14/05/2026
Savez-vous que les tarifs de l’IA que vous utilisez pour tout et pour rien vont prochainement exploser ?
Cet article du journal Le Monde, publié le 12 novembre 2025, mentionne deux enquêtes du Wall Street Journal et du Financial Times qui rapportent que les géants de l’IA ont contracté de la dette pour des montants inédits, à des taux dépassant 6 %.
Un second article, publié le 22 janv. 2026, « Croissance record et déficit abyssal, le paradoxe OpenAI » rapporte que la Deutsche Bank Research estime que la dette de la société OpenAI, qui était déjà de 9 milliards de dollars en 2025, devrait atteindre 17 milliards de dollars cette année.
L’entreprise s’est engagée à investir 1 400 milliards de dollars dans la construction de data centers. Selon le Financial Times, les « partenaires » d’OpenAI ont accumulé 96 milliards de dollars de dette pour financer ses capacités de calcul et ses opérations. Or, une société ne peut pas accumuler indéfiniment de la dette. Pour équilibrer leurs comptes, les ténors de l’IA vont devoir démultiplier leurs recettes, autrement dit, vous faire payer beaucoup, beaucoup plus cher leurs services.
Depuis trois ans, ils ont fait en sorte d’augmenter votre dépendance à l’IA, vous ont permis de l’utiliser sans modération, pour les usages les plus futiles. À la façon d’un dealer, ils vous ont offert votre première dose. Puis, ils ont introduit des offres payantes en vous promettant de meilleures performances, mais en perdant toujours de l’argent. Maintenant que votre dépendance est acquise, ils peuvent vous faire payer le vrai prix de l’IA.
D’ailleurs, GitHub Copilot adopte la facturation à l’usage le 1ᵉʳ juin.
Pour mesurer un peu mieux ce qui vous attend, sachez qu’une journée d’utilisation de Claude Code coute en moyenne à Anthropic 30 $, et même 100 $ pour un usage lourd. Autrement dit, pour seulement rentrer dans ses frais, Anthropic doit vous faire payer entre 600 et 2 000 $ par mois (et là, on ne parle pas encore de bénéfices et je n’ai considéré que vous n’utilisiez Claude Code que 20 jours par mois). Avec de tels tarifs, l’IA sera prochainement réservée aux rares personnes (ou entreprises) qui pourront se l’offrir.
Nul doute que vous réfléchirez bientôt à deux fois avant de demander à votre IA préférée de vous fournir une réponse que vous auriez pu trouver vous-même dans un moteur de recherche ou de produire un texte que vous auriez pu écrire vous-même en y consentant un effort raisonnable.
En prélude à tout cela, les créateurs de contenu voient leur audience s’évaporer et s’interrogent sur la suite de leur carrière.
Certains métiers commencent à disparaitre (mannequins pour catalogues, acteurs, graphistes, enseignants en langues, rédacteurs, développeurs…).
Au lieu de dénaturer Internet avec des contenus creux, produits à la chaine, et d’en faire une vaste poubelle, nous devrions peut-être continuer à créer par nous-mêmes pour conserver nos facultés cognitives, notre capacité d’analyse, d’apprentissage et de création. Ces qualités nous seront sous peu très utiles.