Martine Miesch Sophrologue Praticienne

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«Nous n'aimons jamais vraiment quelqu'un. Nous aimons uniquement l'idée que nous nous faisons de ce quelqu'un. Ce que no...
25/08/2025

«Nous n'aimons jamais vraiment quelqu'un. Nous aimons uniquement l'idée que nous nous faisons de ce quelqu'un.
Ce que nous aimons, c'est un concept forgé par nous - et en fin de compte, c'est nous-mêmes.»

Fernando Pessoa, LE LIVRE DE L'INTRANQUILLITÉ

" Le Christ n’était pas un homme doux au sens mièvre du terme. Il n’était pas là pour faire plaisir. Il n’était pas venu...
25/08/2025

" Le Christ n’était pas un homme doux au sens mièvre du terme. Il n’était pas là pour faire plaisir. Il n’était pas venu pour préserver les apparences. Il était la lumière et la lumière ne négocie pas avec l’ombre.

Il ne parlait pas avec des gants. Il n’adoucissait pas sa parole pour ne pas heurter. Il ne disait pas :
“Je t’envoie de l’amour” à ceux qui le trahissaient en secret. Il disait :
"Race de vipères", il disait :
"Vous avez des yeux mais vous ne voyez pas".

Ce n’était pas de la violence, c’était la présence tranchante de l’Esprit incarné. Une parole qui ne cherche ni à séduire ni à se faire accepter mais qui voit, qui nomme, et qui libère.

Il n’a pas été tendre avec ceux qui jouaient la pureté tout en cultivant la domination. Il n’a jamais été mielleux face aux religieux du paraître, ni silencieux devant les manipulateurs du sacré.

Il a retourné les tables, dénoncé les marchands du temple. Il a nommé les faux sages, les hypocrites, les voiles cousus sur des regards vides. Il n’a pas cherché à conserver l’harmonie sociale.

Il a incarné la vérité, au prix du confort, au prix de la sécurité et surtout au prix de toute image à protéger.

On l’a crucifié, justement, parce qu’il refusait de se plier aux codes du pouvoir religieux. Parce qu’il ne flattait pas les élites spirituelles de son temps. Parce qu’il osait faire face, les yeux dans les yeux, à ceux qui prêchaient la lumière tout en servant l’obscur.

Et son message a été dévoyé, transformé pour qu’au lieu de se relier à l’Esprit vivant, on se soumette à une autorité extérieure. On a fait de lui une idole à adorer, plutôt qu’une présence à incarner. On a dit "obéis", là où il disait :
“Relève-toi et marche.”

On a appelé "foi" ce qui n’était que soumission et "amour" ce qui n’était que peur de l’enfer. Et dans cette inversion, beaucoup ont abandonné leur liberté intérieure au nom d’un Dieu qu’ils n’ont jamais senti en eux.

Mais le feu du Christ ne demande pas la soumission. Il appelle à la souveraineté consciente. À la vérité qui libère même si elle dérange, même si elle brûle.

Le vrai amour ne pactise pas avec le mensonge, il ne s’habille pas de coton. Il voit clair et il aime assez fort pour ne pas taire ce qu’il voit.

Il était vivant. Et c’est parce qu’il était entier qu’il a pu porter la vérité jusqu’au bout, sans jamais la déguiser pour plaire. "

Alexandra Éliéza

👉 As-tu déjà quitté quelqu’un que tu aimais encore ? ⁣Je te quitte… mais pas parce que je ne t’aime plus. ⁣Parfois, choi...
25/08/2025

👉 As-tu déjà quitté quelqu’un que tu aimais encore ?

Je te quitte… mais pas parce que je ne t’aime plus.

Parfois, choisir de partir, c’est choisir de grandir. C’est une étape vers un bonheur plus authentique, un respect de soi et de l’autre. Notre histoire a compté, elle a eu du sens… mais il est temps pour chacun de nous d’avancer dans des directions différentes.

Parce qu’aimer, c’est aussi savoir se dire au revoir avec tendresse.

