26/11/2025
TROP D’ADMINISTRATIFS A L’HÔPITAL ?
C’est la question que pose le Dr C. Prudhomme dans cette dernière chronique.
Le RN ainsi que, malheureusement, un certain nombre de médecins nous expliquent que les problèmes à l’hôpital seraient dus à une administration pléthorique. Comme avec les immigrés, on désigne un bouc émissaire pour cacher les véritables causes du problème.
Nous avons besoin de personnel pour prendre en charge la gestion, la logistique, l’entretien des bâtiments et de nombreuses autres activités qui ne sont pas connues mais permettent au personnel soignant de ne pas s’inquiéter pour des tâches qui ne relèvent ni de ses qualifications ni de ses métiers.
Si les médecins n’avaient en charge ces problèmes de gestion, ils gagneraient 20 à 25 % de leur temps de travail, qu’ils pourraient alors plus utilement dédier à leurs patients.
Le vrai problème, c’est que le rôle des directeurs et de l’administration des hôpitaux a changé et que leur mission a été dévoyée. Il ne s’agit plus d’assurer le meilleur fonctionnement possible du service public, mais https://www.infirmiers.com/profession-ide/actualite-sociale/budget-sante-la-pire-cure-deconomie-pour-lhopital;
En résumé, l’essentiel des discussions dans les instances est de faire le point sur le déficit de l’année passée, de chercher à réduire le déficit de l’année en cours et de proposer des réductions de dépenses pour essayer de diminuer celui de l’année suivante. Le véritable problème provient du manque de ressources imposé par des lois de financement de la Sécurité sociale,
https://www.cgt.fr/actualites/budget-services-publics-protection-sociale/budgets-de-letat-et-de-la-secu-dautres-choix-sont-possibles; qui ne permettent même pas de maintenir l’existant.
C’est une spirale infernale où, pour faire des économies, il faut diminuer le nombre de lits tout en évitant la fuite du personnel soignant et en essayant de recruter des médecins dans les spécialités où le différentiel de rémunération entre l’activité dans le public et dans le privé est tel que la tâche est quasi impossible.
Certains pourront citer avec raison des exemples – trop nombreux – où les directeurs se font de zélés relais des politiques gouvernementales de casse de l’hôpital avec du personnel administratif concentré sur les questions financières sans aucun égard pour les besoins des soignants. Mais ne nous trompons pas d’ennemis même si, au quotidien, les relations peuvent être rudes avec les directions.
La vraie question est celle des moyens nécessaires pour répondre aux besoins.
Nous ne connaissons pas encore le budget des hôpitaux pour 2026, mais, quel que soit le résultat des discussions au Parlement, nous savons déjà qu’il sera insuffisant tant que nous conserverons ce gouvernement.
Car son choix idéologique est celui de la santé marchandise et de l’hôpital entreprise, ouverts aux appétits de financiers dont l’objectif ne sera jamais d’assurer le meilleur service public possible, mais restera toujours le meilleur retour sur leur investissement.
Un autre hôpital est possible. A bientôt !