06/01/2026
Les Rois Mages, prêtres d’Orion
L’Épiphanie, célébrée le 6 janvier, marque un passage spirituel bien avant d’être une fête de la galette. Elle se situe à un point précis du cycle de l’année, lorsque la saison sombre commence à se retourner vers le retour de la Lumière.
Le mot Épiphanie signifie manifestation, apparition, dévoilement. Il désigne le moment où ce qui était demeuré caché se rend visible et peut être reconnu.
À l’Épiphanie, les Rois Mages reconnaissent l’enfant Yeshua et s’inclinent devant lui. Leur dévotion n’est pas un simple hommage, mais un acte de discernement : à travers la fragilité d’un nouveau-né, ils reconnaissent une présence plus vaste.
Dans les récits anciens, l’Étoile du Berger n’est pas un simple repère dans le ciel. Elle trace un chemin. Elle oriente les pas de celles et ceux qui savent observer le firmament et écouter la nuit.
Les Rois Mages ne sont pas des rois au sens politique, mais des sages, des initiés capables de lire les arcanes célestes. Dans certaines traditions d’alchimie spirituelle, ils sont associés aux trois étoiles du baudrier d’Orion, prêtres des constellations chargés de traduire les mouvements du ciel et leurs résonances sur la Terre.
La scène de la Nativité se déploie alors comme une véritable carte du ciel d’hiver. Le bœuf renvoie à la constellation du Taureau, symbole de stabilité et de force fécondante. L’âne évoque les Asellus, ces deux amas stellaires connus depuis la Haute Antiquité, gardiens discrets du passage. La crèche est associée à Praesepe, dans le Cancer, lieu céleste de gestation et de nourrissement. Et au centre, dans la constellation d’Orion, Meissa, dont le nom signifie en arabe « le Guide Brillant », et qui a la même racine que l'hébreu biblique "Messaiah", le Messie. Elle veille là haut, comme un guide silencieux et luminescent.
Parmi les offrandes, la Myrrhe porte la mémoire des grands seuils. Résine de la terre, elle accompagne les passages, les morts symboliques et les renaissances. Elle inscrit dès l’origine la dimension initiatique du chemin à venir.
L’Encens Oliban occupe une place centrale. Amené du pays de Pount, il ne désigne pas seulement un présent royal, mais une fonction sacerdotale. Sa fumée relie la terre au ciel et signe la vocation de celui qui est appelé à devenir médiateur entre les mondes.
Ce seuil du 6 janvier porte une autre symbolique. Le nombre 6 évoque l’harmonie incarnée, l’équilibre où le spirituel s'ancre dans la matière. Il parle d’une présence ajustée, d’une beauté qui accepte la forme. Vav, sixième lettre de l’alphabet hébreu, en est le symbole.
À travers Vav, ce qui est demeuré voilé devient lisible et se laisse reconnaître. L’étoile aperçue dans la nuit trouve alors son point de clarté dans le temps. Ce passage ne clôt rien, il ouvre. Il marque l’instant où ce qui a été porté en secret trouve sa juste place dans le monde.
Toute cette symbolique décrit un processus intérieur, proposé à tous. Chacun est appelé à devenir ce lieu de passage, cet axe vivant que désigne Vav, où le ciel et la terre se rencontrent.
L’Épiphanie se vit alors comme une reconnaissance intime, celle de la lumière qui a traversé la nuit et se rend enfin lisible.
Alkhêmya,
Onctions Sacrées et Arts Anciens des Myrrhophores.