01/05/2026
Cher journ... HI HIII ! al pas très intime,
En 1987 à l'arrivée de la 6 et de, je crois, son boulevard des clips, j'ai été scotché. On n'avait pas MTV ma bonne dame, mais enfin on avait accès à ce qui n'existait presque pas chez nous : les clips de ouf. Enfin, pas les français hein non, ça c'était encore bien souvent filmé comme dans une émission de Maritie et Gilbert Carpentier et il faudra un peu de temps pour voir apparaître des trucs plus ambitieux via Mylène Farmer ou Jeanne Mas mais bon, toi jeune lectrice qui m'adore tu ne peux pas comprendre mon charabia, tu es trop jeune justement.
Toujours est-il qu'à l'époque j'ai découvert sur ma télé un peu brouillée parce que j'avais une antenne râteau de m*rde TROIS clips qui ont marquée mon enfance : Sledgehammer pour Peter Gabriel, Take on me pour illustrer A-hA et, dans une version courte certes, Thriller, pour Michael Hi-Hiii Jackson. J'avais 7 ans et je n'allais pas m'en remettre... Puis vinrent les albums, puis vinrent les autres clips, BAD avec un certain Blade... Liberian Girl et ses caméos de folie que vous devez revoir pour avoir un vrai concentré de 80's, puis plus t**d Black or White présenté au JT de TF1, bref, comme tout fan transit je trouvais tous les talents à ce qui était la plus grande star de l'humanité et même les choses plus que douteuses glissaient alors sur moi. J'ai GRANDI avec MJ dans les oreilles.
C'est donc avec toute la bonne volonté du monde que je me suis rendu à l'UGC avec femme et enfant, en moonwalk bien entendu, afin de voir à quelle sauce allait être servi la biographie de celui qui souvenez vous avait presque fait pleurer la Terre entière en 2009. Chacun profite de son premier mai comme il l'entend hein...
Et c'était... comment dire... Je crois que si les apôtres de Jésus (John, Paul, Georges et Ringo je crois) redescendaient sur Terre histoire d'aller voir Universal Picture pour proposer un scénario adapté du nouveau testament, ça ressemblerait un peu à "Michael". D'ailleurs, y'a bien un Joseph dans l'histoire même si je soupçonne celui-là d'être moins sympa que le type de la bible et le roi de la pop est à deux doigts de marcher sur l'eau de sa piscine.
Franchement, j'ai eu l'impression de voir "Playlist Spotify - le film" ce qui est bien mais pas top, mais en plus.....Non cher journal, je n'attendais pas de sujet trop "touchy" parce que faut pas froisser le tiroir-caisse... heu le fan, pardon, mais je crois que même Peter Pan de désolidariserais de l'entreprise car tout est passé sous silence à part quelques coups de ceinturons apparemment salvateurs pour transformer votre progéniture en génie de la musique (Prends ça dans les dents Maria Montesso !)
Et tu sais ce que je crois cher journal ? Qu'une bonne biographie, ça sait parler des génies comme des fous qu'ils sont forcément. Qu'une bonne biographie, ça sait aussi raconter son époque. Qu'une bonne biographie, ça n'est pas juste un concours de sosie à 150 millions pour espérer se faire nommer aux oscars... Amusant d'ailleurs que le film commence par une évocation de "Wanna be starting something", chanson pour laquelle MJ s'est fait épingler pour plagiat (Ecoutez Manu Dibango) comme si son réalisateur, Antoine Fuqua, dont le premier film il y a bien longtemps était un éhonté plagiat du style John Woo alors en vogue, allait nous prévenir qu'on nagerait en pleine copie de copie de copie...
Michael danse comme un Dieu parce que, Michael va voir les enfants malades à l'hôpital, Michael attend que les chansons lui tombent du ciel (sérieusement) et Michael est ami avec les animaux de la forêt... bo**el, même Blanche Neige le trouverait un peu trop cucul sur les bords notre ami MJ.
Bien entendu, sa famille impliquée dans la prod a le beau rôle, sauf le daron mais, l'histoire est si connue et actée qu'elle était difficilement dissimulable et qu'il faut bien un grand méchant loup avec des airs de prof dans Whiplash, film "musical" autrement plus fréquentable.
Oui, je sais, tu vas me dire que c'est du cinéma, pas un documentaire, qu'il faut bien embellir et qu'après tout, on vient là pour se rappeler des souvenirs et se faire un p'tit karaoké (très déçu qu'on ait pas eu les paroles en sous-titre d'ailleurs) mais je te répondrais que justement, non, ce n'est pas du cinéma car le cinéma raconte quelque chose... Ici on ne raconte rien. Est-ce que Michael Jackson était une star qui faisait s'évanouir un bon tiers de son public ? Oui. Est-ce qu'il était nostalgique d'une enfance qu'il n'a jamais eu ? Sans doute. Est-ce qu'il a souffert d'un père abusif, c'est documenté. Mais de la manière dont tout cela est traité ou non, il ne ressort rien de bien intéressant sur la psychologie d'un mec qui était tellement torturé que ça le rendait génial et "probablement" malsain au quotidien.
Comme je suis vieux cher journal. Vieux et grincheux de ne pas m'extasier d'une page de pub de deux heures pour un prochain best-of à vendre... Je ne suis pas une autorité, pas un influenceur qui sait tout, juste un spectateur qui a payé sa place parce que j'suis pas assez connu et qu'ça va pas s'améliorer à priori. Michael Jackson pour un type comme moi c'est un morceau d'enfance, une cicatrice culturelle, pas le porte-monnaie d'une famille qui se donne un si beau rôle même si, finalement, le meilleur personnage est sans doute Janet Jackson... absente.
J'te laisse, et bonne fête des travailleurs à toi ;)