27/11/2025
LE FOIE
LA FORCE ANCIENNE QUI TE MAINTIENT EN VIE
Le foie est ton laboratoire chimique, bien sûr, mais il est aussi ton interprète émotionnel.
Il travaille vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sans vacances, sans pause, sans te demander la permission.
Il transforme les toxines en silence.
Il démonte les hormones en excès.
Il recycle les molécules mortes.
Il décide quoi utiliser de ce qui entre et quoi jeter.
Mais plus encore que tous les manuels d’anatomie, le foie garde ce que tu n’as pas encore digéré dans la vie.
Quand tu vis quelque chose que tu n’arrives pas à avaler, c’est lui qui le prend.
Quand tu retiens une phrase qui aurait dû sortir, c’est lui qui la conserve.
Quand tu supportes trop, c’est lui qui se raidit.
Et quand la colère reste suspendue dans la poitrine comme un orage sans pluie,
devine qui paie l’addition ?
Le foie.
ANATOMIE QUI PARLE
Le foie occupe le quadrant supérieur droit de l’abdomen, enlacé par le diaphragme comme un enfant sous une couverture lourde.
Il pèse un kilo et demi.
Il est fait de lobes, de canaux, de ligaments, de capsules, de sinusoïdes.
Mais il est aussi fait de mémoires anciennes, de micro-traumatismes émotionnels, de décisions reportées, de limites dépassées.
À chaque inspiration, il descend.
À chaque expiration, il remonte.
C’est une vague.
Un océan rouge.
Un tambour tribal qui vibre sous les côtes.
Quand tu es en colère, le diaphragme se bloque.
L’onde ne descend plus.
Le foie reste coincé.
La bile devient épaisse, comme faite de phrases non dites.
LA COLÈRE
LE CODE CHIMIQUE DE L’ORAGE
La colère n’est pas une faiblesse.
C’est une vague de survie.
Quand l’amygdale perçoit une injustice, une attaque, une trahison,
l’hypothalamus active l’axe du stress.
Surrénales
adrénaline
noradrénaline
cortisol.
La tension monte.
La cage thoracique devient une armure.
Le cœur bat comme un tambour de guerre.
Le diaphragme devient une plaque rigide.
Le foie, dessous, s’enflamme.
Et ce n’est pas de la magie.
C’est de la biochimie pure.
Le foie produit plus de glucose pour t’aider à réagir.
Mais si tu ne réagis pas, ce glucose reste là.
Il enflamme.
Il altère le terrain.
Les tissus deviennent plus acides.
Pas le pH du sang (qui reste stable),
mais le pH interstitiel.
Le pH des tissus.
Celui qui te fait te sentir fatigué, gonflé, ralenti.
PSYCHOSOMATIQUE
LA COLÈRE EST UNE DÉCISION MANQUÉE
La colère qui ne sort pas crée un mouvement intérieur
qui ne bouge pas.
Paradoxe total.
En psychosomatique, le foie est le général de l’armée.
C’est l’organe des stratégies, de la direction, de la volonté.
Quand tu ne décides pas, le foie souffre.
Quand tu te plies, le foie s’épaissit.
Quand tu avales des couleuvres, le foie les archive.
La capsule de Glisson se tend,
comme une peau trop serrée.
Les ligaments suspenseurs tirent vers le haut.
Et tu sais où ils tirent ?
Sur la cage thoracique.
Ils te ferment.
Ils te poussent en avant.
Ils te rendent petit.
Et la pression ?
Elle monte.
Parce que le corps vit comme s’il était constamment attaqué,
même quand dehors il n’y a personne.
LE pH
LE TERRAIN BIOLOGIQUE QUI CHANGE
La colère stimule l’adrénaline et le cortisol.
Le cortisol libère du glucose.
Le glucose en excès acidifie le terrain.
Pas le pH sanguin
(ça, tu serais en réanimation).
Il acidifie les tissus,
les fascias,
les cellules,
la matrice extracellulaire.
Tu te sens « acide »,
mais pas dans le langage des biochimistes,
dans celui des tissus.
C’est la sensation d’être enflammé.
C’est le muscle qui tire.
C’est la tête lourde.
C’est l’œil qui pulse.
C’est la poitrine qui ne s’ouvre plus.
LA CAGE THORACIQUE
LE BUNKER ÉMOTIONNEL
La cage thoracique, quand tu es en paix, est une cathédrale.
Quand tu es en colère, elle devient une prison.
Côtes rigides
sterno-cléido-mastoïdiens contractés
diaphragme bloqué
intercostaux raccourcis.
Le foie, coincé dessous, demande de l’espace.
Et tu le lui refuses.
Jusqu’à ce qu’il commence à « tirer ».
Et quand le foie tire, il tire tout le reste :
colonne thoracique
colonne lombaire
cou.
Ce n’est pas de la magie.
C’est de l’anatomie.
TRAITEMENT OSTÉOPATHIQUE
APPORTER DE LA LUMIÈRE LÀ OÙ IL Y A TROP DE PRESSION
Le traitement du foie est un acte d’écoute profonde.
On ne force pas.
On accompagne.
Comme on accompagne quelqu’un qui pleure sans vouloir le montrer.
Première étape
Diaphragme
On le libère
On le détend
On le fait redevenir une vague.
Deuxième étape
Mobilisation hépatique
On travaille les lobes, les canaux, la capsule.
Petits mouvements
mais d’une puissance immense.
Quand le foie retrouve sa mobilité, le patient le sent
comme un grondement silencieux.
Troisième étape
Drainage
On libère la veine porte
On libère la bile
On libère la mémoire émotionnelle prisonnière.
Parfois surgissent des pleurs
des souvenirs
des tremblements.
Ce ne sont pas des effets secondaires.
Ce sont des libérations.
AUTOTRAITEMENT
LE RITUEL MINIMAL QUI CHANGE LA JOURNÉE
Pose ta main droite sous les côtes droites.
Laisse-la glisser en profondeur.
Ne cherche pas la douleur,
cherche le contact.
Pose ta main gauche sur la poitrine.
Respire.
Laisse l’air descendre jusqu’au creux de la main droite.
À chaque expiration, imagine adoucir le foie.
À chaque inspiration, éloigne le feu intérieur.
Fais-le trois minutes.
Fais-le comme une prière.
GYMNASTIQUE POUR LE FOIE
BOUGER POUR NE PAS EXPLOSER
Rotations du buste
Trois minutes lentes
ouvrent les ligaments hépatiques.
Marche rapide
Dix minutes
active la circulation portale
évacue les catécholamines
baisse la pression émotionnelle.
Respiration abdominale
Diaphragme souple
foie libre.
Étirement latéral
Étire-toi vers la gauche
ouvre le côté droit
crée de l’espace pour les lobes hépatiques.
Massage spontané
Doigts sous les côtes
petites pressions circulaires
comme si tu polissais une peur.
MANTRA FINAL
LE DÉSARMEMENT INTÉRIEUR
Je ne retiens plus
je transforme
Mon foie est un océan
pas une prison
Ma colère circule
ma cage thoracique s’ouvre
mon sang coule clair
Je dissous
je respire
je me libère
Et en me libérant
je redeviens vivant.
Belle journée
Carla