09/05/2026
Comédie romantique de Julie Estève :
Il boit pour aimer.
Puis il apprend à aimer pour ne plus boire.
Au départ, on croit lire une histoire drôle.
Un homme un peu perdu.
Un Hugh Grant mélancolique sous côtes-du-rhône.
Mais psychologiquement, le livre raconte autre chose.
Louis ne boit pas seulement pour faire la fête.
Il boit pour rendre l’intimité supportable.
Comme si aimer sobrement demandait une exposition trop grande.
Alors l’alcool devient un intermédiaire :
pour parler,
pour ressentir,
pour approcher l’autre,
sans avoir à se montrer complètement.
En thérapie, cette dynamique est fréquente.
Certaines personnes n’utilisent pas seulement une substance pour fuir.
Elles l’utilisent pour réussir à entrer en lien.
Comme si leur vulnérabilité avait besoin d’un anesthésiant pour exister.
Et puis quelque chose change.
Pas grâce à une relation fusionnelle.
Pas grâce à quelqu’un qui “sauve”.
Mais grâce à une relation suffisamment sécurisante pour qu’il n’ait plus besoin de se cacher derrière le voile.
En psychologie de l’attachement, on parlerait presque d’expérience émotionnelle correctrice : rencontrer quelqu’un devant qui on n’a plus besoin de se modifier pour rester aimable.
Et au fond, le livre pose une question très simple :
Sous quoi vous cachez-vous pour avoir accès à vous-même ?
L’alcool.
L’humour.
Le contrôle.
Le travail.
Le cynisme.
Le détachement.
Les formes changent.
La fonction est souvent la même.