Muriel et Élodie " A VOS CÔTÉS "

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Muriel et Élodie  " A VOS CÔTÉS " Aide à la personne dans son quotidien afin de préserver son autonomie dans la bienveillance.

17/04/2026

Texte de TofTonStétho
Un peu d'humour 👌

"Aujourd'hui, je vais poser les choses direct.
Tout ce que je vous lâche là… ce n’est pas du scénario de film français.
C’est du **réel**, du brut, du sans-filtre.

Je l’ai souvent vécu. Je l’ai entendu.
Et parfois… j’aurais préféré ne pas être aussi bien réveillé tellement je ne m’y attendais pas 😄

Et le plus fou ? C'est que ce n'est pas l'exception. C’est le quotidien.

Avec les années, les milliers de kilomètres au compteur et les sandwichs mangés sur un coin de volant… il se passe un truc avec nos patients d'un certains âges.

On n'est plus "l’infirmier Tof". On devient le confident, celui qui entre dans la chambre, dans la salle de bain, dans l’intimité la plus totale.

Et souvent, les barrières tombent. Et là, accrochez-vous, on peut parler de tout.

Même de ça.

# # # 📍 Lucienne, 88 ans – Le toucher "expert"

Je suis sur son ulcère de jambe, concentré, la pince à la main.

Elle me fixe. Un silence de trois plombes.

— « Vous avez une main sacrément douce, vous... »
— « J’essaie de ne pas vous faire mal, Lucienne. »
— « Mon Gérard, c’était pareil. Mais il n’y avait pas que les mains. »

Je sens le virage arriver. Je tente de rester sur ma plaie.

— « Ah oui ? » (Erreur fatale).
— « Oh que oui. Le soir, il enlevait son bleu de travail... et il redevenait un lion. Un vrai. »

Je suis là, avec mon Hydrocellulaire, et je visualise Gérard en mode prédateur dans le Cantal. Merci Lucienne

---

# # # 📍Raymond, 92 ans – L’efficacité avant le Wi-Fi

— « Vous les jeunes, vous passez votre temps à… souipcher… »

— « Swiper Raymond 😅 »

— « Nous, pas de téléphone. Mais quand une cheville nous plaisait au bal… on ne ratait pas le coche. »

Je sens le piège. Mais j’y vais.

— « Et après ? »

— « Après ? On ne discutait pas 3 heures. Quand la machine était lancée… fallait suivre. Et ça suivait. »

Pause. Regard qui frétille.

— « Derrière l’église… dans la Simca 1000… dans le foin… partout ! »

🧠 Note mentale : ne jamais sous-estimer une génération qui a survécu au rationnement.

# # #📍 Les “Chérie”, “Mon cœur” –
L’affection sans préavis

Tu rentres.

— « Ahhh, te voilà mon chéri ! »

Tu regardes derrière toi.

Non. C’est bien pour toi.

— « Ça va Me Raymonde ? »

Même avec ta barbe et ta tête de lundi, tu comprends…que t’es plus juste un soigant, t’es devenu un repère, une envie.

# # # 📍 Le couple "All-Stars" – Sans sommation

Je rentre pour l'insuline. Ils sont tous les deux dans la cuisine.

— « Dis, Raymond, tu te souviens de la fois dans la grange chez les cousins ? »

— « Ah bah ! J’ai encore la paille qui me pique le dos rien que d’y penser ! »

— « Arrête, tu vas choquer le petit Tof ! »

Elle se tourne vers moi, hilare :
— « Ne l’écoutez pas, Tof. Mais profitez bien... parce qu'un jour, c'est le moteur qui lâche, et après on ne fait plus que regarder la météo ! »

**Moi :** Je fais mon injection en mode turbo. Je n'ai jamais été aussi rapide de ma vie.

# # # 📍 Ginette, 87 ans – L’entretien de la tuyauterie

Je lui pose le brassard de tension.

— « Vous avez de petits yeux ce matin... vous avez fait de l'exercice ? »

— « Non, juste beaucoup de dossiers hier soir, Ginette. »

— « Quel gâchis. À votre âge, faut s'entraîner. C’est comme les vieux volets : si on ne les actionne pas, ça rouille et ça grince. »

Elle me tape sur l'avant-bras avec un clin d'œil qui en dit long.

— « Nous, on a actionné jusqu'à 80 ans. C'est pour ça que j'ai encore bon pied bon œil ! »

# # # 💡 Pourquoi ils nous balancent ça ?

Ce n'est pas pour nous mettre mal à l'aise (enfin, pas seulement 😄).

