personnage de Marie Madeleine "la honteuse" apparaît en transparence la silhouette d'Eve, celle-là même que l'Eglise désigne directement comme la grande responsable des malheurs de l'Humanité, ayant commis la faute suprême: pervertir le pauvre Adam innocent et, de ce fait, avoir déclenché le couroux divin et retiré aux Hommes la grâce du Jardin d'Eden.
En opposant ces deux images – la vierge immaculée et la pécheresse ignomineusement coupable– l’institution a enfermé les femmes de toutes les époques dans un carcan : celui de devoir choisir entre pureté aseptisée ou rédemption honteuse. Le message est clair : la « femme respectable » n’existe qu’aux yeux du pouvoir religieux, et toujours dans les limites qu’il trace.
Pourtant, il suffit d’écouter derrière le vacarme des dogmes pour percevoir une vérité plus ancienne : ces deux femmes portaient le même prénom, Myriam. Un nom qui n’est pas simple hasard, mais sceau d’une lignée : celle des enseignantes spirituelles, héritières des Myrrhophores, Porteuses d’Huiles Sacrées. Elles savaient l’art de l’Onction, la guérison par les plantes saintes, la transmission de mystères que l’on ne confie qu’à celles et ceux qui savent écouter l’Esprit.
Bref, des Femmes Sages. Celles-là même que l'Eglise n'a jamais hésité à poursuivre, à persécuter et à détruire, de réputation salie en infâmes bûchers....
Et si derrière la mise en scène patriarcale se cachait une réalité plus vaste ? Celle d’un Féminin Mystique qui ne divise pas, mais unit dans la même source la Mère et la Gardienne de la Connaissance, la femme à la conscience éveillée et la femme de chair, l’Initiatrice de la Voie du Calice Sacré, l'utérus, et la Guérisseuse du coeur concient, le Noùs.
Deux visages, un seul cœur : celui de la Myriam éternelle, qui veille encore sur celles et ceux qui cherchent la voie de l’Unité, guidés par le parfum des Onctions Sacrées qui portent la mémoire des mystères anciens...
Laurence, Alkhêmya, Onctions Sacrées et Arts Anciens des Myrrhophores
www.alkhemya.fr