16/12/2025
Si ta fille pense,
si elle hésite,
si elle ne répond pas assez vite à « tais-toi et obéis »,
on dira qu’elle dysfonctionne.
On la testera.
On la classera.
On la médicalisera.
TDAH, dys, trouble de l’attention —
traduction :
elle dérange.
Alors on lui mettra des pilules
pour qu’elle tienne assise,
pour qu’elle se taise,
pour qu’elle rentre dans la ligne.
Les petits garçons aussi,
mais eux on leur pardonne plus t**d.
Puis viendra la puberté.
Là, on ne lui demandera plus d’obéir,
on lui demandera d’être désirable.
Pilule hormonale dans le ventre,
perturbateurs endocriniens dans le sang,
on connaît les dégâts,
mais on ferme les yeux.
Elle se brûlera le cuir chevelu
pour changer de couleur,
collera du plastique toxique
au bout de ses doigts
pour ressembler aux femmes des écrans.
Elle s’arrachera les poils,
les jambes, le sexe, les aisselles,
jusqu’à la douleur,
pour être lisse,
docile,
consommable.
Et chaque mois,
son corps la rappellera à l’ordre :
saignements, crampes, fatigue —
mais ça, c’est normal,
qu’on lui dira.
Puis elle aimera.
Elle fera des enfants.
Elle donnera son temps, son corps, sa confiance.
Et un jour,
elle découvrira que le père
préfère une autre femme,
plus jeune,
plus lisse,
plus rose.
Alors on lui prescrira
des antidépresseurs
qui fatiguent le cœur,
des anxiolytiques
pour ne plus penser,
des somnifères
pour dormir pendant que lui
envoie des messages à Pouffita.
Elle tombera malade
d’un système
qui l’a utilisée
puis jetée.
Et après ça,
il y en a encore
qui osent dire
que le féminisme
exagère.