31/03/2026
Texte inspiré
"Les émotions d’une nuit… d’un rêve éveillé."
Quand elles nous portent même dans l’adversité.
La peur est présente cette nuit et elle m’empêche de dormir. Je ressens en cet instant ce que c’est que d’avoir la peur au ventre car c’est dans cette zone de mon corps que le malaise est là. Ça me serre, ça me prend aux tripes. Je ne peux pas l’ignorer, c’est intense, ça me fige sur place, ça me tord et m’empêche de trouver le sommeil.
Et puis s’y mêlent les pensées qui la nourrissent. Ou alors ce sont mes pensées qui ont fait naître cette peur au ventre. Je ne sais plus trop. Quoiqu’il en soit, c’est inconfortable. J’ai envie de me l’arracher, de creuser mes entrailles, la saisir et la jeter avec force et dégoût. M’en débarrasser par tous les moyens, qu’elle ne vive plus en moi car elle me tétanise.
La panique m’envahit, proche de l’angoisse. J’ai l’impression de rester inerte face à ce bloc lourd qui pèse dans mon ventre, comme si je me retrouvais face à un mur. Impossible de faire demi-tour, d’y échapper. L’évidence est là : il n’y a pas d’autre choix que d’y être confrontée. Et pourtant, je ne vois pas d’issu. Ce mur épais, immense, sombre ne présente pas la moindre faille.
Malgré tout, derrière ce rempart je perçois de la lumière, éclatante et joyeuse. Alors un espoir commence à naître en moi tandis que la pression dans mon ventre diminue. Ma respiration devient plus calme, le rythme de mon cœur s’apaise.
Et je regarde ce mur devant moi. Il semble infranchissable. L’idée de rester enfermée, coincée me fait faire les 100 pas devant ce bloc. Finalement, cela me met en action et je sens en moi que je peux mobiliser l’élan du mouvement pour sortir de cette impasse.
A nouveau, je regarde ce mur. Sa couleur est grise claire, les pierres semblent poreuses et fragiles. La lumière de l’autre côté s’intensifie et vient même percer les maigres failles. Je me demande alors comment poursuivre cet élan, cet espoir. Après le désespoir, c’est la colère qui vient me défaire de ces chaînes dans mon ventre. Je mobilise toutes mes forces, cela ne plus durer. J’en ai assez de me sentir coincée. Les sentiments de liberté et de légèreté m’appellent. J’arrache mes chaînes avec courage et détermination. Je frappe ce mur de toutes mes forces, les pierres tombent. Elles n’étaient pas si solides que ce qu’elles en avaient l’air. Elles s’évanouissent, s’évaporent sous la ferveur de mes poings et de mes cris : « Liberté ! ».
Et me voilà de l’autre côté. Les ruines de mes tourments sont derrière moi tandis que je suis éblouie devant un paysage verdoyant, rempli de couleurs dorées et fleuri. Les oiseaux chantent, j’aperçois des papillons bleus, blancs et jaunes. Ils se posent sur les fleurs délicates. L’air est frais, rafraîchissant. Un chemin ondule entre les près fourmillant de vies.
Je suis attentive à mon corps : il ne serre plus. Mes pensées sont calmes et claires. Quand je me trouve de ce côté là dans la lumière, au contact du vivant autour de moi, il n’y a plus qu’apaisement et joie. C’est alors que la confiance me fait faire mes 1er pas sur ce sentier qui mène vers plus de foi et de sécurité intérieure.
Comment aurais-je pu mettre en évident cet aspect de moi sans avoir été confrontée à son contraire ? Être enfermée pour développer le sentiment de liberté. Des qualités de courage, force, détermination, ténacité et persévérance ont fait exploser les barreaux.
La peur, l’angoisse, le figement puis la colère, la rage, l’adversité et le mouvement sont autant d’émotions et d’états intérieurs qui font partie de moi quelle qu’en soit la mesure. C’est avec confiance et dans la paix que je marche sur ce chemin joyeux et épanouissant.
Peut-être que ma nuit a été coupée, mais je vais me recoucher plus apaisée avec la conviction que demain mes pas et mes pensées sont (déjà) sûrs, ancrés et joyeux.
Texte inspiré et écrit par Marion Clément
Merci pour votre lecture 🙏