27/01/2026
Cette nuit, une loi interdisant l’utilisation des réseaux sociaux aux moins de 15 ans vient d’être votée.
Au-delà du fait qu’une interdiction est, dans les faits, facilement contournable, cette décision s’inscrit une nouvelle fois dans une logique bien connue : celle qui fait des « méchants écrans » les responsables de l’ensemble des difficultés rencontrées par les jeunes.
Pourtant, les études de référence sur le sujet sont bien plus nuancées, une réalité que nous retrouvons également chaque jour dans nos pratiques cliniques.
Oui, l’usage des réseaux sociaux peut avoir un impact sur le sommeil, la santé mentale, l’image du corps ou encore les phénomènes de harcèlement.
Mais cet usage n’est qu’une dimension parmi d’autres de la vie d’un adolescent, aux côtés du contexte familial, scolaire, social et affectif.
Penser que le numérique, à lui seul, expliquerait la souffrance psychique des jeunes revient à simplifier à l’extrême une réalité bien plus complexe.
Le rôle des familles reste central dans la construction d’un cadre sécurisant, où le numérique trouve une place pensée, accompagnée et discutée, plutôt qu’une stricte restriction ou une interdiction arbitraire.
Cela suppose une véritable éducation au numérique, non seulement pour les enfants, mais aussi pour les parents et les professionnels.
Enfin, un enjeu majeur demeure largement sous-estimé : la responsabilité des plateformes elles-mêmes, qu’il s’agisse de la captation de l’attention, des algorithmes ou de l’exposition répétée à des contenus sensibles.
Interdire est une réponse trop simpliste.
Comprendre, accompagner et réguler apparaît bien plus pertinent.
Et vous, que pensez-vous de cette loi ?