06/10/2025
J’ai été aidante de mes deux parents malades, pendant 10 ans.
Ces années ont été les plus éprouvantes et les plus intenses de ma vie.
Aujourd’hui, je vois les gens dépérir à cause du travail. Moi, c’est ce qui m’a sauvée.
Dans mon travail, je n’étais plus aidante, mon identité était professionnelle, mon attention était portée sur du concret, je gagnais de l’argent pour mon travail (contrairement à l’aidance !). D’ailleurs, à ceux qui en doutent, je n’ai jamais manqué un seul engagement professionnel en 10 ans à cause de l’aidance.
Le travail a été mon salut.
En situation d’aidance, le travail doit toujours rester une ressource et non un poids supplémentaire.
Celà a été mon cas, mais pas sans efforts et renoncements.
Mais c’est aussi grâce à certaines personnes de mon entourage professionnel qui m’ont fait la courte échelle.
Car la résilience n’est pas un exploit solitaire.
Des personnes qui me connaissaient bien , et qui savaient que la stimulation intellectuelle était le seul remède à mon chagrin.
Des personnes qui m’ont recommandée sans se dire que je n’allais peut etre pas honorer mes rendez-vous, des personnes (surtout des femmes) qui renvoyait une image de moi positive et compétente, contrairement à la société qui invisibilise les aidants.
Aujourd’hui je leur dis merci.
En entreprise, tout le monde peut soutenir les aidants. Un écosystème peut être capacitant comme il peut être destructeur. C’est le propos de notre livre « Manager les vulnérabilités en pratique ».
Boutayna BurkelLaura LesueurAnne-Laure ThomasEmilie Berthet