C'est parce qu'ils sont **vivants**.

Parfois, derrière le "patient" du 12 rue des Fleurs, entre deux soins, tu te retrouves à sourire.
Parce que tu comprends une chose simple : le temps passe… les corps changent… mais le désir, lui… trouve toujours un chemin.

Franchement…
ces moments-là…
c’est un peu de poésie dans la tournée.
Avec un léger parfum de coquinerie. 😄

**Et toi, mon collègue de galère...**

Avoue : c'est quoi la phrase la plus "hors-piste" qu'on t'ait sortie pendant que tu préparais un pilulier ?

**Balance ton dossier (en restant anonyme, bien sûr) !

👇**"

13/04/2026

Texte de TofTonStétho


Nous IDELS, on parle de kilomètres au compteur, de la paperasse qui s'empile, du casse-tête des cotations et des tournées qui débordent.

Mais on ne parle jamais de nous, du vide qui peut installer à l'intérieur.

Il existe un mal poli, discret, presque élégant chez l'IDEL.

J'appelle celà : le burn-out invisible.

Celui qui s'installe le jour où tu arrêtes de te regarder dans le miroir pour ne plus regarder que le pansement du prochain patient.

🌫️ 1. L’illusion du « Coup de barre »

6h03. Le moteur tourne. Le café brûle. Le téléphone, lui, hurle déjà.

— « Vous pouvez passer plus tôt ? »
— « On a besoin de vous ce soir finalement. »

La journée n'a pas commencé que tu es déjà en train de courir. Ton corps t'envoie des signaux : une barre dans le dos, un sommeil en miettes, une boule au ventre.

Ta réponse ? « C'est juste une mauvaise passe. Ça va aller. »

Alors tu enfonces la pé**le et tu enchaînes.

Injection.
Pansement.
BSI.
Coordination.
Téléphone.
Famille.
Transmission.
Papier.
Ordonnance floue.
Ordonnance absente.
Ordonnance… artistique.
Et tu répètes toujours la même phrase :

— « Ça va, je gère. »

Le burn-out ne débarque pas avec un gyrophare.

Il arrive doucement.

Tu t’adaptes.

Tu rajoutes un patient.
Puis deux.
Puis une formation.
Puis une autre.

Tu dors moins.
Tu penses boulot.
Tu vis boulot.

Et tu te dis :
— « C’est juste une période. »

🔥 2. Le poids du monde

Avant, un pansement compliqué, c’était un défi.

Maintenant, c’est une montagne.

Avant, un appel d'un patient, c’était normal.

Maintenant, tu regardes le téléphone comme une alarme incendie.

Avant, tu gérais.

Maintenant, tu tiens.

Et dans un coin de ta tête, une phrase apparaît :

— « Je n’en peux plus. »

Et ça, c'est le début du vrai signal

Mais tu continues.

Parce que les patients comptent sur toi.
Parce que dire non, ça pique.
Parce que s’arrêter… ça ressemble à abandonner.

🎭 3. L’artisan du masque

L’IDEL est un maestro du camouflage émotionnel.

Il peut :

Faire un pansement en pleurant dans sa tête,

assurer un patient alors que lui-même tremble,

dire “ça va !” avec un sourire parfaitement faux,

plaisanter quand il n’a envie que de dormir trois jours d’affilée.

Les patients ne voient rien.
Les familles ne voient rien.
Même les collègues ne voient pas tout.

Parce que ce masque-là…
on l’a collé avec nos années de métier.

🧭 4. 2018 : Le point de rupture

Je pensais, moi même, avant que Tof existe, être incassable.

2018. Le rythme était dingue : tournées interminables, formations à foison, 4 heures de sommeil par nuit.
Mon cerveau tournait à 200 à l'heure, même à l'arrêt.

Je pensais travail, je vivais travail, je dormais travail.

Puis, le choc.

Un vendredi 18h. Sur l'autoroute. Le corps a dit "Stop".

Brutalement. Vertiges, vision qui se trouble, perte de repères.

Je roule.

Comme je peux.

Comme un soignant qui pense encore qu’il va gérer.

Le lendemain ?

Je reprends la tournée.

Évidemment.

Normal.

Les patients ont besoin de moi.

Sauf qu'à chaque virage, mon corps se révoltait. Je vomissais entre deux patients. Je tanguais dans les escaliers. Je ne marchais plus, je flottais dans un cauchemar.

Mais je continue.

