16/04/2026
Je n’oublierai jamais ce matin là,où la secrétaire des urgences m’invita à passer prendre ce qui était à l’évidence une bouteille de champagne que m’avait laissée ce malade que j’avais examiné quelques heures à peine plus tôt à 3h du matin. Quel geste généreux de la part de ce vieil homme si attristé par le départ de sa femme qui ne supportait plus son intempérance.
La vie d’un médecin de garde aux urgences la nuit c’est aussi cela, apporter du réconfort à des personnes en souffrance morale .
C’est peut-être ce que j’ai fait de mieux cette nuit là, puisque c’est grâce à mon numéro de téléphone qu’il avait relevé sur ma carte de visite que je lui avais adressée pour le remercier, qu’il me prévint quelques huit mois plus t**d qu’il se donnait la mort.
Je me souviens de cette course contre-la-montre pour retrouver le nom de ce monsieur, et le lieu de son habitation.
Je suis fier de la chaîne de solidarité qui s’est mise immédiatement en place ce jour-là à 5h du matin pour finir par faire intervenir le médecin de famille à son domicile et le sauver d’une mort souhaitée , sa douleur morale ne lui permettant plus de supporter l’absence de la femme qu’il aime .
Cette histoire est l’une des quarante , celle qui montre une autre facette de la médecine, mais qui comme chacune des autres nous permet de tirer des conclusions, des analyses, des morales… qui amènent à réfléchir sur le binôme médecin-malade.