17/02/2026
Aujourd’hui ça fait 2 ans que j’ai accouché de toi, mon petit Cléo, dans notre cocon mexicain entouré de jungle, accompagnée du meilleur amoureux. Je baignais dans un monde de conscience & confiance, qui m’a donné la force et la sérénité de vivre un moment gravé à jamais. Ton petit cœur n’a pas battu et tes yeux sont restés fermés. Ce moment de déchirement inimaginable, de douleur atroce et d’incompréhension, il est là pour toujours dans mon cœur ; dans ma tête, dans mon corps. La cicatrice s’est refermée, mais elle imprègne ma vie, la femme que je suis, la mère que je suis devenue ce jour-là. Ma très chère amie Luna a été d’un soutien inimaginable
J’ai aussi découvert une force vitale qui venait du fin fond de mes entrailles, et qui m’a permis de me relever. Je l’ai aussi admirée chez Vincent. Ce passage vie/mort transcendantal qu’on a vécu, et qui nous a liés pour toujours, qui aurait pu nous déchirer et nous séparer, mais qui nous a renforcés.
Mon cheminement intérieur, ou plutôt ma guérison, a été parsemé d’étapes, pas linéaires. Merci à tous ceux qui ont eu une attention, un mot, un câlin soutenant, un geste réconfortant, et cette chaîne de solidarité qui s’est créée même au Québec, en France, et au Mexique. Merci à ma famille qui a été un pilier dans cette reconstruction.
J’ai aussi pris plus conscience de la délicatesse de certains mots/questions/sujets sociétaux. Quand on s’adresse à une personne, on s’adresse aussi à ses blessures (conscientisées ou non conscientisées, guéries ou non). Et si on a eu la chance de ne pas avoir vécu d’expériences douloureuses, on ne se rend pas compte de ce que cette question peut provoquer : “Et toi, tu as des enfants ? C’est ton premier bébé ? Tu vas voir, tu vas te sentir comme ça pendant la grossesse, et l’accouchement, tu verras…”
C’est là que je me suis rendue compte que je n’étais pas consciente de la réalité que traversent les personnes qui vivent une maladie, ou qui accompagnent qqn. Parce que j’ai l’immense chance d’avoir un corps et un cerveau qui sont méga top shape, et que mes proches aussi.
Le deuil périnatal, un deuil tellement invisible… Normalement, on passe du statut de “femme enceinte” à “maman”. J’ai bien traversé les étapes de la grossesse, de l’accouchement, mais celui de mère, de postpartum, n’existe soudainement plus quand on n’a pas de bébé vivant dans les bras. Deuil invisible. Aucun souvenir partagé avec les proches, et pour peu que les proches n’aient pas été proches pendant la grossesse, cette identité de toi enceinte est très vague pour eux.
Pour moi, la clef a été d’exprimer ce que j’avais besoin, quand j’en avais besoin ; et de me protéger lorsque je n’étais pas prête, ou de me retirer des conversations ou des personnes qui n’avaient pas la conscience de leur impact sur ma douleur, sans jamais en vouloir à qui que ce soit.
J’ai eu besoin d’en parler, d’avoir l’espace pour pleurer sans retenue, pour hurler ma douleur, mais aussi pour profiter des répits de joie, d’espoir, d’amour, de folies. En participant à des cercles de parole, je me rends compte du chemin parcouru. Merci à tous ceux et celles qui m’ont aidée dans ce parcours. Merci aussi aux associations Spama, Agapa, qui ont une approche bienveillante tellement précieuse !
Je ne suis pas devenue croyante, mais je suis encore un peu plus connectée à ce monde spirituel invisible, et plus connectée à ce sentiment de gratitude.
La joie et l’émerveillement ne m’ont pas quittée, merci la vie !
Ce 17 février 2026 est si particulier. Le rdv est tombé par “hasard”. Écho du 8ème mois pour notre deuxième petit bébé. Alors aujourd’hui je célèbre la vie, celle de ce petit être que j’ai tellement hâte de serrer dans mes bras, tellement hâte “d’être si fatiguée” mais d’avoir un bébé vivant !
À mon amoureux à qui j’ai une confiance et un amour puissants, et avec qui j’ai hâte de partager des super moments encore !
Ps : je suis toujours preneuse d’un petit message pour avoir de tes nouvelles, une photo pour suivre ton chemin de vie, un message vocal pour entendre tes intonations et ton accent !