Parce que dans notre tête, s’arrêter…
c’est abandonner.

Jusqu’au moment où le corps décide à ta place.

Urgences.

Dans ma tête : je pense à un AVC.

Dans la réalité :
Juste un cerveau qui a disjoncté.

BURN OUT...

💥 5. Le Grand Noir

Quinze jours de sommeil noir, quinze jours de silence absolu.

Le burn-out, ce n'est pas une grosse fatigue, c'est une coupure de courant générale. C'est le moment où le compteur électrique explose parce que tu as refusé d'appuyer sur "pause".

🌱 6. La Renaissance : Choisir de vivre

Le burn-out ne se guérit pas avec une grasse matinée.

Il se soigne avec des décisions.

Des vraies.

Savoir dire non.
Mettre des limites.
Partager la charge.
Accepter de ne pas être partout.
Regarder sa vie en face.

Et comprendre une chose essentielle :
On ne peut pas soigner les autres si on ne se soigne pas un peu soi-même.

❤️ 7. L’Après : Retrouver le goût

Aujourd'hui, je me choisis.

Je prends des vraies pauses. Je relativise l'urgence qui n'en est pas une. Je protège ceux que j'aime, ceux qui m'attendent à la maison sans rien demander.

J'ai redécouvert des plaisirs simples, loin du stéthoscope :

Le restau sans surveiller ma montre.

La salle de sport pour évacuer MA tension.

Les balades avec ma chienne, le téléphone sur "silencieux".

Écrire pour vous, pour moi.

Et même traîner devant la télé, juste pour débrancher les neurones.

🧩 Conclusion : Ton premier outil de soin, c'est Toi

On pense que notre métier, c'est notre sacoche. Nos pansements, nos aiguilles, notre savoir-faire.

C'est faux. Ton outil de travail le plus précieux, c'est toi.

Si tu t'oublies, l'outil casse.

Si tu te retrouves, tout devient possible.

---

Et même si aujourd’hui tout est flou…
même si tu avances au ralenti…
même si tu as l’impression d’être devenu l’ombre de toi-même…

Il reste quelque chose que le burn-out ne peut pas éteindre.

Une braise.

C’est celle qui t’a fait choisir ce métier.
Celle qui te fait encore t’arrêter, même épuisé, pour un regard, un merci, un silence partagé.

Elle est toujours là.

Alors tiens bon.

Pas pour les tournées.
Pas pour les patients.

Pour toi.

❤️

08/04/2026

Texte de TofTonStétho

"19h39 :
Je suis posé. La quiche sort du four, dorée, fumante, l'espoir d'une soirée normale encore intact. Le téléphone vibre. C’est mon binôme. Je regarde ma quiche. Elle me regarde. On sait tous les deux que c’est fini. Je décroche.

— « Oui Allo Tof, je te prends pas longtemps. »

— « On commence simple. Mme Dupont, pansement OK mais contrariée. »
— « Infection ? »
— « Non Tof. Son bac jaune a disparu. Elle soupçonne tout l’immeuble. Elle a fait un planning des sorties poubelles pour piéger le coupable. »

Donc je note pour demain : Pansement + Interrogatoire + Analyse comportementale des voisins.

— « Et elle veut que tu regardes ses caméras de surveillance… sauf qu’elles sont éteintes. »

Parfait. *Option enquête paranormale au programme.*

— « Attends deux secondes Tof… »

Au loin : « MAIS LE POULET BON SANG !! TU L'AS OUBLIÉ DANS LE MICRO-ONDE À MIDI ! »

— « C’est ma femme Tof… si je meurs, dis à Mme Dupont que le coupable c’est le 2e gauche. »

On enchaîne.

— « M. Martin, glycémies stables… mais il est amoureux. »
— « De qui ? »
— « D’une femme. Il s’est inscrit sur un site de rencontre. »
— « Non… »
— « Si. Il m’a fait lire ses messages. »
— « Pourquoi tu lis ça ? »
— « Parce qu’il a mis mes lunettes par erreur, Tof !! et il m’a dit : “Dis-moi si c’est bien écrit”. J’ai piqué à 45°, j’étais concentré sur une phrase : “Mon cœur palpite comme une insuline rapide”. »

— « Et AU FAIT… Mme Dupont fait des malaises. Faut surveiller sa tension car elle a tendance à faire des hypotensions orthostatiques. »

— « … »

— « Tu me balances une info VITALE entre deux sextos de Gérard, 82 ans ?! »

— « J’AI OUBLIÉ, OK ?! »

Ma quiche sèche à vue d’œil. Elle ressemble maintenant à un échantillon de peau déshydratée.

