21/05/2026
Spécial parents
Le maquillage à l’adolescence : simple apparence en surface… ou véritable armure psychologique ?
De nombreuses adolescentes se maquillent chaque matin avant de partir au collège ou au lycée (voir précédent post).
Pour les parents, cela peut devenir source d’agacement, d’inquiétude… ou de conflits matinaux épuisants.
Alors, comment réagir ?
Tout d’abord : éviter les humiliations ou les attaques directes.
Des phrases comme :
— « Tu n’as rien d’autre à faire avant d’aller en cours ? »
— « Tu fais vulgaire, ma chérie »
— « Tu ne t’étonneras pas d’avoir plein de boutons ! »
— « À ton âge, j’avais autre chose en tête que de me tartiner le visage ! »
… sont rarement efficaces.
Et certaines formulations sont à proscrire absolument :
— « Ma fille en prostituée, les bras m’en tombent ! »
De même, faire disparaître sa trousse de maquillage à son insu — comme certains parents qui confisquent brutalement un smartphone — est généralement une très mauvaise idée.
Pourquoi ?
Parce que plus une adolescente se sent jugée, dévalorisée ou déconsidérée, plus elle risque de s’agripper à son maquillage comme à une véritable armure identitaire.
Chez certaines jeunes filles, être privée de ces accessoires peut être vécue comme une forme d’« amputation » psychique tant ils participent au sentiment de sécurité intérieure.
Car il s'agit de se sentir plus forte face au regard des autres, de mieux contrôler son image, de ne surtout pas se sentir isolée ou « différente » par rapport aux pairs, ou de masquer une profonde insécurité.
Il est donc important — et toujours « à froid » — de s’interroger sur ce que représente réellement le maquillage pour elle.
Observer sans juger :
• le temps qu’elle y consacre ;
• le contexte (école, sorties, soirées) ;
• l’influence éventuelle des copines ;
• l’existence ou non d’une anxiété importante lorsqu’elle sort sans maquillage.
Les parents peuvent également valoriser d’autres dimensions de son identité :
les compétences (jamais assez soulignées), la créativité, l’humour, les relations, les engagements, les activités et projets personnels…
Car plus l’identité intérieure est nourrit, moins l’image devient tyrannique.
Bien sûr, certaines limites peuvent être discutées calmement :
• selon l’âge ;
• selon le temps passé chaque matin ;
• selon le caractère parfois très sophistiqué des accessoires utilisés.
Enfin, il est devenu impossible aujourd’hui d’ignorer le rôle du numérique.
Filtres TikTok, tutoriels beauté, influenceuses, selfies retouchés, culture du « visage parfait »… D’où l’importance de parler de tout cela avec elle, sans jugement mais sans complaisance non plus.
Et lorsque le maquillage devient une obsession, une source majeure d’angoisse, ou s’associe à une dépression, un isolement, des scarifications, etc.,
une aide psychologique peut être proposée — non comme une sanction, mais comme un espace de compréhension et d’apaisement.