18/11/2025
TDOR 2025
Violences systémiques contre les personnes trans en France — résultats du recensement 2024–2025
Publication des résultats:
Face au silence des institutions, plusieurs associations publient aujourd’hui les résultats du recensement des décès de personnes trans survenus en France entre le 20 novembre 2024 et le 20 novembre 2025. Ce travail a pour objectif de rendre visibles les violences qui frappent nos communautés et renforcer le plaidoyer en faveur des droits des personnes trans.
Le TDOR, célébré chaque 20 novembre, est un moment international dédié à la mémoire des personnes trans décédées en raison de violences et de discriminations. Il ne s’agit pas seulement d’un hommage, mais d’un geste politique : nommer nos mort·es, c’est refuser qu’iels disparaissent dans l’indifférence. Dans un contexte où les institutions ne recensent qu’une part très limitée des violences vécues par les personnes trans, ce travail communautaire est essentiel pour documenter la réalité de nos vies et de nos mort·es.
Ce que révèle le recensement
Le recensement met en lumière 20 décès survenus sur la période. L’âge moyen des personnes recensées est de 26 ans, la plus jeune ayant 13 ans. Les causes incluent 1 assassinat, 4 overdoses dont une personne également en rupture de traitement du VIH, 14 suicides et 1 décès de cause inconnue.
Parmi ces personnes, on compte 10 personnes transféminines, 8 personnes transmasculines et 2 personnes non-binaires pour lesquelles la trajectoire de genre n’est pas documentée. L’assassinat recensé concerne une femme trans précaire, travailleuse du sexe et racisée, un profil qui reflète malheureusement les tendances observées au niveau international.
Ces résultats illustrent la manière dont les violences systémiques frappent les personnes trans en France : discriminations dans l’accès aux soins, psychiatrisation persistante, expulsions et ruptures de parcours, effets du VIH et refus de prise en charge, criminalisation des travailleur·ses du sexe depuis la loi de 2016, précarité économique et administrative. Elles se traduisent concrètement en suicides, overdoses, maladies non traitées, violences et assassinats — autant de réalités que ce recensement permet de rendre visibles.
Ce travail s’inscrit en complément de données internationales telles que celles produites pas le site tdor.translivesmatter.info ou encore les statistiques produites par le Trans Murder Monitoring de l’organisation européenne TGEU, qui documente principalement les assassinats — en Europe, la majorité touchant des femmes trans migrantes et travailleuses du sexe. Pour le cas de la France, nos associations ont fait le choix d’élargir cette perspective en prenant en compte toutes les morts liées à des déterminants systémiques, afin de mieux comprendre l’ampleur de la violence qui pèse sur les personnes trans en France.
Les personnes recensées sont celles qui étaient françaises ou résidaient en France au moment du décès. Les données collectées incluent le prénom d’usage, le genre, l’âge, ainsi que la date et le lieu du décès. Les informations proviennent de proches, d’associations, de collectifs et de réseaux communautaires, et ont été vérifiées dans la mesure du possible. Une extension aux décès internationaux signalés par des proches vivant en France est envisagée pour les prochaines années.
Suite du processus et diffusion
Bien que les résultats du recensement 2025 soient publiés, l’adresse e-mail dédiée reste ouverte afin de permettre aux proches et aux associations de signaler un décès qui aurait eu lieu pendant la période du 20 novembre 2024 au 20 novembre 2025 et qui n’aurait pas encore été communiqué (tdor-france@riseup.net). Les informations pourront être transmises jusqu’au 31 décembre 2025.
Ce travail vise à nourrir la mémoire collective, à soutenir les combats politiques en cours et à documenter les effets concrets des violences qui continuent de coûter la vie aux personnes trans.
Les associations signataires rappellent que si ce travail existe, c’est parce qu’aucune institution ne prend la responsabilité de documenter ces décès de manière systématique.
Le nom des personnes trans arrachées à la vie depuis un an résonnera dans les nombreux rassemblements qui s’organisent un peu partout en France.
Associations rédactrices
ACCEPTESS-T, FLIRT
Associations signataires
Collectif Insurrection Trans, Espace Santé Trans, PASTT, RITA, Toutes des Femmes, Transat, Transgressif