06/01/2026
J'en ai marre de lire "Science VS Relation Humaine" dans le domaine de la santé mentale ! On oppose sans cesse science / données probantes à humain / réalité du soin.
Comme si chercher ce qui fonctionne, de manière rigoureuse, c’était “oublier l’humain”.
Je vais le dire simplement comme je le pense : c’est l’inverse.
Mettre l’humain au centre, ce n’est pas seulement “être présent”, “être bienveillant”, “être à l’écoute”. Il n'y a pas d'approche qui peu se targuer et monopoliser ces éléments de discours.
Mettre l’humain au centre, c’est aussi refuser de s’accrocher à des pratiques par habitude, par intuition, ou par idéologie, quand on n’a aucune idée claire de leur efficacité.
Les données probantes ne sont pas un mur froid entre le soignant et le patient. Ce sont une tentative (imparfaite, mais essentielle) de répondre à une question profondément humaine :
"Qu’est-ce qui aide vraiment, et qu’est-ce qui risque de faire perdre du temps, de l’énergie, de l’argent, et parfois de l’espoir ?"
La science ne remplace pas la relation.
Elle ne remplace pas le jugement clinique.
Elle ne remplace pas l’histoire de la personne.
Mais elle évite une illusion dangereuse : confondre “ça me semble humain” avec “ça aide”.
Et pendant qu’on entretient cette opposition stérile, il y a des patients qui attendent, des familles épuisées, des adultes qui s’effondrent, des équipes qui bricolent, des prises en charge qui s’étirent sans cap.
Alors oui, discutons des limites des études, des biais, des contextes, des contraintes du terrain. Mais arrêtons de brandir “l’humain” comme un argument pour se dispenser d’évaluer, d’améliorer, de comparer, d’apprendre.
Parce que l’humain, ce n’est pas un slogan, c’est une responsabilité.
Et la vraie question est là : Qu’est-ce qu’on fait, concrètement, pour que les soins aident davantage ?
Et si “mettre l’humain au centre”, c’était justement mesurer l’impact réel de nos interventions ? Tu en penses quoi ?