— « Chez Mme Rossi, j’ai réparé l’évier avec une pince Kocher. »
— « Tu fais plombier maintenant ? »
— « Et surveillance de la TA : 12/7. D'ailleurs, elle cache ses médicaments… aujourd’hui c’était dans le micro-ondes. »

Je griffonne : Stétho + CAP plomberie + FBI. Demain, c'est Soins + Koh-Lanta version pilulier.

— « Chez M. Garcia, j’ai dû réparer la télé encore… il dit que sans les infos, il ne peut pas cicatriser. Logique. »

— « D’ailleurs Tof… Julie m’a annoncé qu'elle allait me quitter. Elle a posté une photo avec un mec qui ressemble à M. Bernard, notre patient philosophe. Elle l'a trouvé sur le même site de Mr Martin... »

Silence.

— «Bernard ? Celui qui demande si le gant de toilette est une barrière physique ou émotionnelle ? »
— « Lui-même. »

Donc demain : Soins + Débat métaphysique + Gestion de rupture par procuration.

20h31 : On est au patient 9. J’ai lâché prise. Ma quiche est désormais une arme contondante.

— « Mme Petit… j’ai perdu ma clé du cabinet chez elle. »
— « Comment ? »
— « Elle m’a donné du gratin, j’ai posé les clés pour prendre le plat, le chat qui attaque les chaussures m’a sauté dessus, j'ai sursauté... la clé est peut-être dans le gratin. Ou la litière. »

— « Ah oui, chez M. Lopez… ne t’assois pas sur la chaise du salon, elle est cassée mais il oublie. Et sa fille arrive parfois sans prévenir pour faire des "audits surprises". »

20h55 :

— « Sinon, t’as vu mes nouvelles pompes ? »
— « Domi, je mange du carton froid, je m'en fous de tes pompes. »
— « 140 balles. Je les ai étrennées chez Mme Vignon. Elle a renversé son flacon de Bétadine dessus. Maintenant, j'ai un pied qui ressemble à un coucher de soleil. »

— « Bref, je te laisse, je vais essayer de dormir. J'ai été au ciné hier, j'ai payé 15 balles pour ronfler pendant tout le film. Le vigile m'a réveillé à la fin, il croyait que je faisais un AVC. »

21h10 : Clap de fin

— « Bon normalement je t’ai tout dit. »
— « Attends… je relis… »
Pansement, bac jaune, caméras, poulet radioactif, poésie diabétique, hypo cachée, évier à la Kocher, rupture amoureuse, chat de combat, clé perdue dans la bouffe, chaise piégée et audit familial.

— « Oui… j’ai tout. »

Je raccroche. Le silence revient. Je regarde ma feuille. J'y comprend rien. Ce n’est plus une transmission, c’est un inventaire de Prévert sous acide.

Et là, je me rappelle sa phrase, glissée entre le gratin et la Bétadine :

— « Ah oui au fait… il fait des malaises vagaux parfois. »

Le lendemain, 7h02, chez Mme Dupont :

Elle me fixe. Direct.

— « Vous savez qu’on m’a volé mon bac jaune ? »
— « Oui madame… j’ai le dossier complet. On commence par la tension ou par l’interrogatoire du 2e gauche ? »

Bienvenue dans la vraie vie IDEL. 🩺🩹😏

Là où tu récupères une tournée…
mais aussi des histoires, des drames, des secrets…

Et vous…
c’est quoi la transmission où vous avez compris que vous n’étiez plus vraiment infirmier… mais figurant dans une série complètement improbable ? 😏"

05/04/2026

Texte de TofTonStétho

Bon wd de Pâques à tous et courage aux professionnels de santé qui travaillent ce wd 🙏🙏🙏

**Dimanche de Pâques. 7h12.**

Je suis garé devant chez Mme Michu.

La ville est calme.

Moi, je suis dans la voiture, le visage marqué par l'oreiller.

J’ai la tête d’un mec qui a laissé ses enfants dormir ce matin… en leur promettant une chasse aux œufs “tout à l’heure”.

Je sonne. La porte s’ouvre.

Mme Michu me regarde comme si j’étais une apparition officielle du Vatican en direct du palier.

— « OOOOH Tof… vous travaillez aujourd’hui ?! » 😳

Dans ma tête, j’ai envie de dire non je me baladais et j'ai vu de la lumière...

