23/03/2022
Superbe texte. Que j'ai l'élan de commenter : quand j'accompagne une personne en deuil, je lui propose d'accueillir tout ce qui survient, car comme le dit ce papa, c'est important de ne pas refouler, et de laisser le mouvement émotionnel aller jusqu'à son terme (expression).
MAIS je lui propose également, si elle y est prête, de regarder les causes de son état intérieur.
Je ne parle pas du décès. Cela, c'est le déclencheur.
Les cause, c'est autre chose !
Les causes, c'est le traitement par le mental des événements factuels (ici, l'événement c'est le décès), et les besoins que ce traitement réactive.
Quand on regarde nos PENSÉES sur les faits, cela ouvre le champ à une vie en CONSCIENCE.
Conscience que les faits n'ont pas le pouvoir de me rendre malheureux.se ou heureux.se. Seules mes pensées/interprétations ont ce pouvoir.
Par voie de conséquence, cela ouvre le champ à une vie dans laquelle on reprend le POUVOIR de CHOISIR nos pensées. Tout en apprenant à ne pas se juger de ne pas réussir à choisir des pensées amenant la sérénité, ou pas tout de suite. Dans le cas d'un décès cela peut prendre des années, certes. Ou pas.
Le temps que l'apaisement va prendre pour arriver dépend de nos résistances, de notre culture, de nos croyances, de notre histoire, mais aussi de notre dépendance affective, nos attachements affectifs, et évidemment de la nature du lien (le deuil de son enfant est généralement considéré comme le deuil le plus difficile).
Parenthèse : on confond l'attachement avec l'amour. "J'aime donc je souffre lorsque l'être aimé part" ? C'est souvent difficile à entendre au début, mais l'amour n'a aucun problème avec le deuil. Car l'amour ne voit pas de séparation. Pas de manque. Pas de perte. L'amour ne voit que similitude, lien, unité, jonction, Présence.
Quand ma tante chérie est décédée en 2008, j'ai mis au moins 5 ans à pouvoir parler d'elle sans émotion.
Quand mon oncle chéri est décédé en 2019, je n'ai même pas ressenti de tristesse. Pourtant je l'aimais très fort, lui aussi.
Quand une amie est décédée en 2020, non seulement j'étais sereine, mais j'ai même à certains moments été envahie par la joie !
L'ego en toi t'envoie des pensées, tout le temps (celles qui nous amènent à nous sentir séparés, qui amènent peur, colère, tristesse, déprime, victimisation, culpabilité, impuissance...)
L'amour en toi t'envoie des pensées, tout le temps (non-séparation, lien, sécurité, calme, pardon...).
Auxquelles choisis-tu d'accorder ton attention ? Ton allégeance ? Ta croyance ?
Avec amour,
Tiphaine
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Aujourd'hui, ça fait 7 ans que mon petit Gabriel nous a quittés. Voici 5 choses que j'ai apprises après la mort de mon fils.
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#1 La guérison n'est pas linéaire
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Les 5 étapes du deuil, c'est des c*nneries. Ce modèle n'a jamais été élaboré pour parler du deuil, mais pour parler du ressenti des personnes en fin de vie.
Au delà du fait qu'il est décalage avec le ressenti réel des personnes en deuil (j'ai pas vu beaucoup de personnes être "dans le déni" de la mort d'un proche), il sous-entend que le processus du deuil passe par un certain nombre d'étapes prédéfinies, et toujours dans le même ordre.
C'est faux, faux, archi-faux.
On erre dans un labyrinthe d'émotions et de sentiments. Parfois on va mieux, parfois on va moins bien. On fait des rechutes, ou des crises d'euphorie incontrôlables.
Par exemple, beaucoup de gens ignorent que la période la plus difficile se situe souvent autour de 8 à 10 mois après le décès, ce qui est très déstabilisant. Chez moi, ça correspondait au moment où je songeais à me fo**re en l'air.
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#2 On exige de nous d'aller mieux
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Du coup, dans l'ignorance du point #1, on reçoit des injonctions permanentes à aller mieux. Si on ne va pas mieux, c'est qu'on "refuse de tourner la page", on "se complait dans la douleur", on "se laisser aller"... Les médecins parlent même de "deuil pathologique", une façon de mettre un mot sur un processus qu'ils maîtrisent mal.
Croyez-moi, si on pouvait juste choisir d'aller mieux, on le ferait.
Face à cette pression sociale, on adopte les mêmes stratégies que les personnes souffrant de dépression : on met un masque. On fait croire qu'on va mieux pour répondre à la demande de nos proches, ce qui contribue à nous isoler encore plus et accroître le mal-être.
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#3 On ne contrôle pas nos émotions
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Quelques semaines après la mort de mon fils, j'ai voulu aller commander une pizza pour nous changer les idées. Dans la file d'attente devant le camion pizza, j'ai vu un couple de jeunes parents qui tenaient les mains de leur petit enfant pour lui apprendre à marcher.
J'ai ressenti les pires sentiments du monde à l'égard de cette famille innocente : de la colère, de la jalousie, de la haine... Et je vous censure mes pensées les plus noires.
Ces pensées sont tabous. Bien évidemment que cette famille ne m'a rien fait, et ne mérite pas mon courroux. Bien évidemment que je n'ai rien dit, et que je me suis retenu de pleurer jusqu'au retour à la maison. Pourtant, les sentiments sont là, en moi.
Et je n'y peux rien.
Censurer ses sentiments, ça rend le travail de deuil plus difficile. Il FAUT avoir un espace de discussion sécurisant (psychologue, groupe de parole...) pour pouvoir les exprimer, les appréhender et apprendre à les contrôler... Parce qu'ils nous bouffent.
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#4 La plus grande peur, c'est l'oubli
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"Tu dois tourner la page", "Pourquoi gardes-tu une photo de lui en fond d'écran ? Tu te fais du mal".
Mon fils Gabriel est mon fils. Point. Je l'aime autant que mes autres enfants, et sa courte vie m'a profondément bouleversé et transformé. Grâce à lui et à sa présence dans mon coeur, j'ai accompli des choses que je me croyais incapable de faire.
Je l'aime et je ne l'oublierai jamais.
Je le garde auprès de moi avec des photos, avec des tatouages, avec des bijoux gravés... Sa mémoire est ce que j'ai de plus précieux. Travailler un deuil, ce n'est pas oublier le défunt, c'est apprendre à vivre avec l'absence.
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#5 Il y a un espoir
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Je suis passé par des états pires que mes pires cauchemars. J'ai passé des semaines et des mois avec une boule de feu dans le ventre. J'ai hésité à sauter quand je voyais le train arriver pour aller au travail.
Pendant très longtemps, j'ai cru que je ne me relèverais jamais. Et c'est normal...
Les études en psychologie montrent que nous sous-estimons beaucoup les changements futurs de notre état mental. En moyenne, nous croyons que le bonheur et le malheur durent beaucoup plus longtemps qu'en réalité.
Je pensais que ma vie était fichue et que la douleur ne partirait jamais.
Aujourd'hui, je suis le plus heureux des papas.
J'ai acquis une force incroyable dans cette épreuve, une force que je n'ai plus envie de rendre. Mon fils est mort, ça fait partie de mon identité, je l'ai accepté. Je ne parle plus de lui avec tristesse, mais avec fierté.
Gardez espoir.
La lumière se remettra à briller beaucoup plus tôt que ce que vous croyez.