09/03/2026
[ Joa - Joie ]
Il y a peu, j’ai reçu un patient pour des douleurs corporelles (lombaires, petite oppression thoracique) dans un contexte psycho-émotionnel un peu compliqué.
Classique. Le corps se tend, s’exprime, quand le mental est débordé.
La séance se passe bien. C’est globalement assez doux. Pour rappel, en biokinergie, je ne choisis pas les techniques, elles s’imposent à moi. Parfois « ça » me demande de travailler en articulaire, dans la « matière », et parfois ça me demande d’être plus dans les fascias, ou en énergétique.
Je n’ai pas d’autre choix que de me plier à ce que le corps du patient demande.
Dans le cas présent, c’était une séance plutôt douce (mais doux ne veux pas dire superficiel, ici nous étions sur des plans profonds), avec un axe fascias / énergétique.
Globalement, quelques résistances (qu’il n’y a d’autres choix que de reconnaître et accueillir, afin qu’elles acceptent éventuellement de se relâcher) mais rien de trop important. Une séance assez douce et agréable.
Le patient se rassoit en bord de table, et je poursuis la séance dans cette position. Nous avions déjà travaillé sur la gorge, zone qui était assez tendue. Ça avait lâché, mais pas totalement. Le patient me confirme qu’il sent une petite gêne dans la gorge.
Je poursuis alors avec « ce qui se présente à moi », à savoir une approche purement énergétique, en regard de la gorge.
Et là, je sens bien que l’émotionnel « remonte », que c’est sur la bonne voie. Mais le patient résiste. Il ne veut pas pleurer. Impossible.
Que ce soit par notre fond culturel, par notre éducation, parce que c’est lié à quelque chose de trop intime, il ne nous est pas forcément facile de laisser l’émotion s’exprimer.
Particulièrement chez les hommes à qui on a répété qu’ « un garçon ça ne pleure pas » !
Je sens donc que le patient refuse. Je tente doucement de l’inviter à lâcher, à accueillir :
« C’est bien ! » « Laissez aller…. »
C’est visiblement impossible. Mais néanmoins les petites remontées émotionnelles qui se fraient un passage suffisent à équilibrer ce qui doit l’être.
La séance se termine alors. Et le patient, les yeux un peu humides, se retrouve avec un large sourire, résistant avec difficulté à des envies de rire.
Cela pendant toute la fin de consultation… Présentant ses excuses alternativement pour les remontées émotionnelles, pour avoir du mal à lâcher, et pour les envies de rire…
Moi, en face, la joie et la légèreté que je sens chez lui me mettent dans le même état. Et c’est très plaisant !
Comme je lui explique, tout est juste. Son corps a indiqué à mes mains ce qui devait être traité, selon ce qu’il était en capacité à accepter aujourd’hui.
Et cela s’est déroulé de manière fluide.
Mais il ne comprenait pas trop pourquoi cette envie de rire se manifestait.
Une fois l’angoisse, la colère, la tristesse libérées, la joie qu’elles recouvraient ne demande qu’à s’exprimer.
C’est le sentiment de pétillement de la vie retrouvée dans chaque cellule du corps.
C’est notre vraie nature enfin dévoilée, notre être profond, la joie à l’état pur, la Joie Sans Objet.
Nous voici de retour à la maison.