01/01/2026
Il serait de bon ton que je vous adresse mes meilleurs vœux aujourd'hui mais… de plus en plus de personnes s'en détournent (moi la première, et depuis toujours je crois).
Depuis quelques années, le 1er janvier semble perdre de sa portée symbolique.
La date demeure, les usages aussi, mais le sentiment de passage réel s'amenuise.
Beaucoup éprouvent une forme de décalage : quelque chose est censé commencer, alors que rien, ni dans la nature ni dans le corps, ne semble véritablement basculer.
Cette impression s'inscrit dans un changement de paradigme plus large concernant notre rapport au temps.
Historiquement, le 1er janvier est une construction.
Il a été fixé pour des raisons administratives et politiques, afin d'unifier et de structurer la vie sociale.
Ce repère est efficace pour organiser les sociétés humaines, mais il ne correspond à aucun seuil naturel observable. Il marque une continuité comptable, non une rupture cyclique.
À l'inverse, le 21 mars, équinoxe de printemps, repose sur un fait astronomique précis. Le jour et la nuit y sont de durée égale. À partir de ce point, la lumière croît, la Terre entre dans une phase d'expansion, les cycles biologiques et physiologiques se remettent en mouvement.
Il s'agit d'un changement objectif, mesurable, partagé par l'ensemble du vivant.
Si un nombre croissant de personnes délaisse aujourd’hui la célébration du 1er janvier, ce n'est sans doute ni par désintérêt ni par lassitude festive.
C'est plutôt le signe d'un réajustement entre un temps linéaire, abstrait, normé, et un besoin croissant de repères plus cohérents avec les cycles réels. Un déplacement s'opère : du temps imposé vers le temps ressenti, du calendrier vers l'expérience.
Il n'empêche que je vous souhaite le meilleur, car le sens ne se souhaite pas à date fixe, mais se cultive au quotidien.