Je souris.

— « Oui… comme les microbes.»

**7h32. Mme Michu.**

Elle me tend le lapin. Le vrai. Le beau. Le brillant.
— « Pour vos enfants, Monsieur Tof. »

Je le pose sur le tableau de bord. Sans réfléchir.

**8h10. Le diabétique.**

Ambiance cacao lourd et mauvaise foi.

— « J’ai mangé qu’un tout petit chocolat, promis ! »

La glycémie affiche un chiffre qui ressemble à un code postal de l'herault Je ne dis rien, j'ajuste l'insuline. C'est ça aussi, Pâques.

**8h45. Le patient Alzheimer.**

— « Ah vous êtes nouveau ? »
— « Ça fait 3 ans, Monsieur Paul. »
— « Ah bon… et vous travaillez aujourd’hui ? »

On ne sort jamais du thème. Même avec des troubles cognitifs il peut y avoir un soupçon de lucidité.

**9h20. Le patient MGEN.**

Là, on entre dans un autre monde. Il est assis. Droit. Concentré. Son carnet est ouvert, son stylo quatre couleurs est prêt.

— « Alors Monsieur Tof… j’ai plusieurs questions. »

Bien sûr. Un dimanche de Pâques. C’est le moment idéal pour une table ronde sur la pharmacopée.

— « Le traitement du matin, avant ou après le café ? »
— « Avant. » (Il note en bleu).
— « Le soir, avant ou après le repas ? »
— « Après. » (Il note en rouge).
— « Et le dimanche de Pâques ? »

Silence. Je le regarde.

— « Pareil. »

Il écrit. Lentement. Sérieusement.
« Dimanche : pareil. »

**9h40. Le grincheux.**

Je sonne.
Il ouvre déjà agacé.

— « Vous êtes en re**rd. »
— « Il est 9h40. »
— « D’habitude c’est 9h30. »

Pardon Gérard, j’étais en congrès international avec le MGEN.

**9h55. Le couple en grasse mat.**

Je sonne.

Rien.

Je resonne.

Toujours rien.

Puis j’entends du mouvement. Lent. Très lent.

La porte s’ouvre.

Deux visages.
Marqués.
Perdus....

— « Ah… vous êtes déjà là Tof ? »

**10h10. Simone.**

J’arrive.
Elle est déjà debout. Habillée. Organisation militaire.

Le gigot est en train de cuire.

— « Ah bon vous passez aujourd’hui ? »

Simone.
On se voit TOUS les jours.

**Le mirage de Paquette**

Pendant que je passe d’une maison à l’autre, je pense à demain.

À Paquette.
Le pique-nique.
Les enfants qui courent partout.
Les œufs cachés n’importe comment.
L’omelette géante où personne ne sait vraiment ce qu’il y a dedans… mais tout le monde est content.

Ma vie parallèle.
Celle qui commence quand la tournée s’arrête.

**10h12. Retour à la voiture.**

Moment critique. J’ouvre la portière. Je sens. Je sais.
Le lapin n’est plus un lapin. Il est devenu une flasque.
Il a coulé partout. Tableau de bord, frein à main, fiches de soins.

J’essaie de nettoyer. Erreur fatale : j’étale. Je transforme ma voiture en dessert officiel de pâques.
Mes mains collent, le volant colle, j'suis en dép !!! .

**10h45. Chez Mme Lopez.**

La famille est là. Rires. Odeur de gigot. Chocolats fins. La vie normale, quoi.

Et lui. **Jean-Eudes**. Toujours en forme dans son pull en cachemire.

— « Franchement… travailler aujourd’hui… moi je pourrais pas. »

Moi non plus, Jean-Eudes. Mais quelqu’un devait venir changer le pansement de ta grand-mère pendant que toi tu choisis entre le digestif et la sieste stratégique.

**11h30. Le couple discret.**

Petit appartement.
Silence.
Deux cafés sur la table.
Et deux petits œufs en chocolat.
Pas plus.

— « On n’a pas fait grand-chose cette année… Depuis le décès de notre fils... »

Je fais mon soin.
On parle un peu.
Simplement.
On écoute.

Parfois Pâques, c’est pas une grande tablée.
C’est juste deux personnes… et un peu de douceur.

**13h. Le point final.**

Dernier patient du matin. Calme. Simple. Humain.

— « Merci d’être venu aujourd’hui… ça m’aurait fait drôle sinon. »

Et là, tout redescend. Le chocolat fondu, le carnet MGEN, le diabétique en freestyle, le grincheux et même Jean-Eudes.