C'est un flux, un courant- que dis-je, un tourbillon ! C'est une houle d'émotions, un va-et-vient de constantes pression...
25/08/2025

C'est un flux, un courant- que dis-je, un tourbillon !
C'est une houle d'émotions, un va-et-vient de constantes pressions, un état d'hypervigilance, que l'on connaît par-coeur mais qui ne dit pas son nom.
Rarement la charge mentale n'aura été si bien décrite que dans MRS DALLOWAY, de Virginia Woolf.
À peine ouvre-t-on ce roman que l'on est plongé, le temps d'une journée, dans les milliers de pensées qui assaillent et engloutissent une femme d'une cinquantaine d'années.
Elle s'appelle Clarissa Dalloway, cette Londonienne très distinguée. Et cette journée de juin 1923, n'est pas tout à fait comme les autres :
Elle organise une réception où même le Premier ministre est invité.
Il y a tant de choses à faire et à penser.
Les fleurs qu'il faut acheter, le dîner, les mondanités, les rôles d'hôtesse, d'épouse, de mère, qu'elle sait si bien interprèter.
Et puis des ombres et des fantômes, qui pointent le bout de leur nez sans même qu'on les ait convoqués.
Il y a les amours d'hier et d'avant-hier qu'on n'a pas oubliées. Il y a le temps qui passe trop vite. Il y a aussi ce jeune homme qui ne s'est pas remis de la guerre et dont elle apprend qu'il s'est suicidé.
Elle en est bouleversée. À quoi pense Mrs Dalloway ?
À tout ça en même temps. Alors qu'elle marche dans la rue, qu'elle salue sa voisine, qu'elle est entrain de choisir des fleurs. Ce sont des éclairs qui lui passent par la tête et qui la maintiennent dans une détresse aussi diffuse que discrète.
Si Virginia Woolf écrit son roman des décennies avant qu'on ait mis des mots sur la charge mentale, elle capte justement l'impensé.
Vous vous en doutez :
Si aujourd'hui encore, on a bien du mal à en parler, ces choses-là n'existent pas dans la bourgeoisie anglaise du début du siècle dernier. On n'y pense même pas.
Et regardez comme elle cache bien son jeu, Mrs Dalloway !
Toujours en représentation, souriante et raffinée, légère ou grave, selon l'occasion.
Jamais elle ne se plaint, trop occupée à anticiper les besoins et désirs de chacun.
Après tout, le principe même de la charge mentale, c'est qu'elle ne se voit pas. Si bien qu'à part le lecteur, personne ne saurait deviner la solitude, l'épuisement, le sentiment de vacuité, qui l'habitent en ce jour de juin 1923.
Le génie de l'autrice consiste précisément à nous faire entrer par effraction, dans le chaos intérieur de Clarissa Dalloway.
Elle y parvient en adoptant une écriture et un point de vue d'une radicale modernité.
À chaque phrase on est traversé par le flot pensées multiples et simultanées qui saturent ses personnages. On creuse dans leur psyché comme on creuserait des galeries souterraines. On voit surgir entre eux, des liens insoupçonnés.
Et voilà qu'on se reconnaît aussi curieux que cela puisse paraître, dans un personnage qui a un siècle passé.
Mrs Dalloway n'est pas là pour nous apaiser mais pour mettre en lumière tout ce qu'on ne dit pas. Tout ce que personne ne voit. Tout ce qui se passe en vérité, au plus profond de soi.

Psychologies

Teresa Wilms Montt : la femme qui n’était pas adaptée aux « jeunes filles »« Je m’appelle Teresa Wilms Montt, et je ne s...
25/08/2025

Teresa Wilms Montt : la femme qui n’était pas adaptée aux « jeunes filles »
« Je m’appelle Teresa Wilms Montt, et je ne suis pas adaptée aux jeunes filles. »
C’est ainsi qu’elle se présenta au monde — l’une des voix les plus rebelles et lumineuses de la littérature chilienne du XXᵉ siècle.
Elle est née en 1893, dans une société qui dictait comment une femme devait vivre.
Mais elle n’a obéi à personne. Ni à sa famille, ni à l’Église, ni aux hommes.
Elle fut mariée à 17 ans sans son consentement. Elle tomba amoureuse d’un autre homme et fut accusée d’adultère.
Elle fut enfermée dans un couvent, séparée de ses filles. Mais elle s’échappa.
Elle s’enfuit avec le poète Vicente Huidobro.
Elle écrivit des poèmes en prose, des nouvelles, des journaux déchirants. Elle aimait librement.
Elle vécut à Buenos Aires, Madrid, New York et Paris.
Toujours en avance sur son temps. Toujours incomprise par son temps.
Elle sympathisait avec l’anarchisme. Elle publia cinq livres. Elle parlait trois langues.
Elle était brillante, élégante, provocante. Les intellectuels la louaient, mais sa famille la condamnait.
La société ne savait pas quoi faire d’une femme qui n’avait pas besoin de permission pour exister.
Ils ont essayé de la faire taire. Et elle a crié.
Ils ont essayé de la dompter. Et elle a écrit.
Ils ont essayé de l’enfermer. Et elle a cherché la liberté.
Ils ont essayé de la tuer. Et elle a donné la vie.
Mais elle fut aussi frappée par la solitude, par la perte, par un monde qui n’était pas prêt pour une femme comme elle.
Elle est morte à Paris, la veille de Noël 1921. Elle n’avait que 28 ans.
C’était sa troisième tentative de su***de.
Avant cela, elle avait réussi à se réunir avec ses filles, même si elle ne pouvait pas les garder avec elle.
Teresa Wilms Montt n’était pas une martyre. Elle était une flamme.
Une femme qui vivait à contre-courant, qui brisait le moule, qui avait le courage de dire :
« Je ne suis pas adaptée »,
non pas comme une confession, mais comme une bannière.
Et dans cette phrase, de nombreuses femmes — même aujourd’hui — se reconnaissent.
Parce que parfois, être inadaptée est la seule manière d’être libre.

