07/04/2026
La justice adoooore les récits propres. Clairs, lisses, sans contradiction. Le bon déroulé, dans le bon ordre, avec les bonnes émotions au bon moment. 🍿
Sauf que le psychotrauma ne lit pas le Code pénal (il pourrait faire un effort et lire 3 614, c’est vrai).
👉 Une personne peut oublier des éléments, se contredire, mélanger les temporalités, ou raconter des faits très graves avec une apparente froideur. Et c’est souvent là que ça coince. “C’est flou.” “Ça change.” “Ce n’est pas cohérent.” Donc… doute.
Comme si la mémoire, pour être crédible, devait être parfaitement rangée.
Sauf que face à un danger extrême, le cerveau ne cherche pas à faire un joli récit. Il cherche à survivre comme il peut : sidération, dissociation, amnésie traumatique …
Résultat : le souvenir ne s’enregistre pas comme une histoire, mais comme des fragments, des sensations, parfois très (trop) précis… et parfois absents.
Donc oui, quand on demande ensuite de “raconter”, ça peut être décousu, incomplet, pas dans le bon ordre.
👀 Mais le problème n’est pas forcément le récit. C’est peut-être ce qu’on attend de lui.
Parce qu’à force de chercher une cohérence parfaite, on finit parfois par prendre un symptôme du trauma… pour un manque de crédibilité.
Donc si un jour on a douté de toi à cause de ça, ça ne veut pas dire que ton histoire n’est pas grave, ni qu’elle n’est pas crédible.
Ça veut peut-être simplement dire que ton cerveau a fait ce qu’il pouvait pour te protéger. Et qu’en face, on n’a pas toujours su écouter.