16/02/2026
COMITÉ DE DÉFENSE DE LA LIGNE FERROVIAIRE DE L’ARIÈGE
(Compte-rendu rencontre publique du 11/02/2026 à Varilhes)
- Préambule -
La ligne ferroviaire reliant Toulouse à Latour-de-Carol constitue un axe structurant majeur pour le sud du Massif pyrénéen. Ligne à voie unique, cadencée à la demi-heure sur sa section périurbaine et caractérisée par un profil de montagne à fortes pentes, elle joue un rôle stratégique à plusieurs niveaux :
Mobilité quotidienne. Elle assure les déplacements domicile-travail et domicile-études entre l’aire urbaine toulousaine, le Piémont Ariégeois et les territoires de montagne. Elle offre une alternative durable à la voiture individuelle dans des vallées où les axes routiers sont contraints.
Aménagement du territoire. Véritable colonne vertébrale ferroviaire de l’Ariège, elle garantit l’accessibilité des territoires ruraux et de montagne, le maintien des services publics, l’attractivité résidentielle et touristique.
Elle participe ainsi activement à la cohésion territoriale entre métropole et zones de montagne.
Dimension transfrontalière et internationale. A son terminus, Latour-de-Carol, la ligne rejoint, le réseau espagnol, la correspondance avec le Train Jaune de Cerdagne.
Elle possède ainsi un statut de ligne internationale, renforçant les échanges économiques, touristiques et culturels transfrontaliers en particulier avec l’Andorre.
Transition écologique. Dans un contexte de décarbonation des mobilités, cette ligne de montagne représente, une infrastructure déjà existante à fort potentiel, un levier de report modal vers le rail, un outil essentiel pour réduire les émissions liées aux déplacements quotidiens et touristiques.
Cette ligne vitale pour notre département ne cesse de se dégrader
LE POINT DE LA SITUATION PAR LES REPRÉSENTANTS DES CHEMINOTS
Gestion du trafic :
- La gestion du trafic ferroviaire est aujourd’hui particulièrement complexe. La fermeture de certaines voies d’évitement et de gares de croisement limite fortement les possibilités d’exploitation.
La réouverture de ces points de croisement permettrait de réduire significativement les contraintes de cantonnement des circulations. Elle offrirait davantage de souplesse dans la régulation du trafic et permettrait, en période perturbée, de rattraper partiellement — voire totalement — le re**rd d’un train.
Une telle mesure améliorerait donc la robustesse et la résilience globale du réseau.
Autre problème :
- Pour faire circuler ses trains, l’opérateur ferroviaire SNCF Voyageurs doit s’acquitter d’un péage auprès de SNCF Réseau afin d’obtenir un sillon, c’est-à-dire un créneau de circulation sur le réseau.
Une situation sur le terrain :
- En gare de Toulouse-Matabiau, afin de limiter les coûts, l’opérateur SNCF-Voyageurs ne réserve qu’un seul sillon (1 voie) et y stationne quatre TER en attente de départ.
Or ce jour-là, le premier train tombe en panne.
Résultat :
- les trois autres se retrouvent bloqués derrière lui, incapables de circuler.
Sous-effectifs et conditions de travail :
- Les sous-effectifs récurrents entraînent une dégradation des conditions de travail et des circulations. La surveillance et la maintenance des voies s’en trouvent également affectées, avec des conséquences directes sur la régularité des trains et la sécurité des voyageurs.
Sécurité et présence à bord :
- La sécurité des trains, comme lors d’incidents sur les voies, doit reposer sur une équipe, au minimum 1 conducteur, 1 contrôleur. Or, sur certaines lignes, l’absence de contrôleur laisse le conducteur seul pour gérer les situations imprévues. Cette organisation n’est pas à la hauteur des exigences de sécurité et du niveau de service attendu par les usagers.
Organisation opérationnelle :
- L’organisation opérationnelle apparaît fragilisée par la multiplication des modifications de commande et des ajustements de dernière minute. Cette instabilité génère une surcharge cognitive importante, source de fatigue, de dégradation de la qualité de service et de pressions opérationnelles et médiatiques constantes.
Infrastructures vieillissantes :
- La dégradation des infrastructures est à l’origine de nombreuses procédures d’urgence. Par exemple, des passages à niveau insuffisamment entretenus imposent des ralentissements importants, provoquant re**rds et perturbations répétées. Ces incidents ne sont malheureusement pas exceptionnels.
Externalisation des missions :
- Malgré le haut niveau de formation et le savoir-faire reconnu des cheminots, de nombreuses missions sont externalisées à des entreprises privées. Cette politique engendre des surcoûts et conduit régulièrement à des reprises ou corrections réalisées par les agents eux-mêmes. Au final, cette organisation affaiblit l’efficacité globale du service. Ce choix apparaît en contradiction avec l’objectif de performance et de maîtrise des dépenses, tout en sous-estimant les compétences déjà présentes au sein de l’entreprise.
Recrutement :
- Il demeure difficile. Les nouveaux embauchés le sont en CDI et ne bénéficient pas des mêmes droits que les agents au statut. Ces droits avaient été obtenus pour compenser les contraintes spécifiques du métier : travail de nuit, week-ends, jours fériés et horaires décalés.
Face aux conditions réelles d’exercice du métier, certains nouveaux arrivants renoncent avant même leur commissionnement. Ce qui accentue encore les difficultés de recrutement et de maintien des effectifs.
(voir annexes ci-dessous)