25/08/2025

Dans Houria, de Mounia Meddour, l'actrice s'en sort grâce à la danse. Une ode à la liberté et à la solidarité. Magnifique!

De tous les remords de l'homme, le plus cruel peut-être est celui de l'inaccompli.Le temps, ce grand sculpteur de Margue...
25/08/2025

De tous les remords de l'homme, le plus cruel peut-être est celui de l'inaccompli.

Le temps, ce grand sculpteur de Marguerite Yourcenar.

"Cinq concepts pour prendre du recul et penser le travail.Par Alan de Broeck1)L'intelligence d'action d'Aristote. Il s'a...
25/08/2025

"Cinq concepts pour prendre du recul et penser le travail.
Par Alan de Broeck

1)L'intelligence d'action d'Aristote. Il s'agit de faire le bon choix au bon moment. Ce qui n'interdit pas le risque ni n'exclut le danger. Il est nécessaire de s'entraîner à voir le risque comme une opportunité et non comme une menace. Attendre le risque zéro pour agir est vain et peut mener à l'inertie totale.

2) Être habile au sens de Pascal. Selon le philosophe, certains individus sont habiles et d'autres sont demi habiles. En d'autres termes, respectivement, les stratèges véritables et les ersatz de stratèges. Le demi habile a un sens critique, il est intelligent mais l'individu habile le dépasse.
Ce dernier ne va pas seulement voir l'intention, le but et l'idéal. Il va chercher le sens et les raisons d'une action. Par exemple, faut-il toujours suivre les lois et coutumes d'une organisation? Quand les naïfs pensent que la loi est la justice, les demi-habiles disent que la loi peut être injuste dans certains cas (sens critique) et peuvent la remettre en question.
Et les habiles? Ils respecteront ce qui est institué, non par résignation (comme les naïfs) mais parce qu'il est préférable de respecter les lois parce qu'une justice imparfaite vaut mieux qu'un chaos ou une guerre civile.

3) La justesse au sens de Pascal. Cette justice c'est l'esprit qui concilie finesse et géométrie. L'esprit fin juge d'un seul regard. L'esprit de géométrie procède progressivement et cherche le détail. C'est comme cela qu'il traite rationnellement les choses. À l'esprit de géométrie revient l'intelligence cérébrale. À l'esprit de finesse revient l'intuition.
La justesse selon Pascal, c'est l'alliance des deux. Cette alliance est rare mais précieuse.
«Il existe deux excès: exclure la raison et n'admettre que la raison», a dit le philosophe.

4) Un conseil de Michel de Montaigne pour réussir vos actions: ne pas se jeter sans cesse en avant dans un processus finalisé qui est un asservissement de la liberté. Les entreprises acculent les salariés d'objectifs démesurés et nombreux! Objectif 2017, 2018 et cetera...
L'astuce consiste à faire en sorte que l'activité ne se jette pas sans cesse en avant, vers un nouveau but mais qu'elle soit à elle même sa propre fin. Il faut pour cela se concentrer sur l'action davantage que sur l'objectif à atteindre.
Exemple? Dans le sport, si je vise absolument le drapeau (l'objectif) je crains de ne pas l'atteindre (pression, stress) et je le manque de peu.
«Il n y a pas d'espoir sans crainte», disait Spinoza.
Si je me concentre sur la belle action, le beau geste, la perfection de mon mouvement davantage que sur l'objectif à atteindre, j'atteindrai d'autant mieux la cible.
Car je suis dans l'instant présent, dans la pleine conscience de mon acte et non dans une projection anxiogène.

