04/02/2026
Il m’a fallu un temps de digestion et d’intégration avant d’écrire sur ce voyage en Inde du nord. Ce n’était pas un séjour yoga, mais un tout premier voyage de découverte, dense et contrasté, mouvant et parfois débordant. De Old Delhi à Mandawa, Jaipur, Agra, retour à Delhi - dans la ville nouvelle cette fois, et son contraste saisissant avec la vieille ville. Des kilomètres de route, une succession de forts, de mosquées, de palais. Le Taj Mahal, sa beauté saisissante qui m’a émue aux larmes. La présence d’un guide passionné, contrariant souvent mes échappées mentales.
Voyager en famille, dans ce rythme-là, c’est être constamment tournée vers l’extérieur. Observer, absorber, s’adapter. Un rythme soutenu, des hôtels parfois déroutants pour nos habitudes occidentales, privées du confort rassurant auxquelles elles s’agrippent. Le corps a été challengé et le système nerveux assailli. Sollicités en permanence par le bruit, la pollution, la foule, les contrastes, les intrusions ici et là. Et pourtant, au cœur de ce tumulte, la sensation inattendue d’une tranquillité intérieure là où j’avais craint être malmenée par toutes ces stimulations sensorielles perpétuelles.
Puis il y a eu Rishikesh, la terre des chercheurs spirituels, située au bord du fleuve sacré du Gange. Et deux nuits dans les contreforts de l’Himalaya. En vivant ce retrait, je me suis aperçue combien cette trame de voyage que j’avais élaborée épousait la conception hindoue de la vie : d’abord l’expérience pleine du mouvement, du bruit des villes et de l’agitation du monde, pour nous immerger ensuite davantage dans le retirement et le dépouillement. La pratique m’a ici instantanément rattrapée : plus d’espace, et une reconnexion tant attendue, sur les rives du Gange, auprès d’un professeur nous offrant à Christophe et moi un yoga traditionnel, dans un froid matinal glaçant, enveloppé de l’exotisme unique du lieu.
Mais ce n’est qu’en me réancrant dans mon quotidien ordinaire que l’intensité de ce voyage rêvé a véritablement commencé à se transformer. C’est dans la reconnexion à ce fil connu que j’ai senti combien mon propre vécu avait eu besoin de ce temps pour s’intégrer pleinement, que le tri a pu se faire parmi l’intensité de sensations, de perceptions brutes absorbées. Quand le corps a enfin pu reprendre la main sur le mental et tout ce que cette première rencontre avec l’Inde avait soulevé en moi. Quand le système nerveux a pu retrouver ses repères de sécurité pour transformer l’expérience, et que ne perdure enfin alors qu’un ressenti unifié. Celui d’une imprégnation marquante, indicible à chaud, sinon dans ce choc des contrastes bouleversant, avant que le silence dans le retour au monde connu n’en permette l’intégration et laisse ce goût d’une richesse et d’une émotion de celles qui ne s’auraient s’estomper.
L’Inde ne m’a pas laissée indifférente.
Elle m’a bousculée autant qu’émerveillée.
Nous y reviendrons 🩷