24/03/2026
En cette Journée mondiale de la tuberculose, j’ai une pensée particulière pour mon arrière-grand-père, Félix.
Né le 5 mars 1892 à Chaumont-le-Bourg (Puy-de-Dôme), son destin bascule pendant la Grande Guerre. Le 10 octobre 1916, il est grièvement blessé au combat et amputé d’un bras. Dans la famille, une légende raconte qu’un simple carnet, glissé dans sa poche, aurait arrêté la b***e et lui aurait ainsi sauvé la vie.
De retour au pays, il épouse Angèle, une jeune femme du même village. Blessé de guerre, Félix obtient un emploi réservé et devient facteur. Mais les tournées sont longues, entièrement à pied , et son corps affaibli finit par céder.
Il contracte la tuberculose.
Lucide sur son état, il prépare l’avenir. Il se renseigne sur les droits de sa femme et de leurs quatre enfants . Le dernier n’a que 9 mois. Il fait promettre à Angèle une chose essentielle : que leurs enfants fassent des études.
Pour les protéger de la maladie, les enfants sont éloignés. Seule l’aînée reste auprès de sa mère. Ma grand-mère, elle, est placée chez des religieuses à Valcivières.
Félix s’éteint le 16 octobre 1933, à seulement 41 ans.
Ses enfants deviendront pupilles de la Nation.
Ma grand-mère raconte aussi ceci : à sa mort, la peur de la contagion était telle que personne n’avait osé venir aider sa mère. Personne… sauf la sage-femme, qui, seule, était venue soutenir la jeune v***e.
À travers cette histoire familiale, c’est toute la réalité d’une époque qui ressurgit : la guerre, la maladie, la peur… mais aussi la dignité, le courage et la transmission.
Aujourd’hui encore, la tuberculose existe. Se souvenir, c’est aussi continuer à sensibiliser.
Et vous, avez-vous déjà retrouvé dans votre famille une histoire liée à la maladie ou à un événement historique ?