04/10/2025
Tu n’étais pas masculine, ma fille.
Tu étais une enfant. Une enfant qui a dû se déguiser en forte parce que personne ne prenait soin de sa fragilité. On t’a obligée à t’endurcir, à cacher la fleur de ta féminité comme on cache un trésor pour qu’on ne le détruise pas.
Ton énergie masculine n’est pas née avec toi : tu l’as tissée pour survivre. C’était ton armure, ton refuge, ta manière de dire : « Je suis là, même si je tremble à l’intérieur. » Et même si personne ne l’a compris, même si on t’a pointée du doigt pour ta dureté, la vérité, c’est que cette dureté a été ton salut.
Maintenant, regarde-toi : tu tiens toujours debout.
Grâce à cette carapace, tu es arrivée jusqu’ici, femme. Mais je veux que tu saches : tu n’es plus en danger. Tu n’as plus besoin de cacher ce qu’il y a de plus tendre en toi. Tu peux laisser ta féminité respirer, laisser ta douceur revenir sans peur, laisser apparaître ta délicatesse sans qu’elle soit écrasée.
L’enfant que tu étais n’était ni froide, ni mauvaise, ni étrange. Elle a été courageuse. Elle a eu le courage de protéger ce qu’il y avait de plus sacré en elle jusqu’à ce que ce moment arrive : le moment de t’embrasser pleinement, avec ta force et ta tendresse, avec ton feu et ton eau.
Aujourd’hui, femme, tu peux dire à cette enfant : « Merci de m’avoir sauvée. Je t’embrasse. Et je t’aime telle que tu es. »
— Make Me Read ©️✍️