28/01/2026
Les pensées doivent cesser et la raison disparaître pour que la conscience de l’Être suprême s’élève et soit ressentie. Le ressenti est le facteur premier et non la raison.
— Sri Ramana Maharshi
Tirée des Entretiens avec Sri Ramana Maharshi (Entretien 24, 4 février 1935), traduction adaptée
Commentaire :
Cette expérience directe de l’Être suprême ne survient que dans l’absence totale du mental, où les vagues de pensées s’apaisent et où la raison, outil limité du monde phénoménal, s’efface. Le mental, tel un voile transitoire, ne peut appréhender cette réalité qu’a posteriori, comme un écho ou une empreinte résiduelle de ce qui transcende toute dualité. Sri Ramana Maharshi l’exprime avec une profondeur limpide :
« Aspirez-y intensément afin que le mental fonde en dévotion. Une fois le camphre consumé, aucun résidu ne subsiste. Le mental est ce camphre ; lorsqu’il se résorbe dans le Soi sans laisser la moindre trace, c’est la Réalisation du Soi. » — Sri Ramana Maharshi
Ainsi, la conscience pure, éternelle, lumineuse et indépendante du mental, est toujours présente, se révélant d’elle-même dans le silence intérieur. Le mental n’est qu’un instrument éphémère, qui ne perçoit que les vestiges de l’expérience après coup, comme un reflet dans un miroir brisé. Il n’est pas la source de la conscience, mais un serviteur qui, une fois dissous, laisse place à l’unité. Cette dissolution n’est pas une perte, mais une renaissance : l’ego s’évapore, et ce qui demeure est l’Être absolu.
Dans cette quête, l’aspiration ardente au Soi, guidée par la grâce du guru, consume les tendances extérieures, menant à l’annihilation du mental (manonāśa). L’expérience précède toute raison : elle n’est pas un concept à analyser, mais une immersion directe où le penseur s’efface, révélant la réalité. Laissez cette flamme intérieure vous consumer ; dans ce feu sacré, vous trouverez la paix inaltérable, au-delà des mots et des formes.
— Jean Diyan