5) Comment être libre en entreprise? Conseil de Spinoza : être libre n'est pas faire ce que l'on veut mais savoir ce que l'on fait. Comprendre la nécessité de ce qui nous entoure (les chaînes, les normes, et les contraintes dont on ne peut se défaire) pour moins la subir.
Comprendre, c'est se libérer. Se libérer n'est pas s'affranchir, mais c'est devenir la cause adéquate des effets que l'on souhaite produire."

«Socrate au pays des process», Julia de Funès, Flammarion.

PS: je rajoute ici le sixième concept : (de Jacques Passicot)

à savoir l'intelligence d'Ulysse, "l'homme aux mille tours", la Métis, l''intelligence du chasseur, du pêcheur, de celui qui s' adapte à la situation, qui sait saisir le Kairos, le moment favorable, en un mot l'intelligence rusée des Grecs antiques."

En revanche, je n'ai jamais avancé l'affirmation, qu'on m'attribue souvent, suivant laquelle l'interprétation des rêves ...
25/08/2025

En revanche, je n'ai jamais avancé l'affirmation, qu'on m'attribue souvent, suivant laquelle l'interprétation des rêves révélerait que tous les rêves ont un contenu sexuel ou se ramènent à des forces pulsionnelles sexuelles.

Sigmund Freud. Présenté par lui-même

Image Marie

« Prier, c’est se dénuder, se dévêtir de soi, quitter toute affectation et  s’abandonner dans la confiance. Et laisser t...
25/08/2025

« Prier, c’est se dénuder, se dévêtir de soi, quitter toute affectation et s’abandonner dans la confiance.
Et laisser tout tomber ; rôles, attentes, craintes et tracas, pour être simplement présent, ouvert, pour vivre nu, sans armes, donné comme un enfant. »

Alexandre Jollien

« La joie est un besoin essentiel de l'âme. Le manque de joie qu'il s'agisse du malheur ou simplement d'ennui, est un ét...
25/08/2025

« La joie est un besoin essentiel de l'âme. Le manque de joie qu'il s'agisse du malheur ou simplement d'ennui, est un état de maladie où l'intelligence, le courage et la générosité s'éteignent.
C'est une asphyxie. La pensée humaine se nourrit de joie.»

▬ Simone Weil

Penser l'injustice, sublimer l'impuissance par l'action, trouver le courage de tenir debout dans un monde qui ne tourne ...
25/08/2025

