10/01/2026
Deuil: il n’y a plus d’aiguille dans l’horloge
Mon horloge n’a plus d’aiguille.
Depuis ton départ, le temps s’est arrêté.
Pas le vrai temps, celui des autres, celui qui court, qui presse, qui oublie, le mien s’est figé.
Mon horloge n’a plus d’aiguille parce qu’elle n’indique plus l’heure, ni les jours, ni les saisons.
Elle ne sait plus compter.
Elle ne connaît plus que deux instants :l’avant et l’après.
Avant, il y avait ta voix, ta place, ton existence évidente.
Avant, le monde avait un sens simple, presque innocent.
Après…
il y a le manque, le silence qui fait du bruit.
Les gestes devenus mécaniques. La vie qui continue sans toi alors que la mienne hésite à avancer.
Je regarde les autres vivre, rire, planifier, courir après demain.
Leur horloge fonctionne encore… la mienne non.
La mienne bat au rythme des souvenirs.
Un souvenir doux, comme une caresse qui réchauffe le cœur.
Puis la réalité amère, celle qui rappelle que tu ne reviendras pas.
Mon horloge n’a plus d’aiguille parce que le deuil n’a pas d’heure précise.
Il n’obéit à aucune règle, il s’installe, il s’apprend, il se porte.
Et peut-être qu’un jour, sans m’en rendre compte,
le temps recommencera à couler autrement.
Pas comme avant, jamais comme avant.
Mais pour l’instant, je vis dans cet espace suspendu où l’amour demeure même quand la présence a disparu.