15/01/2026
A toutes les poissons rouges
Ma mémoire de poisson rouge
Il y a cette chose étrange qui s’est invitée dans ma vie depuis quelques années, sans frapper à la porte.
Elle est entrée doucement, puis elle a tout réarrangé de l’intérieur dans mon corps, mon coeur et même dans ma tête.
Avant, mon esprit était rapide, créatif et performant. Un peu dispersé, certes avec toujours 1000 idées à la seconde, mais capable de tenir une direction, de la suivre, de la faire grandir.
Je pouvais parfois partir dans tous les sens et pourtant produire, créer, structurer.
Et puis la ménopause est arrivée.
Et avec elle, quelque chose s’est fissuré.
Ma mémoire est devenue un lieu instable.
On me parle, je dis oui, et quelques secondes plus t**d, les mots se sont évaporés.
Comme s’ils n’avaient jamais existé.
Je me surprends à oublier. Des choses simples mais aussi des détails importants.
Et ce n’est pas seulement gênant. C’est carrément humiliant, parfois.
Parce que ça touche à quelque chose de profond :le sentiment de ne plus être compétente, organisée, fiable.
Franchement? C’est détestable comme sensation.
Je passe des journées entières à courir après ma concentration, réaliser que je ne suis plus aussi rapide, prendre de plein fouet les remarques qui disent: mais je te l’ai déjà dit…
La procrastination qui ne faisait qu’exceptionnellement partie de ma vie trouve soudain un terrain fertile.Elle s’installe là où ma concentration s’effrite, là où mon énergie ne répond plus comme avant.
Tout devient plus flou.
Plus poreux.
Plus fragile.
En terme d’estime de soi, on peut mieux faire…
A cela s’ajoutent les émotions.
Elles montent, elles plongent, elles me prennent sans prévenir.
La nostalgie, surtout, s’invite chaque fois avec une force inattendue.
Elle me ramène à ce qui était, à ce que j’ai été, à ce qui ne reviendra pas.
Alors…
Comment garder un fil au milieu de cette tempête?
Comment garder de la stabilité quand tout dedans semble se transformer ?
Une des choses qui m’aide, c’est de m’arrêter.
Chaque jour,je m’assieds.
Cinq minutes.
Dix parfois.
Je respire.
J’offre de la présence à mon corps, à ma respiration ,je ressens mes émotions et je fais de la place.
Je ne cherche pas à corriger quoique se soit.
Je ne cherche pas à compenser, ni à réduire.
Je cherche à rester là.
Juste là et c’est déjà énorme.
Jacqueline Fraefel-Terrel🌱