06/07/2024
Pendant des siècles, les paysans ont pu payer leurs impôts avec du chanvre !
Voici quelques exemples de cette "dîme verte" qui représentait en général un dixième de la récolte (cultivé sans aucun contrôle de Thc à l'époque, rappelons-le) et qui profitait au clergé où à la noblesse.
Le chanvre, matière première végétale la plus solide, servait à la confection des cordes, voiles, vêtements, du papier, de l'huile d'éclairage, médecine, etc.
« Meung-sur-Loire (45130) : « Au XIIe siècle, la dîme du chanvre de Meung était donnée au prieuré fontevriste de la Magdeleine, aux portes d'Orléans. » (Jean Mesqui, Bulletin de la société archéologique et historique de l'Orléanais, n°171, « La famille de Meung et ses alliances », p. 9, 2014). »
« A Naintré (86530-Vienne), en 1443, le prieuré de Naintré recense les parcelles liées à la dîme : « Un chenevrau assis au village de Fontfermée, contenant neuf boisselées ou environ, appartenant au dit Robin de Larticle, semée en chanvre. Une autre pièce de terre ou chenevreau assis à la dite prée de Corsée, aussi ensemencée en chanvre. » (Abbaye de Saint-Martin, Archives de la France monastique, Vol. 8, page 53-56, 1909). »
« Narbonne (11100) : la dîme du chanvre y est instituée en 1522 par le chapitre de la cathédrale Saint Just (Archives du chapitre Saint Just de la cathédrale de Narbonne).
« Pérignat (63170) : les archives révèlent un avis du Conseil, sur la demande faite par les habitants de la paroisse, relative à l'exonération de la dîme pour la culture du chanvre, privilège accordé par la reine Margot lors de son séjour au château d'Usson en 1741 (La Gazette de l'Hôtel Drouot, Puy-de-dôme lot 114 : 53 documents, XVIe-XXe siècles, p. 30, vente du Jeudi 2 octobre 2014). »
« Fourques-sur-Garonne (47200). Déclaration des bénéfices par les prêtre et curé de Fourques et Coussan : « Suite à un arrangement fait par mes prédécesseurs avec l'évêque de Condom et le chapitre du Mas, je perçois en nature la dîme de chanvre pour me tenir lieu de novalles (20 quintaux à 30 livres le quintal par an), soit 600 livres. » (Archives de la Paroisse de Fourgues du 3 mars 1790). »
« Goviller (54330-Meurthe-et-Moselle) : « Autrefois, les habitants devaient, pour l'entretien de la lampe allumée devant la Vierge de Notre-Dame de Recouvrance (d’origine médiévale), donner la moitié de la dîme de leur chènevis [graine de chanvre dont est tirée une huile]. »
(Source : patrimoine-de-lorraine.blogspot.com, Marthemont, 2016). »
« Rosny (93110) : « Les religieux [de l’abbaye] possédaient un maire chargé des investitures, percepteur du cens, de la taille royale, etc. Le maire touchait, au XIIIe siècle, la dîme du lin et du chanvre. » (Mémoires de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France, « De sainte-Geneviève de Paris », Vol. 30, p. 103, 1903). »
Extraits de
MÉMOIRES DU CHANVRE FRANÇAIS
Alexis CHANEBAU
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