10/01/2026
Tout cela est scandaleux, cyniquement
scandaleux
Un reportage à propos de la v**e, diffusé sur France.TV et sur la chaîne YouTube Slash enquêtes, a fait bondir. Exclusivement à charge, ce reportage repose sur un postulat erroné : la journaliste explique qu’elle a infiltré l’industrie de la v**e. Dans les faits, elle a fait un stage dans l’industrie du tabac ,elle ignore sciemment 85 % du marché et reprend le discours de l’industrie du tabac !
Laquelle industrie du tabac est présente sur le marché de la e-cigarette en France, c’est vrai, mais elle n’y représente que 15 %, d’après la Fiv**e. Chiffre que, par ailleurs, personne ne conteste. Le chiffre est obtenu en comparant les produits issus du tabac, la majorité « fermés » avec ceux de la v**e indépendante, principalement « ouverts ».
Le reportage commence par la présentation de son auteure, Manon, journaliste, fumeuse et vapoteuse. Elle décide d’infiltrer Philip Morris International dans le cadre d’un stage en communication. Elle révèle que les grandes marques de ci******es, dites « Big To***co », « possèdent les principales marques de vapoteuses, Vuse, Blu, IQOS… ». ces trois marques se partagent 15 % du marché, économiquement, ce n’est pas ce qu’on appelle les principales marques. Si PMI et consorts sont effectivement des géants du tabac, face à des marques, comme par exemple Geekv**e, Voopoo, ou encore Vaporesso, ce sont des nains dans la v**e. Évidemment, lors d’un stage en communication chez PMI, ce n’est pas le discours qui sera tenu aux troupes stagiaires : le fabricant expliquera qu’il est leader, ce qui est vrai, mais uniquement chez les buralistes, qui représentent 15 % du marché (source : Xerfi).
la réalité est le milliard d’euros (minimum) que représente le marché français! Il est principalement constitué de liquides. Et là où les cigarettiers proposent une offre globale, tenant compte dans leur chiffre d’affaires aussi bien du matériel que du liquide, qui sont indissociables du fait des systèmes fermés, des sociétés indépendantes, comme Alfaliquid, VDLV ou The Fuu, tiennent la dragée haute en terme de volume aux multinationales du tabac qui dans ce domaine restent des "nains". Quand l’un d’entre eux vend un flacon standard, ces sociétés ont déjà écoulé 150 % de liquide de plus qu’une recharge de deux pods Vuse, qui contiennent chacune deux millilitres !.
Cependant, le reportage présente de nombreux intérêts. en particulier les méthodes de l’industrie du tabac pour infiltrer des soirées et vendre ses produits en toute illégalité, par exemple. Rien de neuf, ça existe depuis des années.
Vient la partie scientifique, à partir de 12 minutes dans le reportage., et là, rien ne va plus. Le reportage donne la parole à Maxime Boidin, "spécialiste des fonctions cardio-vasculaires à l’université de Manchester", qui a publié une étude alarmiste sur la v**e, qui, selon lui, serait même pire que le tabac à certains égards!!. Ces travaux de Maxime Boidin ont fait l'objet de très sévères critiques de la part de Clive Bates, ancien directeur de la lutte contre le tabagisme au Royaume-Uni lui dictant:« Vous n’avez pas publié l’étude, et d’après le reportage, il semble que vous ne l’ayez même pas complétée. Il n’y a pas d’article publié, de pré-impression, de protocole, d’enregistrement d’essai, ou même de résumé de conférence. Il n’y a aucune information sur les participants, la façon dont ils ont été sélectionnés et leur historique de tabagisme. Vous n’avez pas non plus divulgué d’intérêts concurrents ou d’informations de financement. Pourtant, vous faites des déclarations alarmantes aux médias sur les conclusions d’une étude que personne d’autre n’a vue. Il est contraire à l’éthique et inacceptable de mener la science de cette façon ».
« Vous faites des déclarations aux médias qui prétendent une équivalence dans le risque entre le tabagisme et le vapotage ou même suggèrent que le vapotage peut être pire. […] Les allégations extraordinaires exigent des preuves extraordinaires, mais vous n’avez fourni aucune preuve, et encore moins suffisamment de preuves, pour appuyer cette affirmation ».
Le problème ici n’est pas la compétence de la journaliste : il n’y a aucun doute là-dessus. Le principal problème, c’est l’angle choisi, qui ne peut être que délibéré : pourquoi ? À qui le crime profite ?
Les suspects ne manquent pas. À commencer par l’industrie du tabac : décrédibiliser la v**e, ce serait pousser les personnes dépendantes à la ni****ne à retourner vers la combustion. Parce que l'usage de la ni****ne crée une dépendance, et si s’en défaire était simple, Big To***co n’existerait plus aujourd’hui.
La journaliste termine son reportage en précisant qu’elle n’est plus désormais fumeuse (grâce à la v**e) ni vapoteuse. C’est très bien pour elle, et nous l’en félicitons sincèrement en espérant que ça dure dans le temps.
Il est scandaleux que l'industrie du tabac puisse continuer son commerce mortifère et puisse tuer chaque année 70000 de ses clients fumeurs. Sur le plan de la santé publique il est scandaleux que l'ETAT continue à laisser faire ce commerce et à profiter des bénéfices qu'il génère. Sur le plan moral il est scandaleux de voir les soi-disant "lutteurs anti tabac" (MILDECA,ACT-CONTR-FEU,DNF,et autres) voleter sur les cadavres liés au tabagisme et faire comme le petit oiseau martinet.....une pirouette puis un crottin
Docteur Pierre Pierre Rouzaud
Toxicologue Tabacologue