30/03/2026
Mon métier c'est de voir les gens, du fond de l'âme. De les refléter assez pour qu'ils puissent se voir eux-mêmes et s'aimer.
Dénouer avec eux les emberlifications de leur exitence. Défaire les mauvais plis, repasser leur corps pour que tout glisse et se défasse.
Les aider à digérer, transformer, vider, aplanir leurs mémoires douloureuses. Replacer les choses anciennes dans le passé, remplacer les vieux programmes.
Réduire la distance avec eux-même, se déposer en leur centre, écouter vibrer leur coeur à nouveau, relancer les mouvements intérieurs qui s'étaient figés.
Relire leur souvenirs autrement, relier entre eux les passages oublié, redessiner des paysages paisibles au pays de leur enfance.
Délivrer avec et en eux les prisonniers d'idées et d'idéaux, faire revenir les exilés, les punis. Cajoler les effrayés, apaiser les effrontés et décolérer les rebels. Renouer les amitiés brisées avec des parts d'eux mal-aimées.
Les aider à dire adieu à des défunts, morts et vivants. Recréer une vie qui rit, une voie nouvelle, ouvrir des chemins vers les autres où la rencontre est possible, le lien sensible et le contact fécond.
Déployer leur histoire dans un instant léger et réaliste où tout le passé est derrière et l'avenir devant.
Mon métier est de retisser le présent de mille sensations intactes et subtiles qui font briller les yeux d'étoiles précieuses et silencieuses.
De faire que les mots viennent du ventre et que le corps et l'âme s'accordent, s'unissent dans un merveilleux instant, réel et conscient.
Rendre leur innocente souplesse à leur coeur, qu'il redevienne tendre à l'amour et acceptant leur peine comme une pluie bienfaisante.
Les aider à découvrir la beauté de leur humanité apprenante, à cueillir l'instant comme une chance, à tendre l'oreille à la pulsation de leur Être dans un monde changeant et inattendu.
Être là avec eux, pour eux, comme un arbre sur lequel ils peuvent se reposer un moment et qui leur fait sentir combien la Terre les accueille et le Ciel les nourrit.
Les voir partir dans le silence de l'évidence, quand ils se sont assez reposé pour se sentir vivre.