30/12/2025
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Fêtes de fin d’année : quand le huis clos devient un piège pour les victimes de violences conjugales et sexuelles
Isolement, promiscuité, alcool : une période à haut risque pour les femmes et les enfants
Guirlandes, repas de famille et feux d’artifice… pour beaucoup, les fêtes de fin d’année sont synonymes de joie et de retrouvailles. Pour d’autres, elles deviennent un véritable huis clos avec leur agresseur, un moment où la violence, déjà présente au quotidien, se révèle avec encore plus d’acuité. Le 27 décembre à Lille, une jeune femme a été retrouvée morte après que son compagnon s’est dénoncé. Deux jours plus tôt, dans la même ville, une femme de 34 ans a été tuée à son domicile par son conjoint. À Marseille, une femme de 43 ans a péri dans une chute depuis une fenêtre le soir de Noël, son conjoint étant mis en examen.
Ces drames rappellent la brutalité quotidienne : chaque jour en France, plus de trois femmes sont victimes de féminicides ou de tentatives de féminicide conjugal. En 2025, 161 féminicides ont été comptabilisés, contre 141 en 2024, selon le ministère de l’Intérieur et des collectifs comme .
Une hausse des violences lors des fêtes, confirmée par les associations
Violette Perrotte, directrice générale de la Maison des femmes, alerte : « On observe une hausse des violences conjugales et sexuelles lors des fêtes de fin d’année, même si les victimes en subissent avant et après. » Isolement, promiscuité, consommation d’alcool : tous ces facteurs exacerbent la vulnérabilité des victimes.
« Le sentiment de huis clos est renforcé : on ne va pas travailler, on ne va pas à l’école, on reste 24 heures sur 24 avec notre agresseur », précise-t-elle. Le lien social, habituellement protecteur, s’effrite, et demander de l’aide devient quasiment impossible. Le travail ou l’école sont souvent les seuls lieux où une victime peut échapper à son bourreau et chercher refuge auprès d’une association.
Les enfants, particulièrement exposés
Les enfants subissent également ces violences, souvent à l’intérieur même du cadre familial. 81 % des violences sexuelles qu’ils subissent viennent d’un membre de la famille, selon les statistiques. Durant les vacances de Noël, ils restent cloîtrés avec leurs proches. La venue d’oncles, tantes ou cousins peut accroître encore les risques. Les repas de famille deviennent parfois le théâtre silencieux d’abus et de pressions psychologiques.
Dans certains cas, après une séparation, un conjoint violent peut profiter de Noël pour se rapprocher des enfants sous prétexte de « réunir la famille », transformant la fête en moment de tension extrême.
Le réveillon du 31 décembre : un piège supplémentaire
La consommation d’alcool accrue durant le réveillon accentue les risques, tout comme le sentiment d’impunité que cette soirée peut générer, notamment chez les jeunes. Les violences ne disparaissent jamais réellement à cette période : elles se déplacent simplement sous un voile festif.
Une parole qui se libère surtout après les fêtes
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les plaintes ne s’accroissent pas pendant Noël ou le Nouvel An. Les victimes parlent souvent après les fêtes, lorsque les associations rouvrent et que le rythme normal reprend.
« Pour les femmes avec enfants, il y a une volonté de ne pas gâcher Noël, donc elles restent silencieuses », explique Violette Perrotte. L’injonction sociale à célébrer les fêtes, à faire bonne figure devant les grands-parents ou à respecter les convenances, renforce ce silence. L’entourage familial, bien souvent, devient un espace de contrainte où il est difficile de dénoncer la violence.
Des associations sous-financées face à une urgence permanente
Les associations sont débordées et sous-financées. Les budgets, dépendants du secrétariat à l’égalité entre les hommes et les femmes, ont été réduits, ce qui limite les ressources humaines et le nombre de personnes d’astreinte pendant les fêtes. Le 39-19, numéro d’écoute disponible 24h/24, reste un outil vital, mais manque de moyens pour faire face à l’afflux d’appels et aux besoins de protection immédiate.
Ce que devraient faire les pouvoirs publics
Violette Perrotte insiste : la formation des professionnels est cruciale. Médecins et policiers doivent être en mesure de repérer les signes de violences conjugales et sexuelles. Les consultations devraient inclure systématiquement le repérage d’un vécu traumatique, et les policiers doivent accueillir les victimes avec une formation adaptée.
Elle plaide également pour l’enseignement obligatoire des cours d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars), de la maternelle à la terminale. Sans prévention, les mesures palliatives resteront des « pansements », insuffisants face à un phénomène structurel.
Le rôle des proches : ne jamais rester silencieux
Enfin, l’entourage joue un rôle déterminant. Observer un changement de comportement, une dynamique de couple inquiétante ou un enfant qui se replie sur lui-même doit déclencher une réaction. Poser des questions, orienter vers des associations, ne pas fermer les yeux : le silence des proches perpétue souvent les violences.
Être un adulte protecteur, attentif et prêt à agir est parfois la seule barrière entre la victime et son bourreau, surtout pendant ces périodes de fêtes où le huis clos devient un piège.
Sources : Libération, Franceinfo.fr, La Provence, RTBF, OhmyMag, Madmoizelle, Soutien-psy-en-ligne.fr, Actu.fr, RFI, La Croix, Ouest-France, Le Parisien, Le Monde, , Féminicides.fr, Ministère de l’Intérieur (Miprof)
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