Tout s'efface.

Parce qu’au fond, on est là pour ce « merci ».

Je remonte dans la voiture. Je regarde le tableau de bord. C’est un champ de bataille marron.

Mais demain, c’est Paquette. Je cacherai les œufs, même fatigué. Je ferai l’omelette, même en re**rd. Et je raconterai cette journée entre deux éclats de rire.

Parce que le vrai miracle de Pâques, ce n’est pas la résurrection. C’est de finir sa tournée avant que l’omelette de Paquette ne soit froide.

Allez, force à vous les collègues ! Et n'oubliez pas : si ça colle au volant, c'est que c'est Pâques ! 💉🍫🍳

24/03/2026

Texte de TofTonStétho

"J’ai reçu un message ce matin d’une collègue qui a découvert l’horreur dans une maison.
Quelques mots. Pas de détails inutiles. Juste ce qu’il faut pour comprendre que sa tournée s’est arrêtée net, là, devant quelque chose qu’aucun soin ne peut réparer.

La mort par su***de, c’est une réalité chez les professionnels du domicile.
Une réalité dont on ne parle presque jamais.
Une réalité qui te tombe dessus sans prévenir… et qui te laisse seul.

Alors son message, je l’ai lu.
Et je l’ai reconnu.

Parce que derrière ses mots, il y avait une scène que beaucoup d’entre nous connaissent… ou redoutent.

Une porte qui ne répond pas comme d’habitude.
Un silence qui n’est pas le bon.
Cette seconde où ton instinct te dit que quelque chose ne va pas.

Et puis…

Tu entres.

Et là, il n’y a plus de soin.
Plus de technique.
Plus de cadre.

Juste l’humain face à l’impensable.

Le temps se suspend.
Le corps comprend avant le cerveau.
Et le cerveau, lui, essaie de rattraper.

“Qu’est-ce que je fais ?”
“Qu’est-ce que je dois faire ?”

Alors tu fais ce que tu peux.
Tu appelles.
Tu sécurises.
Tu tiens.

Professionnel jusqu’au bout des doigts… alors qu’à l’intérieur, tout vacille.

Et puis, la scène se termine.

Mais pas vraiment.

Parce que toi, tu repars.

Tu remontes dans ta voiture.
Tu regardes l’heure.
Tu as du re**rd.

Et la vie continue.

— “Bonjour, je viens pour le pansement.”
— “Ah parfait, je vous attendais.”

Tu souris.

Comme si ton monde ne venait pas de se fissurer.

Comme si ton cerveau n’était pas resté, là-bas, dans cette maison.

Tu enchaînes les soins.
Automatique.
Précis.
Professionnel.

Mais à l’intérieur, il y a autre chose.

Une image figée.
Un détail qui revient.
Une sensation qui ne s’explique pas.

Et le soir, quand tout se calme…

Ça ne se calme pas.

Le film redémarre.
Sans prévenir.
Sans bouton pause.

Tu te dis que ça va passer.
Tu te dis que tu es solide.
Que c’est “le métier”.

Alors tu n’en parles pas.

Parce que c’est trop lourd.
Parce que tu ne sais pas comment le dire.
Parce que tu as peur d’être incompris.

Et surtout…

Parce que tu es seul.

Seul avec une scène que personne d’autre n’a vue.
Seul avec une charge qui ne rentre dans aucune case NGAP.

Mais la vérité, elle est là, simple et brutale :

On n’est pas faits pour encaisser ça seuls.

Ce que tu ressens, ce n’est pas une faiblesse.
C’est une réaction normale à quelque chose d’anormal.

Ces images qui reviennent.
Ce sommeil qui se dérègle.
Cette boule dans la poitrine.

C’est ton cerveau qui essaie de digérer l’indigeste.

Et il n’y arrivera pas en silence.

Alors il faut parler.
Pas à tout le monde.
Mais à quelqu’un qui comprend.

Un collègue.
Un autre IDEL.
Quelqu’un du terrain.

Il faut sortir les mots, même maladroits.
Parce que garder ça dedans… ça enferme.

Il faut aussi accepter de ralentir.
Même un peu.
Parce qu’on ne repart pas indemne de ce genre de scène.

Et parfois, il faut aller plus loin.
Voir un professionnel.
Pas parce qu’on est fragile.

Parce qu’on est humain.

Et qu’on a vu quelque chose qui marque.

