29/09/2021
Même si nos pratiques sont différentes, nous, neuropsychologues, n’en restons pas moins psychologues avant tout.
Nous sommes donc particulièrement impliqués dans le combat mené par tous les psychologues et psychothérapeutes cliniciens ! Extrait de leur ressentis suite aux annonces d’hier :
Chers patients,
Pour une séance, il faut du temps. Chacun sa manière de travailler, mais il est fréquent qu’une séance de psychothérapie dure 45 minutes. Parfois plus, comme dans le cas des thérapies de groupe (famille, couple) et de certaines thérapies comportementales.
Pour une thérapie, il faut du temps. Les thérapies courtes, cela existe, et elles peuvent même être fécondes. Mais pour que les défenses commencent à s’assouplir, pour que tout ce qui est douloureux et complexe puisse se dire, pour que l’élaboration puisse advenir, le patient a souvent besoin de beaucoup plus que 20 séances.
Pour un.e psychologue, il faut du temps. Et aussi entre ses patients. Du temps pour prendre des notes, du temps pour réfléchir, du temps pour lire, pour apprendre, du temps pour se poser et prendre des réserves d’énergie avant d’aller à la rencontre d’un nouveau patient.
C’est parce qu’il méprise la question du temps que le dispositif de remboursement des séances annoncé hier par Emmanuel Macron est un cadeau mal ficelé pour les patients et empoisonné pour tout le monde. Un.e psychologue qui accepterait de rentrer dans ce dispositif, lequel rembourse jusqu’à 20 séances de 30 minutes, en serait réduit à aligner les patients à la chaîne pour avoir des revenus a peine décents (1540€ net par mois pour un niveau BAC+ 5 voir plus).
Travailler plus (et plus mal) pour gagner moins, la Start Up Nation a encore frappé. Sans avoir pris le temps de nous écouter. Sans avoir daigné nous rencontrer. Sans avoir chercher à analyser nos difficultés. La prise en charge de la souffrance psychique, c’est peut-être une éthique autant qu’un métier.