17/04/2026
Comment un muscle peut-il raconter l’histoire d’un traumatisme ?
Au tout début de la microkiné, une des premières recherches a porté sur les traumatismes musculaires. L’idée était d’observer ce que fait un muscle lorsqu’il a gardé la trace d’une lésion.
En séance, on pose les mains sur les insertions du muscle. Sur un muscle simple, on se place sur son attache proximale et distale. Sur un muscle plus complexe, on se concentre sur un faisceau précis.
Puis on observe.
Parfois, les mains s’écartent doucement, comme si le muscle cherchait encore à s’étirer. Dans ce cas-là, on est généralement face à une lésion traumatique, liée à un étirement des fibres musculaires, comme après un choc ou un faux mouvement.
À l’inverse, les mains peuvent se rapprocher, comme si le muscle se resserrait. On est alors plutôt sur une lésion d’origine nerveuse : un influx nerveux entretient une contraction parasite, et le muscle reste en contraction permanente au lieu de se relâcher complètement.
Ensuite, on accompagne simplement le mouvement. S’il s’agit d’un muscle en lésion traumatique, on suit cet étirement, sans le provoquer, juste en le laissant s’étirer .
Puis, à un moment, le mouvement s’arrête. Il y a une pause, un temps de latence.
Ce temps est intéressant, car il donne une indication sur l’ancienneté de la lésion. En microkiné, on considère qu’une seconde de latence correspond environ à une année depuis le traumatisme, ou depuis le moment où cette lésion s’est installée dans le muscle. Par exemple, une seconde peut évoquer quelque chose d’ancien d’un an, trois secondes quelque chose de plus ancien.
Après cette pause, le mouvement repart, mais dans l’autre sens. Si les mains s’étaient écartées au départ, elles vont progressivement se rapprocher, et le muscle retrouve peu à peu un mouvement plus équilibré.
À la fin, il n’y a plus de pause, mais un rythme régulier qui s’installe, comme une vague, environ trois secondes dans un sens puis trois secondes dans l’autre.
Pour nous, c’est le signe que le muscle a retrouvé son rythme vital, ce que l’on appelle en microkiné la manifestation rythmique palpatoire. Autrement dit, il a retrouvé une dynamique plus libre.