Et puis il y a cette phrase qu’on devrait se répéter, encore et encore :

Tu n’es responsable de rien.

Tu es arrivé après.
Tu as fait ce qu’il fallait.
Et tu portes aujourd’hui le poids… mais pas la cause.

Cette collègue, ce matin, elle n’allait pas bien.

Et c’est normal.

Ce qui ne serait pas normal…
Ce serait que ça ne lui fasse rien.

Parce qu’au fond, derrière la blouse, derrière le geste, derrière l’habitude…

On reste des humains qui entrent dans la vie des gens.

Et parfois…

dans leur dernier instant.

Alors la vraie question, aujourd’hui, elle est là :

Est-ce qu’on prend assez soin… de ceux qui soignent ?"

22/03/2026

Texte de TofTonStétho

"Qui cette semaine a envisagé de s’allonger en étoile sur le lino d’un cabinet médical ?

Les ordonnances…

Franchement… y’en a marre.

On travaille avec ce bout de papier comme si c’était une relique sacrée.

Alors que la plupart du temps… c’est un parchemin incomplet, griffonné à la va-vite, parfois digne d’un jeu de piste.

Je me demande souvent si on est infirmiers ou livreurs Deliveroo spécial ordonnance ?

6h42.

J’arrive chez mon patient.

— « Vous avez l’ordonnance pour le pansement ? »
— « Oui oui… elle est là… attendez… ah voilà… »

Je la prends.
Je regarde.
Je cligne des yeux.
Je re-regarde.

Pas de durée.
Pas de “à domicile”.
Pas de “à faire par IDE”.
Des soins flous.
Et là… le chef-d’œuvre :

“Pansement si besoin.”

Si besoin de quoi exactement ?

— De deviner ?
— De tirer les cartes ?
— D’appeler Madame Irma version NGAP ?

Et là… tu sais que ta journée vient à peine de de commencer et elle bascule en mode marathon administratif.

Alors tu souffles.
Tu montes dans la voiture.
Et tu pars… encore direction le cabinet médical.

Parking plein.
Tu te gares loin.
Très loin.
Entre une Audi, une BMW… et l'espoir de finir ta tournée à l’heure.

Tu marches.
Sac sur l’épaule.
Démarche de fin de journée… alors qu’il est 8h58.

Tu arrives.

La secrétaire te regarde.
Pas vraiment un regard.
Un scan IRM

Genre :

“Qu’est-ce qu’il veut lui, avec son sac et ses cernes ?”

— « Bonjour, je viens pour une régul’ d’ordonnance… »
— « Le docteur consulte. »
— « Oui mais c’est rapide… »
— « Revenez plus t**d. »

Bien sûr.
J’avais rien prévu de ma journée.

Alors tu expliques.
— « C’est juste la durée et le domicile, sinon je ne peux pas facturer… »

Regard en face :
mi-agacé, mi-“encore un infirmier relou”.

Tu souris.

Le sourire IDEL niveau 10.

Celui qui dit :
“Tout va bien.”
Mais qui pense :
“J'ai une envie furieuse d'envoyer valser l'agrafeuse de la dame qui me fait barrage comme si elle gardait Fort Knox.”

Pendant que tu quémandes un coup de tampon comme si tu demandais un rein,
Ginette t’attend et commence à t’insulter mentalement, Robert te harcèle parce qu'il a paumé sa télécommande pour la centième fois, et ton téléphone explose dans ta poche.

Il y a même la CPAM qui affûte déjà ses ciseaux dans l'ombre.

On connaît la chanson : si le tampon bave, si la date est décalée d'un millimètre ou si le docteur a oublié de signer en bas à droite, c'est pour TA pomme.

C'est la magie du système :

Le médecin oublie → rien
L’infirmier bosse → sanction

C’est le seul métier au monde où on te vole ton salaire parce qu'un tiers a oublié une virgule sur un papier.

Finalement…
Le médecin apparaît entre deux portes.
Il griffonne.
Sans lever les yeux.

Tu repars.
Avec ton ordonnance.
Comme si t’avais gagné Koh-Lanta.
Sauf que le totem, il sert juste à éviter qu’on te reprenne ton salaire dans 6 mois.

Et pourtant…
C’est simple.

Une ordonnance correcte, c’est :
— un soin
— “à domicile”
— “par IDE”
— une date
— une durée

👉 5 infos.

Dans la vraie vie, 2 ordos sur 3 sont des énigmes du Père Fouras.
Alors on court. On vérifie. On corrige. On supplie.

