09/10/2019
Hugues Capet revisité
Si vous vous demandez d'où vient le mot Capet
Dont la subtilité peut-être vous échappe
Pour vous être agréable, en gros, je répondrai
Que ce nom de famille est tiré du mot cape
Mais cette explication à rien ne vous avance
Car vous vous demandez à quoi la cape est due ?
La cape est un symbole, une reconnaissance
Que ce prince éprouvait pour son seigneur Jésus
Quand ce roi très chrétien naît vers neuf cent quarante
Au royaume de France encore presque une île
Il est le fils d'un comte et Gerberge sa tante
Est l'épouse du roi des Francs germanophile
Lothaire, son cousin, devient roi à son tour
Il est le suzerain des Capet, père et fils
Qui bien que fréquemment invités à la cour
Aimeraient bien porter le sceptre à fleur de lys
Hugues a vingt-huit ans lorsqu'il prend pour épouse
La belle Adélaïde, fille du duc Guillaume
Qui règne de Bordeaux aux portes de Toulouse
Se faisant un allié pour son futur royaume
Après trente ans de règne, usé, le roi succombe
Et de son temps l'histoire hélas ne retient rien
Quand son dauphin de fils lui succède en la tombe
S'envolent les derniers espoirs Carolingiens
Alors c'est la curée, les nobles jouent des coudes
Pour pouvoir postuler au trône mirifique
Cela ne fait-il pas penser Iznogoud
Qui par tous les moyens voulait être calife ?
Devant un tel chaos on doit avoir recours
Au grand chef spirituel, sa Sainteté le pape
Dont la bonne parole et le vertueux discours
Impose sur le trône Hugues qui rit sous cape
Au début de l'été neuf cent quatre-vingt sept
Le comte Hugues devient le nouveau roi des Francs
Et si les grands seigneurs lui doivent la courbette
Ils n'en restent pas moins, de loin, les plus puissants
Hugues n'est au pouvoir que quelque neuf années
Mais tous ses descendants plus collants que des teignes
Sauront jalousement toujours se succéder
Et totaliseront huit cents années de règne
Michel Demorest
Maison d'édition alternative