07/03/2026
❇️ Le petit mot du samedi...
"Comment peux-tu pleurer pour un simple verre à vin cassé ?!"
Eh bien, peut-être parce que ce verre à vin n'est pas simplement un verre à vin ?
Peut-être ce verre incarne-t-il, au-delà de l'objet futile et remplaçable, un concept émotionnellement chargé, difficile à mettre en mots.
"Arrête, ce n'est qu'un verre, on en achète un nouveau", dira celui qui reste perplexe face à une réaction qui lui semble exagérée.
Mais comment racheter ce qu'il représente ? Ce fragment du passé, ce brin de paille auquel s'accroche une partie de l'identité qui s'efface lentement, inexorablement.
Et cette douleur lacérante, qui rappelle la réalité qu'on tente par tous les moyens de repousser !
Non, l'autre ne pourra pas comprendre cela. Comment le pourrait-il ?
N'est-ce pas de la folie de penser — d'exiger — que l'autre nous comprenne ? Qu'il comprenne vraiment ce qui se passe en nous ?
D'où tenons-nous cette idée saugrenue que quiconque pourrait saisir nos états d'âme, nos douleurs, nos peurs ?
Non, personne ne pourra.
Mais peut-être n'est-ce pas de ça dont nous avons besoin.
Peut-être suffirait-il que l'autre accepte, sans juger.
Qu'il se taise simplement, avec bienveillance, quand nous pleurons pour un verre à vin.