24/01/2026
Quand on n’a plus envie de s’occuper des autres…
Il y a des moments où ce n’est pas une crise. Ce n’est pas une colère.
Ce n’est même pas un ras-le-bol spectaculaire.
C’est juste une fatigue profonde.
La fatigue de penser aux repas.
À la vaisselle. À ce qu’il faut ranger, prévoir, organiser. À tout ce qui « va de soi » et qui, pourtant, repose toujours sur les mêmes épaules.
Ce jour-là, on ne rêve pas de partir.
On ne rêve pas de vivre seule.
On rêve simplement de ne plus être responsable de tout.
De ne plus être celle qui pense pour les autres. Celle qui anticipe. Celle qui gère.
Ce n’est pas que l’on n’aime plus.
C’est que l’on n’a plus envie de s’oublier pour que tout tienne.
Alors une idée apparaît, parfois timidement : Et si je m’occupais un peu plus de moi ?
Cette pensée ne fait pas tout de suite du bien. Elle soulève autre chose.
Parce que dès qu’une femme commence à se choisir un peu plus, il y a un temps de décalage. Les autres ne comprennent pas toujours. Ils se sentent déstabilisés.
Parfois même, inconsciemment, délaissés.
Alors la culpabilité apparaît. Silencieuse.
Insidieuse.
On avance… puis on recule.
On prend du temps pour soi… puis on revient à ses anciennes habitudes.
Parce que la maison ne se nettoie pas toute seule. Parce que personne ne prend vraiment le relais. Parce que ce qui était fait par habitude n’était pas reconnu comme un travail.
Et là, quelque chose devient clair.
Le problème n’est pas de vouloir s’occuper de soi. Le problème, c’est que ce qui reposait sur une seule personne
n’était pas équitable.
S’occuper davantage de soi vient forcément bousculer l’équilibre existant.
Et tout changement demande un ajustement. Du temps. Des frottements.
Parfois des tensions.
C’est un moment délicat.
Celui où il ne s’agit pas de lâcher…
mais de tenir autrement.
Tenir sa place. Tenir son besoin.
Sans revenir entièrement en arrière
juste pour que tout redevienne « comme avant ».
Prendre soin de soi révèle souvent ce qui, jusque-là, reposait en silence. Et c’est parfois là que le vrai travail relationnel commence.
Dans un prochain post, on parlera justement de ce qui se joue dans un foyer ou dans un couple quand l’un des deux (souvent la femme) décide de s’occuper davantage de soi ou de changer sa manière d’être. Non pas par égoïsme, mais parce qu’elle réalise que ce qu’elle faisait jusque-là était trop, porté seule, sans réel équilibre. Et que vouloir réajuster n’est pas un problème… mais une étape légitime, parfois inconfortable, vers quelque chose de plus juste.