25/11/2025
L’épilepsie est une maladie neurologique fréquente, non contagieuse, qui se manifeste par la répétition de crises dues à une activité électrique anormale du cerveau. Une bonne information permet de corriger les idées reçues et d’appliquer les bons gestes de secours en cas de crise.
Comprendre l’épilepsie
L’épilepsie touche environ 50 millions de personnes dans le monde et peut débuter à tout âge. Elle se définit par au moins deux crises non provoquées, séparées dans le temps, ou par une crise avec un risque élevé de récidive.
Toutes les crises ne ressemblent pas aux « grandes convulsions » impressionnantes vues dans les films. Il existe de nombreux types de crises : absences (regard fixe, personne « déconnectée »), crises focales avec gestes automatiques, crises généralisées avec chute et secousses, etc.
Idées reçues fréquentes
« L’épilepsie est contagieuse » : c’est faux, c’est une maladie du cerveau, pas une infection.
« Toutes les personnes épileptiques convulsent et tombent » : faux, beaucoup de crises sont discrètes (regard dans le vide, gestes répétitifs, confusion brève).
« On peut avaler sa langue pendant une crise » : on ne peut pas avaler sa langue, tenter de maintenir la langue ou mettre un objet dans la bouche peut casser les dents ou la mâchoire.
« Épilepsie = handicap intellectuel ou maladie mentale » : la majorité des personnes épileptiques ont une intelligence normale et mènent des vies actives (études, travail, sport).
« L’épilepsie ne se soigne pas » : avec un traitement adapté, environ 70% des patients peuvent vivre sans crise ou presque.
Ce qu’il ne faut surtout pas faire pendant une crise
Pendant une crise convulsive généralisée (chute, raideur puis secousses, perte de connaissance), certains gestes traditionnels sont dangereux.
Ne pas retenir de force la personne ni bloquer ses mouvements, cela augmente les risques de blessures.
Ne rien mettre dans la bouche : ni cuillère, ni tissu, ni doigts, ni médicaments ; cela peut provoquer fractures dentaires, étouffement ou blessures graves.
Ne pas donner à boire, à manger ou de comprimés tant que la personne n’est pas totalement réveillée.
Ne pas pratiquer de bouche-à-bouche pendant la crise : la respiration reprend généralement spontanément à la fin.
Bons gestes de prise en charge (crise convulsive)
Pour une crise tonico-clonique généralisée (la forme la plus spectaculaire) :
Protéger
Rester calme et rester avec la personne.
Éloigner les objets dangereux (meubles, coins de table, outils…) et, si possible, mettre quelque chose de souple sous la tête (veste pliée, sac).
Desserrer ce qui gêne la respiration (col, cravate, foulard).
Surveiller
Noter l’heure de début de la crise pour connaître sa durée.
Observer les signes : mouvements, couleur de la peau, respiration, éventuelles blessures, présence d’un bracelet ou d’une carte « épilepsie ».
Position latérale de sécurité après la crise
Quand les secousses s’arrêtent, mettre la personne en position latérale de sécurité (sur le côté, tête en arrière) pour dégager les voies aériennes et laisser s’écouler la salive ou d’éventuels vomissements.
Rester à côté, parler calmement, expliquer ce qui s’est passé ; la personne est souvent confuse, épuisée, parfois avec maux de tête.
Quand appeler les secours d’urgence
Un appel au SAMU / urgence est nécessaire dans les situations suivantes :
Crise qui dure plus de 5 minutes ou crises qui se répètent sans reprise complète de conscience (risque d’état de mal épileptique).
Première crise connue, doute sur un antécédent d’épilepsie, ou crise chez la femme enceinte, le nourrisson, la personne âgée fragile.
Blessure grave (traumatisme crânien, chute importante, brûlure, noyade ou quasi-noyade).
Difficultés respiratoires persistantes ou si la personne ne reprend pas conscience quelques minutes après la fin des secousses.
Crises « discrètes » : comment réagir
Pour les absences ou crises focales sans chute (regard fixe, gestes automatiques, confusion) :
Rester à côté, parler doucement, guider la personne loin de tout danger (escaliers, route, machines).
Ne pas forcer, ne pas secouer, ne pas donner de nourriture ou boisson pendant la crise.
Une fois la conscience revenue, vérifier si la personne a besoin de s’asseoir, d’être accompagnée, ou d’un avis médical.
Vie quotidienne et sécurité
Avec un traitement bien suivi, la plupart des personnes peuvent étudier, travailler, avoir une vie sociale et sportive normale, en adaptant certaines activités à leur risque de crise.
Les précautions concernent surtout les situations où une perte de conscience serait très dangereuse : travail en hauteur, conduite automobile selon la législation, baignade seul, utilisation de machines ou outils dangereux, sports extrêmes sans encadrement.
Un suivi régulier par un neurologue, l’observance du traitement et l’information de l’entourage (famille, collègues, enseignants) sur les bons gestes sont essentiels pour réduire les crises et sécuriser le quotidien.
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