17/02/2026
L’affaire Jeffrey Epstein ne révèle pas seulement un scandale sexuel.
Elle révèle une psychologie du pouvoir extrême.
Il ne s’agit pas seulement de désir sexuel.
Réduire cela à la libido serait une erreur.
Il s’agit de domination, de contrôle, et surtout de transgression volontaire de la limite.
Dans l’histoire, la noblesse était une élection par le sang.
Aujourd’hui, certains cercles semblent recréer une aristocratie parallèle :
non plus fondée sur un titre, mais sur la transgression.
L’hyper-transgression devient un rite d’entrée.
Plus l’acte est interdit, plus il engage.
Plus il crée du silence.
Mais pour vivre cela sans effondrement psychique, il faut une validation intérieure.
Une croyance.
La croyance d’être des élus.
Élus par qui ?
Car pour accepter l’inacceptable et le supporter, il faut sortir symboliquement de l’humanité ordinaire.
Se vivre comme appartenant à une catégorie à part.
Se penser au-dessus du bien et du mal.
En psychologie analytique, on parlerait d’une inflation du Moi :
le sujet s’identifie à une figure supérieure, presque royale,
comme s’il incarnait un archétype du Roi détaché de toute limite humaine.
À ce stade, il ne s’agit plus seulement de transgresser la loi.
Il s’agit de se vivre comme au-dessus d’elle.
Comme autorisé par une instance quasi divine.
Ce n’est pas seulement du sexe.
Ce n’est pas seulement du pouvoir.
C’est une mythologie de soi.
Une tentative de s’identifier au divin.
Et lorsque cette croyance est partagée par un groupe,
la transgression devient identité,
et le secret, un sacrement.