12/12/2025
Que signifie réellement le droit de recevoir : amour, soutien, présence, argent?
À partir de mon expérience, j’en suis venue à comprendre que le droit de recevoir - amour, soutien, argent, abondance – ne relève pas uniquement de l’idée de « mériter », parce que je suis quelqu’un ou parce que je fais bien certaines choses. Il est profondément lié à une permission intérieure d’occuper de l’espace, une permission qui se construit très tôt, dans les premières années de vie, bien avant que nous puissions nous la donner consciemment.
Notre Moi habite dans un corps. Et le corps est le premier à apprendre. Un enfant qui reçoit peu d’attention, peu de soutien émotionnel, peu d’amour – ou même peu de nourriture biologique – ne reste pas neutre ou indifférent : il s’adapte. Il ajuste son corps, son métabolisme, sa respiration, ses désirs, ses attentes… au peu.
Un corps qui a appris à vivre avec peu cherchera plus t**d, de manière inconsciente, des amours en petites portions. Non pas parce que c’est ce qu’il mérite, mais parce que c’est ce qui lui est familier. Le « contenant », c’est-à-dire la capacité de recevoir, s’est rétréci.
Par essence, nous ne sommes pas faits pour être « étroits ». Mais si l’environnement offre peu, le corps apprend à se contracter pour survivre. C’est exactement comme un pull en laine : si on le lave en machine, il rétrécit, et sa structure ne permet plus l’ampleur initiale.
Il en va de même pour nous. Nous ne sommes pas défectueux. Nous sommes adaptés au manque.
Comment cela se reflète-t-il dans l’amour et l’argent ?
C’est ainsi qu’apparaissent : la difficulté à recevoir un amour constant, la difficulté à recevoir de l’argent, la difficulté à rester dans l’abondance sans anxiété.
Dans les relations, la personne indisponible (homme ou femme) correspond parfaitement à ce « vas/contenant rétréci ». Elle n’offre pas, ne demande pas que tu reçoives, ne te met pas en situation de contenir davantage. Elle confirme le familier : « c’est comme ça la vie ».
La personne disponible, en revanche, offre. Elle veut donner. Elle veut nourrir émotionnellement. Et, sans le vouloir, elle te demande de t’élargir. Cela active la peur – non parce que c’est dangereux, mais parce que c’est inconnu.
Nous ne choisissons pas des personnes indisponibles parce que nous ne méritons pas l’amour,
mais parce qu’elles correspondent à un corps et à une âme habituée au peu.
L’exercice du “vas/ contenant – là où la mémoire du corps devient visible
Voici un exercice simple et pratique pour observer ce que tu peux contenir. Entre dans une boutique de luxe et observe ce qui se passe dans ton corps : y a-t-il de la gêne ? de la tension ? une crispation ? des pensées comme : « Ce n’est pas pour moi. » « Cet espace ne m’appartient pas », « Cette valeur est trop grande pour moi » ?
C’est le langage de la mémoire corporelle. Il ne dit pas la vérité sur ta valeur. Il dit la vérité sur ce que ton corps a appris pouvoir recevoir.
En réalité, tout est pour nous. Mais sans conscience, le corps reste prisonnier de son ancienne adaptation. Ce qui nous a été transmis dans l’enfance n’est pas la vérité sur qui nous sommes ni sur ce que nous méritons. Ce n’est qu’une mémoire. Et la mémoire peut changer.
La prise de conscience n’est pas seulement un acte mental, c’est un acte neurologique. Elle modifie les circuits, réécrit les réactions automatiques et, progressivement, élargit le vas.
C’est alors que le corps commence à comprendre que : ‘recevoir’ n’est pas dangereux, ‘avoir’ n’est pas une menace, et que l’abondance ne signifie pas une perte de soi ( de l’identité du « petit », de celui qui s’est adapté au manque).