11/01/2026
La compassion pour soi-même.
La compassion pour soi-même est une médecine douce et puissante. Dans la voie chamanique, elle est le baume que l’on applique sur les blessures de l’âme pour permettre la guérison. Là où l’esprit s’est durci pour survivre, la compassion vient ramollir, réchauffer, réconcilier.
Avoir de la compassion pour soi-même, ce n’est pas s’apitoyer ni se justifier. C’est se regarder avec les yeux de l’Esprit, ceux qui voient au-delà des erreurs et des chutes.
C’est reconnaître que chaque pas, même maladroit, a été guidé par un instinct de protection ou de survie. Rien n’a été inutile, rien n’a été vain.
Dans la vision chamanique, la dureté envers soi-même crée des fractures énergétiques. L’âme se replie, le cœur se ferme, le corps porte le poids du non-dit.
La compassion est alors un acte de réparation. Elle murmure à l’enfant intérieur, à l’animal blessé en nous : « Tu as le droit d’avoir eu peur. Tu as le droit d’avoir été fatigué. Tu as le droit d’être humain. »
Cultiver la compassion pour soi-même commence par l’écoute. Écouter la fatigue sans la juger, la tristesse sans vouloir la faire taire, la colère sans la condamner. Chaque émotion est un esprit messager. Lorsqu’on l’accueille avec respect, elle transmet son enseignement et peut repartir en paix.
La Terre est une grande enseignante de compassion. Elle accueille tout : les pas hésitants, les larmes, les prières murmurées. En s’y reliant, on apprend à se traiter avec la même patience qu’elle offre aux graines. Certaines ont besoin de saisons entières avant de germer. Cela ne les rend pas moins vivantes.
La compassion pour soi-même se pratique aussi par des gestes simples et sacrés. Se couvrir lorsqu’on a froid, se reposer sans culpabilité, demander de l’aide quand le poids devient trop lourd. Chaque acte de douceur est une offrande à l’âme. Chaque limite posée est un acte d’amour.
Dans les rituels chamaniques, on appelle souvent les esprits alliés pour soutenir ce chemin : l’Ours pour la tendresse et la protection, la Biche pour la douceur du cœur, l’Eau pour laver la honte et la culpabilité. Mais le plus grand allié reste la voix intérieure qui choisit de ne plus se battre contre elle-même.
Avoir de la compassion pour soi-même, c’est cesser la guerre intérieure. C’est transformer le regard du juge en regard du gardien. Peu à peu, l’âme se redresse, le souffle s’apaise, et l’énergie circule à nouveau librement.
Dans la voie chamanique, la compassion pour soi-même n’est pas une faiblesse.
C’est une force ancienne.
C’est la médecine qui permet à l’être de continuer à marcher, même le cœur encore sensible, mais enfin soutenu.
Avec Amour et Bienveillance,
Esprit Du Serpent Blanc