11/01/2026
Les livres m’ont donné des mots, une façon de penser et une perspective toujours différente. Mais c’est ailleurs que j’ai compris la souffrance psychique. Et ce que je cherchais, je l’ai trouvé du côté de l’enfance. Alors pourquoi choisir de voir le monde avec des yeux d’enfant ? Parce que ce regard ne se détourne pas de la souffrance, il ne nie rien et ne maquille pas le monde. Et pourtant, il ne s’y enferme pas. Du côté de l’enfance, le regard est vaste. Assez vaste pour accueillir ce qui est douloureux, sans perdre de vue ce qui continue de vivre. La misère du monde est là, mais elle n’est pas tout le monde. Ce regard ne cherche pas à aller mieux. Il cherche à voir plus large. Plus large que la peur, plus large que le désespoir, plus large que ce qui enferme. Et puis il y a les enfants qui ont dû détourner le regard plus vite dans leur histoire pour survivre. Je pense à eux et je leur souhaite de trouver les chemins qui permettent de se relier à ce qui a été interrompu trop tôt. Peut être que grandir ne signifie pas apprendre à ne plus voir. Peut être s’agit-il surtout de retrouver un regard assez large pour contenir le réel sans perdre le sens du vivant.
À tous les enfants qui sommeillent en chacune et chacun de nous. Aux enfants d’hier, d’aujourd’hui et de demain qui, dans leur spontanéité, ramènent avec eux le goût du moment présent. Et à mon fils, qui, sans le savoir, m’aide chaque jour à voir le monde avec des yeux d’enfant.
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Melissa | La Psy qui sort du cadre ☀️