30/03/2026
Chaque année, en France, 165 000 enfants sont victimes de violences sexuelles. 165000. Un nombre que l’on lit trop vite. Un nombre qu'on entend parfois aux informations, mais qu'on n'écoute plus. Un nombre qui passe… puis disparaît.
Alors essayons autrement. 165 000 enfants, c’est comme si tous les habitants d’une ville comme Toulon étaient victimes de viols ou d’agressions sexuelles. Toute une ville. Des rues entières d’enfances blessés. Des écoles pleines d’enfants qu’on n’aurait pas protégés.
Un enfant toutes les 3 minutes. Un autre chiffre qui devrait donner le vertige. Quand vous aurez fini de lire ces lignes, un enfant aura basculé dans une réalité qu’il ne comprend pas encore, dans une peur qu’il ne saura pas nommer, dans un secret qu’on lui demandera parfois de garder. C'est ça que ça veut dire, un enfant toutes les 3 minutes
Pourquoi ces chiffres, que nous connaissons, ne provoquent-ils pas le sursaut qu’ils devraient ?
Pourquoi une société capable de s’émouvoir instantanément pour tant de causes reste-t-elle presque immobile face à la violence faite à ses enfants ?
Peut-être parce que ces violences dérangent.
Parce qu’elles obligent à regarder trop près, trop loin dans ce qui fonde notre société et qui pourrait l'ébranler Peut être parce qu’elles existent souvent là où l’on préfère croire qu’elles n’existent pas. Alors on détourne le regard. On fait comme si c'était une fatalité de plus. Comme s'il n'y avait rien à faire.
Ces chiffres devraient pourtant résonner comme une urgence nationale. Une urgence qui ne demande pas seulement de l’émotion, mais du courage. Le courage d’agir. Parce qu'au regard de l'histoire, une société ne se juge pas à ses discours, mais à ses actes et à ces chiffres qu'on banalise.
Combien faudra-t-il encore d’enfants, combien faudra-t-il encore d’années, pour que ces chiffres cessent d’être des statistiques… et deviennent enfin un électrochoc ?