27/12/2025
Quand les repères internes vacillent, le corps peut redevenir un point d’appui.
Ces derniers mois, j’ai accompagné deux publics très différents :
des personnes atteintes de troubles neurocognitifs de type Alzheimer,
et des groupes autour de la périménopause et de l’andropause.
Deux terrains éloignés en apparence.
Un même enjeu de fond : soutenir l’adaptation lorsque les repères internes se modifient.
Ateliers auprès de personnes atteintes d’Alzheimer
Dans ce contexte, le travail psychomoteur et psychocorporel permet notamment de travailler sur :
– le schéma corporel et le sentiment d’unité de soi
– l’orientation spatio-temporelle
– certaines fonctions cognitives mobilisables (attention, mémoire, fonctions exécutives de base)
– la régulation émotionnelle et la diminution de l’agitation
– la relation à soi et la relation à l’autre
– la capacité à se détendre, à se relâcher, à être au contact
Lorsque de l’espace et de la sécurité peuvent être recréés, la personne peut parfois se rassembler davantage, se reconnecter plus facilement à elle-même et à son environnement.
Il ne s’agit évidemment pas d’enrayer l’évolution de la maladie, mais de soutenir l’humain face au déclin, de temporiser certains signes cliniques, et d’offrir un cadre plus contenant dans un contexte de perte progressive de repères.
Les recherches récentes s’orientent notamment vers l’identification de certains mécanismes biologiques impliqués dans la maladie, ouvrant la voie à des traitements capables de ralentir partiellement son évolution, sans pour autant la guérir.
Par ailleurs, les données actuelles mettent en évidence le rôle du stress oxydatif et de certains facteurs métaboliques dans les processus neurodégénératifs, ainsi que l’influence de facteurs modifiables, qualité de vie, activité physique, stimulation cognitive et sociale, qualité des liens, dans l’expression et l’évolution des troubles neurocognitifs.
Ces éléments invitent aussi à repenser le moment auquel ces accompagnements sont proposés.
Plus ces prises en charge psychocorporelles, relationnelles et environnementales sont intégrées précocement dans le parcours, plus elles peuvent jouer un rôle protecteur : soutenir la préservation des fonctions, favoriser une meilleure stabilisation, et aider la personne à intégrer les transformations liées à la maladie.
Il ne s’agit pas de prévention au sens strict, mais d’un soutien précoce, pensé comme un appui continu face au déclin, et non comme une intervention de dernier recours.
Atelier périménopause / andropause
Lors de l’atelier proposé pendant les fêtes, les axes de travail étaient différents mais tout aussi transversaux :
– accompagnement des transformations hormonales
– soutien de l’adaptation émotionnelle et neuropsychologique
– régulation du système nerveux
– travail sur la gestion de la douleur et des variations de l’humeur
– réappropriation corporelle dans une période souvent vécue comme instable ou déroutante
La pratique s’appuyait sur un mouvement juste, non performatif, inspiré du yoga et du Munz Floor, pensé comme un espace de régulation plutôt que de correction.
Ce qui compte d’abord, c’est de comprendre ce qui se joue dans le corps : son fonctionnement, les conséquences sur les plans hormonal, physiologique et psycho-émotionnel.
Vient ensuite le fait de vivre, d’éprouver, d’entrer dans un vécu corporel singulier, afin que ces éléments puissent progressivement s’intégrer.
Chez des personnes neurotypiques, une démarche thérapeutique ne peut réellement s’engager que lorsque la personne est disponible, prête à accueillir un changement.
Or, le mental est parfois surentraîné, très structuré, voire défensif, là où le corps peut ouvrir une disponibilité plus subtile, plus fine.
Le travail corporel ne se pose pas comme une voie unique, mais comme une alternative précieuse pour contourner certains blocages, desserrer des conditionnements, et permettre à des éléments jusque-là peu accessibles d’émerger à la conscience.
Il peut ainsi faciliter l’entrée dans une démarche d’aide ou de soin, ou ouvrir à d’autres manières de se rencontrer et de se soutenir.
En fin d’année, ou au plus t**d en début d’année prochaine, vous pourrez retrouver la deuxième publication du projet « Au détour de la vie », sous la forme d’un premier post psycho-éducatif, consacré à la dépression.
J’y aborderai la dépression comme une maladie à part entière, en clarifiant la complémentarité entre accompagnement thérapeutique et prise en charge médicamenteuse, ainsi que des repères pour mieux accompagner une personne dépressive, du point de vue des proches et des accompagnants.
D’ici là, je vous souhaite de très belles fêtes de fin d’année, ou un passage vers la nouvelle année aussi doux et ajusté que possible.