24/04/2026
Quand quelqu’un dit : “le craving du cannabis n’existe pas”, il ne donne pas juste un avis. Il efface la réalité de certaines personnes.
Parce que oui, certaines personnes consomment du cannabis sans difficulté particulière. Tant mieux pour elles. Mais d’autres vivent des envies intenses, répétées, envahissantes, essaient d’arrêter, replongent, culpabilisent et souffrent réellement.
Dire que cela “n’existe pas” parce qu’on ne l’a jamais vécu soi-même, c’est prendre son expérience personnelle pour une vérité universelle. Et surtout, c’est rabaisser ceux qui galèrent. C’est leur renvoyer :
“tu exagères”,
“tu inventes”,
“t’es faible”,
“bouge-toi un peu”.
C’est violent, même quand c’est dit sur le ton de la blague.
Le craving n’est pas une question d’opinion. C’est un phénomène reconnu dans les addictions : une envie forte, difficile à contrôler, parfois déclenchée par le stress, l’ennui, les habitudes, les émotions ou l’environnement.
On peut ne pas être concerné et garder de l’humilité.
On peut ne pas comprendre et écouter.
On peut ne pas vivre quelque chose sans nier ceux qui le vivent.
Minimiser la souffrance des autres n’a jamais aidé personne.
Informer, comprendre, tendre la main : ça oui.