25/05/2026
CONTRE LES FERMETURES D’ÉCOLES QUI DÉVITALISENT LES VILLAGES ET PÉNALISENT LES JEUNES RURAUX !
Les années qui viennent, la disparition des dernières petites écoles est programmée par l’Éducation nationale sous forme de regroupements. Elle est programmée à grande échelle pour des raisons d’aveuglement gestionnaire (et donc en grande partie budgétaire).
Depuis des années, ces petites écoles sont en sursis et des bagarres locales essaient de les sauver tant bien que mal au nom de la défense des services publics et de la ruralité. Ce sont de bonnes raisons mais elles sont insuffisantes car il ne s’agit pas seulement de défendre pour conserver des acquis : il faut sauver les petites écoles pour préparer l’avenir !
Notre époque aspire à des transitions radicales dont la dimension écologique est majeure. Si la question du climat est bien la plus importante de notre vie future, et probablement la seule question qui vaille, alors nous devons en assumer toutes les conséquences dans l’engagement quotidien et les orientations politiques. Il faut poser aussi la question de l’école sur ce plan là.
L’idée force de la transition écologique est de relocaliser : la production, la consommation, les transports… et donc aussi l’école.
Chaque fermeture d‘une petite école est une petite catastrophe écologique :
-elle détruit un environnement humain de proximité (un village ou un quartier réuni autour de son école).
-elle déracine les enfants de leur milieu naturel de vie.
-elle pousse à une concentration des élèves dans des cités scolaires inadaptées.
-elle fait le bonheur des entreprises de transport (et des pétroliers) mais le malheur des enfants ballotés dès leur plus jeune âge dans les ramassages scolaires.
Chaque maintien – ou ouverture – d’une petite école est une chance pour l’avenir :
- elle propose un autre cadre éducatif, propice aux apprentissages et à un développement harmonieux, grâce au mélange des âges dans une même classe (hétérogénéité, petites structures,... comme pour l’agriculture biologique !).
- elle permet la prise en charge citoyenne par la collectivité des questions éducatives (enseignants, parents d’élèves, élus, amis de l’école)
- elle permet de conserver des infrastructures (locaux, matériels) indispensables dans la perspective de la relocalisation des activités humaines.
L’arrêt des fermetures des petites écoles de village ou de quartier.
La création d’un conservatoire des classes uniques (sauver celles qui restent encore), laboratoires vivants pour une école à taille enfant.
La création d’un label « École en transition » qui encouragerait toutes les initiatives locales.
Jean Pauly, Fédération Nationale de l’École Rurale
La fermeture de la classe unique d’Orlu symbolise l’effritement de l’école rurale. Derrière la perte d’un modèle éducatif à taille humaine, c’est tout un équilibre social et territorial qui vacille dans les vallées...