23/05/2026
Comment le corps garde-t-il la mémoire du traumatisme ?
Parfois, lorsqu’une personne est confrontée à un événement traumatique particulièrement intense, les mécanismes habituels de traitement peuvent être dépassés.
Le traumatisme ne se manifeste pas uniquement sous forme de souvenirs ou de pensées. Il peut également s’exprimer à travers différentes réactions du système nerveux et de l’organisme.
Ces manifestations peuvent prendre plusieurs formes :
Au niveau psychique et émotionnel
* Dissociation (sensation d’être détaché de soi-même ou de la réalité)
* Reviviscences émotionnelles (émotions intenses réapparaissant sans souvenir conscient précis)
* Hypervigilance et état d’alerte permanent
Au niveau neurologique
* Maux de tête
* Réactivité excessive du système nerveux
* Crises non épileptiques fonctionnelles
Au niveau physique
* Douleurs chroniques
* Fatigue persistante
* Tensions musculaires
* Troubles digestifs
Au niveau comportemental
* Compulsions alimentaires ou recherche excessive de nourriture réconfortante
* Modifications des habitudes de vie
* Difficultés à réguler certaines émotions
Au niveau immunitaire et physiologique
* Perturbations du système immunitaire
* Réactions corporelles disproportionnées face au stress
Au niveau de la mémoire corporelle
* Certains mouvements, postures ou sensations peuvent réactiver des réponses de protection anciennes
* Le corps peut conserver des schémas de défense mis en place lors d’événements difficiles
Conséquences possibles sur le long terme
* Modifications du poids corporel
* Sensibilité accrue au stress
* Difficultés de récupération physique ou émotionnelle
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Une nuance importante
Dire que « le traumatisme vit dans le système nerveux » est une façon imagée de parler. D’un point de vue scientifique, le traumatisme n’est pas stocké physiquement dans les tissus du corps comme un objet. En revanche, une expérience traumatique peut entraîner des modifications durables du fonctionnement du système nerveux, du système hormonal, du système immunitaire et des comportements, ce qui explique que ses effets puissent se manifester à la fois dans le psychisme et dans le corps.
Pour conclure, le traumatisme ne se limite pas à un souvenir. Il peut laisser une empreinte durable dans le fonctionnement du système nerveux, modifier certaines réponses biologiques de l’organisme et influencer jusqu’à l’expression de certains gènes. C’est pourquoi ses effets peuvent parfois persister bien après la disparition du danger initial.
Texte à visée éducative. En cas de souffrance psychologique ou physique, il est important de consulter un professionnel de santé qualifié.
Frédérique Beaugier
Réflexologue RNCP