22/12/2025
Les mères qui regrettent d'avoir eu un enfant.
Il existe des mères qui regrettent d’avoir eu un enfant.
Cette réalité choque parce qu’elle contredit le récit idéalisé de la maternité, mais la nier ne protège personne.
Le regret n’est pas toujours dirigé contre l’enfant. Il est souvent dirigé contre une situation psychique : une grossesse vécue comme une intrusion, un accouchement traumatique, une solitude affective, une pression sociale ou religieuse écrasante, une histoire personnelle déjà blessée. Dans ces cas, l’enfant devient le symptôme visible d’un effondrement intérieur plus ancien.
Ce que beaucoup appellent « regret » est en réalité une dissociation émotionnelle. La mère fait ce qu’il faut, s’occupe, nourrit, protège, mais intérieurement quelque chose s’est fermé. Non par méchanceté, mais par surcharge psychique. Quand la culpabilité s’ajoute au silence, la souffrance s’enkyste.
Le vrai danger n’est pas d’admettre ces sentiments.
Le vrai danger est de les refouler, car un non-dit chronique finit toujours par se transmettre : dans le regard, dans la distance affective, dans la dureté ou l’indifférence.
Comprendre ces mécanismes n’excuse pas la négligence, mais permet la réparation. Une mère qui met des mots justes sur ce qu’elle vit peut réapprendre à aimer sans se forcer, et un enfant peut être protégé d’une blessure qu’il ne comprendrait pas.
La guérison commence là où le tabou s’arrête.
KABEYA - Institut de la Mémoire