Penser l'injustice, sublimer l'impuissance par l'action, trouver le courage de tenir debout dans un monde qui ne tourne pas rond, sauvegarder ce qui nous unit : voilà les sujets concrets qui mettent la philosophe et psychanalyste Cynthia Fleury au centre du débat intellectuel. Professeure au Conservatoire national des arts et métiers, cette hyperactive dirige également la chaire de philosophie à l'hôpital Sainte Anne et à participé au comité de gouvernance de la Convention citoyenne sur la fin de vie. Autant dire que c'est une intello qui a les pieds et mains dans le cambouis du réel !
Peut-être avez-vous lu : " Un été avec Jankelevitch", son petit livre sur la pensée du philosophe ?
Après avoir notamment creusé les questions du courage, des pathologies de la démocratie ou du ressentiment, elle propose aujourd'hui une réflexion articulée sur la dignité : " La clinique de la dignité ", notion mise à mal par les crises de l'époque et qui se trouve au cœur de toutes les colères actuelles. Avec encore et toujours, la volonté constante de trouver des pistes vers le mieux, au niveau intellectuel et collectif.
LA DIGNITÉ. ON EN PARLE BEAUCOUP MAIS ON A DU MAL À LA DÉFINIR. COMMENT CE MOT EST-IL VENU À OCCUPER TANT DE PLACE DANS L'ESPACE PUBLIC ?
Ce mot est associé aux mouvements des marges et de la lutte pour les droits civiques des années 1960.
Aujourd'hui la Gay Pride, les mouvements Black Lives Matter, revendiquent le terme quelques années après la génération Stéphane Hessel et son manifeste " Indignez vous!". Cette idée que " nos vies valent quelque chose ", était au centre des Gilets jaunes, mais aussi des manifestations qui ont eu lieu lors du passage de l'âge de la retraite à 64a. Et au cœur des révoltes de juillet à la suite de la mort du jeune Nahel à Nanterre.
Le mot dignité est la manière actuelle d'exprimer à la fois une sensibilité et une revendication. On parle aussi de fierté ( pride), ou de droit à la dignité.
POURQUOI CE MOT LÀ EN PARTICULIER ?
Parce qu'une peur coriace de tomber en situation d'indignite s'installe chez chacun.
Le ressenti devant l'explosion des inégalités était déjà extrêmement fort, mais on a désormais franchi un pas de plus dans le sentiment que la modernité peut aller de pair avec le risque systémique de tout perdre et de basculer dans une vie invivable et en un mot, indigne.
EST-CE LE SIGNE D'UN MANQUE GRANDISSANT DE RESPECT DE L'INDIVIDU, OU DU FAIT QUE NOUS SOMMES PLUS INTOLÉRANTS AUX MALHEURS DE LA VIE ?
Les deux. D'un côté, il existe une fabrique systémique et globale de l'invivable et des conditions de vie indignes - que l'on pense aux vies déplacées, au risque qui pèse sur chacun de subir un licenciement brutal,une catastrophe écologique ou tout autre drame qui brise l'existence. C'est une RÉALITÉ OBJECTIVE.
De l'autre côté, l'une des conquête de la modernité, dans nos démocraties, est un plus grand respect des individus et de leurs droits, quelles que soient leurs singularités, différences ou vulnérabilités.
Cela fait évidemment bouger le seuil de tolérance vis-à-vis de la dignité. Et rend chacun de plus en plus sensible aux manquements.
VOUS ÊTES AUSSI PSYCHANALYSTE. COMMENT CE PHÉNOMÈNE S'EXPRIME- T-IL SUR LE DIVAN ?
Par le sentiment de ne pas être respecté, d'être aliéné, humilié, méprisé...Ces termes reviennent souvent.
Jour après jour, je constate l'impact clinique de ce sentiment terriblement corrosif pour l'individu. Malade de se sentir pris dans le piège d'une vie indigne et qui va à rebours de ce qu'il attendait de la modernité.
ON VOUS SENT RÉVOLTÉE PAR L'INJUSTICE. MAIS AUSSI MÉFIANTE VIS-À-VIS DE L'INDIGNATION SYSTÉMATIQUE. POURQUOI ?
Parce que là rhétorique de l'indignation nécessite d'être entendue, mais aussi transformée en action politique et collective pour œuvrer à créer des relations dignes avec autrui et des conditions de vie dignes.
C'est déterminant.
Sinon, le risque est grand de basculer dans une plainte qui viendra alimenter le ressentiment, la haine parfois, et peut-être des affrontements justifiant les pires violences.
QUE SERAIT UNE VIE DIGNE?
Une vie composée de relations dignes avec les autres, et au sein de son travail.
Habiter dans des lieux dignes de l'être, pas pollués, pas toxiques, etc.
Les individus la revendiquent de plus en plus. Parce qu'ils ont " deconstruit" les notions de liberté et d'égalité en expérimentant chaque jour qu'ils ne se sentent ni libres ni égaux.
En revanche, ils résistent avec cette idée de l' irréductible dignité de leurs êtres, non négociable. Qui est, en somme, ce qu'on ne peut pas leur voler !
Ensuite à partir de cette reconnaissance symbolique inaliénable, ils repartent à nouveau à la conquête des droits concrets, matériels, de cette dignité.
