18/05/2026
Il y a 20 ans, j’ai embrassé ma maman en lui disant :
« Je t’aime, à ce soir. »
C’était la dernière fois.
Mais je ne le savais pas encore.
J’avais 10 ans.
Ma maman a pris la décision de mettre fin à sa vie.
Parce qu’elle souffrait.
Parce qu’elle n’arrivait plus à faire face.
Parce qu’elle n’avait plus le goût de vivre.
Se lever, prendre soin d’elle, gérer le quotidien, les tâches administratives… elle en était incapable.
Alors s’occuper de sa fille et de son mari lui semblait impossible.
Elle n’avait plus l’énergie de vivre.
Alors, elle est partie.
Les premiers jours sans elle, j’étais sidérée.
Je ne comprenais pas.
Je me sentais perdue.
Sans repère.
Dans le déni de ce qui s’était passé.
Six mois après, j’ai compris que je ne la reverrais plus jamais.
Que « ma maman est morte ».
Un an après, la colère et l’incompréhension étaient devenues mes alliées.
Elles m’ont accompagnée pendant plus d’une dizaine d’années.
Malgré plusieurs tentatives de psychothérapie, je n’étais pas prête à quitter ce mode de survie.
Dix ans après, j’ai réalisé qu’à partir de cette date anniversaire, je passerais plus de temps de ma vie sans elle qu’avec elle.
Quatorze ans après, en 2020, j’ai décidé de me reconstruire.
J’ai reçu ma première séance de Neuro-Training, qui m’a réalignée sur mon chemin de vie, brisant ce mécanisme inconscient qui cherchait encore à la sauver.
(D’ailleurs c’est à ce moment là où j’ai eu la révélation de devenir Neuro-Trainer)
Pour la première fois depuis longtemps, je me suis souvenue de sa date de naissance… et non de sa date de mort.
J’ai planté des fleurs en son honneur.
Pour la célébrer.
Pour la remercier d’avoir été.
Puis une interrogation, presque existentielle, s’est imposée :
« Pourquoi mettre fin à sa vie était-il, pour elle, le choix le plus approprié ? »
J’ai cherché pendant des années.
J’ai récolté des informations ici et là.
Sur son histoire.
Sur notre histoire familiale.
J’ai comparé, relié, additionné, cherché de la cohérence et de la congruence.
J’ai pris conscience de sa souffrance.
Après la tristesse et la colère, je me suis tournée vers l’amour, la compassion et l’empathie.
Pour elle.
Pour son vécu.
Je me suis fait accompagner par des thérapeutes.
J’ai accepté.
J’ai demandé pardon.
À la vie.
À ma maman.
À la petite fille que j’étais.
À mon père.
Nous avons tous fait de notre mieux pour traverser cet événement.
Aujourd’hui, 20 ans après avoir embrassé ma maman pour la dernière fois, je réalise qu’être en vie, c’est comme l’embrasser chaque jour.
Honorer.
Remercier de pouvoir respirer, bouger, parler, rire, désirer, construire, créer, échouer, apprendre, recommencer, réajuster… encore et encore.
Vivre, c’est honorer la femme qui m’a donné la vie.
Honorer ma lignée féminine et mes ancêtres.
À ma maman,
À tous ceux qui sont face au deuil d’un être cher,
À la Vie,
car la mort fait parti de la Vie.