Fatigués ? Un peu.

Épuisés ? Beaucoup.

Passionnés ? Toujours... mais on aimerait bien que le cardio vienne de la salle de sport, pas du secrétariat médical.

Et vous les collègues ?

C’est quoi votre record cette semaine ?
— 5 km pour une signature ?
— 3 appels + 2 mails pour une date ?
— Ou le boss final : l’ordonnance “si besoin” écrite en freestyle total ?"

19/03/2026

Texte de TofTonStétho

"Ça ne vous est jamais arrivé, ça ?

Tu arrives pour un soin tranquille…
et tu tombes sur une réunion familiale complète.
Pas un apéro.
Pas une visite.
Non.

Une vraie réunion.
Avec public.
Sans ordre du jour.
Mais avec beaucoup d’interventions.

Ce matin-là, j’y vais confiant.

— « Pansement, injection, 15 /20 minutes, terminé. »

Je sonne.

La porte s’ouvre.

Je fais un pas…
et je comprends immédiatement que mon planning vient de basculer.

Ils sont tous là.

Le salon est plein.
Version salle de conférence.

Le patient est au centre.
Assis.
Calme.
Un peu comme s’il savait déjà que ça allait être long.

— « Bonjour… »

— « Ah, vous voilà ! On vous attendait. »

Le fameux “on”.
Celui qui annonce la suite.

Je pose ma sacoche.
Je regarde autour.

La fille aînée, bras croisés, regard “audit qualité”.
Le fils, téléphone déjà prêt, expert Google en chef.
La belle-fille, discrète… mais elle enregistre tout dans son disque dur interne.
La petite-fille, 6 ans, qui me regarde comme si j’allais faire apparaître une colombe.
Et bien sûr… Tatie, celle qui n’est pas de la famille mais toujours là.

Toujours là.
Toujours une remarque.
Toujours au bon moment.

Le patient soupire :
— « Laissez-le travailler… »

Je me lave les mains.

Silence.

Le silence des gens qui observent tout.
Même la friction SHA devient un spectacle.

Je sors le matériel.

Et là…
top départ.

— « C’est normal qu’il ait encore mal ? »
— « Vous mettez quoi exactement ? »
— « La dernière infirmière faisait pas comme ça… »
— « Vous êtes sûr que c'est le bon produit ? »

Je respire.
— « Je vais vous expliquer… »

Je montre.
Je traduis.
Je simplifie.

Le fils zoome presque sur ma main.
La fille analyse chaque geste.
La petite-fille se rapproche.

— « Ça va piquer ? »

— « Un petit peu… mais il est courageux ton papi. »

Le patient sourit.
Enfin quelqu’un qui parle de lui.

Je commence le soin.

— « Aïe… »
— « TU VOIS ! »
— « Je t’avais dit ! »
— « Papa dis si ça te fait mal ! »

— « Mais… c’est bon… »

Trop t**d.
Le débat est ouvert.

— « Sur Internet ils disent que… »
— « Oui mais moi je pense que… »
— « Et si on faisait autrement ? »

Et évidemment…
Tatie :

— « Moi je dis ça, je dis rien… mais bon… »

Moi, au milieu :

Pansement.
Injection.
Respiration contrôlée.

Je suis devenu infirmier,
pédagogue,
médiateur…
et animateur d’un talk-show médical en direct.

Franchement par moments…
tu as envie de mettre une cotation NGAP :
👉 AMI 1 : injection
👉 AMI 2 : pansement
👉 AMI 26 : gestion réunion familiale + commentaires parasites + pression psychologique légère

Je termine.

— « Voilà, c’est fini. »

Silence.

Je range.

Le patient me regarde :
— « Merci… et bon courage… »

Je souris :
— « À demain. »

Je sors.

Dans la voiture, je regarde l’heure.

15 minutes prévues.
35 minutes réalisées.

Non cotée NGAP.
Non majorée.

Mais soyons honnêtes.
Cette réunion de famille, ce n’est pas tous les jours.

La plupart du temps, il n’y a personne.
Ou juste le patient.
Ou un conjoint fatigué.
Ou une fille qui passe en coup de vent en disant :
— « J’vous laisse, j’ai laissé les clés sur la table. »

Et heureusement.

Parce que souvent, les familles sont là pour aider, pour rassurer, pour soutenir, pour faire le lien quand le patient n’y arrive plus.

Mais parfois…
Parfois, sans prévenir, le soin devient une assemblée générale extraordinaire comme aujourd'hui. "

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