VOUS EXPLIQUER POURTANT QU'IL NE FAUT PAS TROP IDÉALISER CETTE NOTION.
Oui, parce que ce désir individuel légitime se cogne fatalement au réel.
Dans mon livre je mets en garde sur la protection de sa propre santé psychique en rappelant que quoi qu'il se passe dans la réalité extérieure, notre dignité n'est pas dépendante des circonstances, mais qu'elle est irréductible et inaliénable. Le premier pas pour chacun est de parvenir à le comprendre.
C'EST CE QUE VOUS RAPPELEZ À VOS PATIENTS ?
Oui. Mon travail est de partir de leur récit pour déployer le plus possible de dynamique résiliente, et de les aider à restaurer ce sentiment de dignité en eux malgré ce qu'ils traversent. On essaie de créer une ligne symbolique protectrice entre ce qu'ils vivent, qui est insupportable et leur donne le sentiment de ne pas être respectés, et le fait qu'ils sont ontologiquement respectables.
Ce travail de discernement et de distanciation permet de comprendre comment l'irrespect venu d'autrui, en dit plus sur sa nature à lui, que sur la nôtre !
Lorsque peu à peu je parviens à intégrer que ce n'est pas mon statut social, la place que me laisse ou non la société, qui fait la dignité de mon être, alors c'est UNE FORCE, sur laquelle je peux m'appuyer.
Et à partir de ce moment là, je peux déployer une lutte politique, pour conquérir ou maintenir des droits concrets.
ON A LE SENTIMENT QUE CERTAINES VIES SONT CONSIDÉRÉES COMME DIGNES D'ÊTRE SECOURUES, QUAND D'AUTRES NE LE SONT PAS, COMME CELLES DES PERSONNES QU'ON LAISSE SE NOYER DANS LA MANCHE. EN QUOI CET ABANDON NOUS CONCERNE TOUS EN TANT QU'ÊTRES HUMAINS ?
Parce que c'est une atteinte directe à la dignité de chacun.
On ne défend pas sa dignité en se battant pour soi seul, isolé dans son coin, mais en luttant pour préserver des relations dignes avec les autres. Ma propre dignité passe aussi par celle des autres, cela se joue dans une interaction permanente avec le monde.
Et quand on touche chaque jour à la dignité des hommes, c'est l'idée même de dignité qui vacille, celle de tous.
MOURIR DANS LA DIGNITÉ.
N'EST-CE PAS UNE REVENDICATION LÉGITIME QUI RISQUE D'ÊTRE PERVERTIE?
SI PAR EXEMPLE L'ÂGE VENANT, ON NE SE SENT PLUS DIGNE DE VIVRE, OU SI LA SOCIÉTÉ NE VOUS EN JUGE PLUS DIGNE ?
Tout peut toujours être perverti. Nous aurons à la fois des individus défendant leur dignité, par le fait de revendiquer une aide active à mourir, dans un respect profond de leur consentement, et nous aurons aussi des individus pris dans le piège du " conditionnement " sociétal avec une interiorisation forte de l'idée de " vies dignes " d'être vécues, sous entendues " performantes ", et donc voulant abréger leur vie pour ne pas peser sur leur famille.
La rédaction des directives anticipées ne résout pas tout. Nous le savons parfaitement, les sensibilités varient en fonction des contextes, et quantité de patients en soins palliatifs racontent à quel point ils tiennent encore à la vie. La vie est digne d'être vécue jusqu'au dernier souffle.
QUEL DÉCLIC VOUS A POUSSÉ À DEVENIR PSYCHANALYSTE ?
J'AI commencé une analyse à 17a. Sans aucun désir de devenir analyste. C'est venu bien plus tardivement quand j'ai compris que ce qui se déposait de plus en plus souvent sur le divan n'était pas tant le roman familial, la généalogie ou le passé, mais le roman sociétal : la souffrance au travail, le sentiment de l'absurdité d'un monde qui malmene le vivant, l'angoisse face au réchauffement climatique, la peur devant la démographie galopante...
J'ai fait le lien avec mon travail philosophique et politique, et cela m'est appparu comme une évidence. Sur le divan on capte la vérité du politique à travers ce que chacun vit chaque jour par la chair, l'esprit, l'âme, le cœur. C'est la réalité du monde qui se raconte. Et celle très aiguë, du rêve démocratique.
CITANT UNE ÉTUDE SUR LES EGOUTIERS, VOUS ECRIVEZ QUE " NOS DIGNITÉS REPOSENT SUR LE SALE BOULOT DE LA PLUPART ".
POURQUOI LA DIGNITÉ VOUS TOUCHE- T-ELLE AU POINT D'Y CONSACRER UN LIVRE?
Cette réflexion sur " le SALE boulot", nous ne pouvons l'esquive : soit le fardeau du sale boulot doit être mieux réparti, soit il nous faut inventer une nouvelle façon de le concevoir et l'exécuter. Mais dans les deux cas, cela relève d'un " prendre soin ".
N'oublions pas que si une personne arrive à se tenir debout dans le monde, c'est principalement grâce aux soins qu'on lui à apporté.
Or, en portant soin aux personnes, on leur donne aussi les moyens de porter soin à un système beaucoup plus grand qu'eux et qui s'appelle la démocratie.
Le soin, c'est la matrice de la préservation de l'individu mais aussi de l'état de droit.
Chaque jour je mesure le travail nécessaire pour garder vivant ce désir de démocratie.

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