15/12/2025
Lady Gaga vient de donner une masterclass relationnelle. Et ce n’était pas prévu au programme.
On dit souvent the show must go on.
Ce week-end, sur scène, Lady Gaga a fait autre chose.
Sydney, concert sous la pluie. Un de ses danseurs glisse, tombe de la scène. Et là, elle arrête tout. La musique. Le déroulé prévu.
Elle ne fait pas comme si de rien n’était. Elle porte son attention là où c’est juste : la relation avec ses danseurs et la relation avec son public.
« Are you okay ? »
Elle va vers lui, s’assure qu’il va bien, prend soin, prend le temps.
Et à ce moment-là, une évidence : le spectacle ne s’est pas arrêté. Il est devenu vrai.
La vie est entrée dans le spectacle, avec l’imprévu et surtout avec le lien.
Et franchement, l’intensité était encore plus forte. Pas malgré ce qui s’est passé. Parce que ça s’est passé.
Ça me fait réfléchir.
Aujourd’hui, on pense souvent qu’il faut faire mieux. Mieux tenir. Mieux maîtriser. Mieux lisser.
Mais il y a un piège là-dedans.
Il y a une vraie différence entre vouloir être mieux pour soi et vouloir paraître mieux pour l’autre. Ce n’est pas la même intention. Et ce n’est pas le même endroit intérieur.
À force de vouloir gommer l’imprévu, la maladresse, ce qui échappe au contrôle, on croit améliorer ce qu’on montre. Mais parfois, on se trompe de combat.
Ce qu’on perd, ce n’est pas la qualité. C’est le lien. Et parfois, c’est soi.
En psychologie, on le sait : le lien ne se crée pas avec du parfait. Il se crée avec du vivant.
Sinon, on fabrique des relations propres, mais artificielles, qui ne nourrissent rien.
The show must go on.
Peut-être.
Mais ce que je sens surtout, là, en écrivant ça,
c’est la liberté que l’on s’offre le jour où l’on arrête de se gommer.
Ce que j’aime avant tout c’est l’envie d’être là.
De laisser respirer ce qui est vrai, même quand ce n’est pas très présentable.
À défaut d’être parfait,
faire que ça respire vrai.
Et voir ce que ça change.